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Un deuxième procès sur les circonstances de la mort en 2020 de Diego Maradona s’est ouvert mardi devant la justice argentine, dix mois après l’annulation du premier sur fond de scandale, pour un film documentaire préparé en secret, avec l’aide d’une juge.
Sept professionnels de santé (médecin, psychiatre, psychologue, infirmiers) sont jugés à San Isidro, au nord de Buenos Aires, pendant au moins trois mois, à raison de deux audiences par semaine, pour des négligences pouvant avoir entraîné la mort de l’idole du soccer argentin.
La première audience mardi, en présence notamment des trois filles de Diego Maradona, a débuté par un débat, commencé par un avocat de la défense pour que l’intégralité du procès soit retransmis en direct, non seulement la journée initiale et la fin, a constaté l’AFP. Après délibération, le trio de juges a refusé la requête, « non nécessaire pour assurer la transparence » des débats.
Diego Maradona est mort à 60 ans, le 25 novembre 2020, d’une crise cardiorespiratoire couplée à un œdème pulmonaire, seul sur son lit d’une résidence privée où il était en convalescence après une neurochirurgie pour un hématome à la tête.
Pour le parquet, l’équipe médicale s’est rendue coupable « d’une hospitalisation à domicile sans précédent », marquée par une « série d’improvisations, de fautes de gestion et de manquements ».
La juge actrice
Les accusés nient toute responsabilité dans le décès, se retranchant derrière leurs rôles segmentés.
« Mon rôle et ma responsabilité ont été conformes à ma profession, psychiatre, et j’ai toujours agi avec la conviction totale que ce que je faisais était correct dans l’intérêt du patient », avait ainsi plaidé à la barre la psychiatre Agustina Cosachov.
Pour le procureur Patricio Ferrari, interrogé par l’AFP, « l’échec du premier procès, le fait que la défense ait vu notre méthode nous a obligés à changer de stratégie, mais toujours avec la ferme conviction qu’on empêchera l’impunité des responsables ».
Le premier procès avait été annulé en mai 2025, après plus de 20 audiences sur trois mois et 44 témoins entendus, car une des trois juges, Julieta Makintach, avait, à l’insu de tous, collaboré à la production d’une mini-série documentaire sur l’affaire, avec elle-même en vedette. Elle a depuis été destituée. Le nouveau procès sera présidé par un nouveau trio de magistrats.
Une épreuve pour la famille. « Rien de tout cela ne devrait être en train de se passer. J’avais d’autres projets pour ma vie », s’est désolée Jana, une des filles de Maradona, âgée de 30 ans.
Une « face B » à l’affaire ?
« Que ça n’ait pas été résolu alors [au premier procès], pour moi ça a été comme un deuil une seconde fois », a-t-elle confié au site Infobae. Convaincue plus que jamais que les accusés « ont tué [s] on père ».
Le premier procès a mis au jour de sévères failles autour de la fin de vie de Maradona, notamment concernant le bien-fondé d’une hospitalisation à domicile pour la convalescence, dans une résidence à l’équipement médical manifestement inadapté — pas d’oxygène, pas de sérums, de moniteur cardiaque —, et sur le niveau de suivi médical.
Selon des médecins qui réalisèrent l’autopsie, Maradona aurait agonisé « au moins 12 heures » avant d’être retrouvé sur son lit de mort, avec une rigidité suggérant un décès depuis deux heures.
Le premier procès avait également soulevé la question de qui était décisionnaire dans l’entourage de la vedette : ses filles et une ex-compagne ont dit avoir été tenues à l’écart et sous-informées, par l’équipe médicale.
À quelles fins ? Fernando Burlando, virulent avocat de Dalma et Gianinna, les filles aînées, avait au début du procès parlé d’« assassinat » et évoqué un « intérêt pécuniaire » de tiers au décès Maradona, selon lui la « face B » de l’affaire.


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