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MUNICIPAL. L’adoption du règlement d’emprunt, d’un montant de 48,3 millions de dollars, pour les travaux de modernisation du centre Marcel-Dionne a été à l’origine de débats lors de la séance publique du conseil municipal du 16 janvier.
L’adoption de ce règlement fait suite à l’avis de motion déposé lors de la précédente séance, le 2 février. La somme sera remboursée par la Ville sur une période de 40 ans et aucune aide financière gouvernementale n’est prévue.
Mario Sévigny a tenu à intervenir et à demander le vote des élus. Le conseiller du district 10 se questionne sur la pertinence du montant supplémentaire de 28 millions de dollars prévus pour les travaux d’agrandissement qui serviront, selon lui, principalement à l’équipe junior des Voltigeurs. Rappelons qu’une somme d’environ 20 millions est nécessaire pour maintenir en état l’aréna de la rue Cockburn.
«Il faut garder les Voltigeurs à Drummondville. Cela ne m’apparaît pas comme la solution optimale. Je trouve que dans un cas précis comme celui-là, il aurait fallu aller en référendum même si ça coûte 300 000 $ à organiser. J’aurais aimé avoir l’avis de la population, parce que je ne suis pas convaincu. D’autant plus qu’il n’y a pas beaucoup de partenaires qui donnent du financement dans ce projet. Si on avait eu entre 10 et 20 millions de partenaires privés, des Voltigeurs ou de la Ligue de hockey junior Maritimes Québec (LHJMQ), ça m’aurait rallié. Le fait que très peu des sous viennent de l’extérieur, je pense que l’ensemble des citoyens ne serait pas nécessairement en accord», a exposé M. Sévigny tout en demandant que l’étude d’impacts sur le centre-ville soit rendue publique.
Mario Sévigny, conseiller municipal du district 10. (Photo : Ghyslain Bergeron)Interpellée par L’Express, la LHJMQ a affirmé que la Ville est la seule responsable de son aréna. «L’aréna appartient à la Ville de Drummondville et, par conséquent, il appartient à cette dernière de gérer l’amphithéâtre à son gré pour en maximiser les capacités pour le plaisir et le bénéfice de ses citoyens», a écrit le directeur des communications de la LHJMQ, Raphaël Doucet, dans un échange courriel.
De son côté, la conseillère du district trois, Catherine Lassonde, rappelle que le projet est en discussion depuis plus de 12 ans. Elle souligne que l’aréna n’a pas subi de travaux majeurs depuis son ouverture en 1963 et que plusieurs éléments ne respectent plus les normes en vigueur.
«Le centre Marcel-Dionne nécessite des travaux majeurs juste pour être à niveau. Les normes ne sont plus à jour pour les estrades, les bancs, les escaliers; ce n’est pas un luxe de le rénover. Ce n’est pas seulement pour les Voltigeurs, c’est pour toute une communauté et pour des événements qu’on voudrait y tenir qu’on ne peut pas faire parce que la situation actuelle ne nous le permet pas», a argumenté Mme Lassonde.
Cette dernière soutient également que les Voltigeurs représentent un apport économique important et une «carte de visite extraordinaire» pour Drummondville. Elle défend que la Ville peut rénover son aréna, le conserver au centre-ville et ainsi contribuer à sa dynamisation.
Cathy Bernier, élue du district 12, a précisé que le montant injecté par Drummondville aurait été identique même si un financement gouvernemental avait été obtenu. Elle souligne que le projet de modernisation a été rationalisé afin d’être réalisé en respectant les moyens financiers déjà en place. «Le montant au budget était déjà planifié. Ce n’est pas une somme supplémentaire», a-t-elle dit.
Finalement, le maire Jean-François Houle a convenu qu’il est normal que plusieurs citoyens se questionnent sur le projet étant donné l’importance du montant associé. Lors de discussions avec des Drummondvillois, le maire dit avoir entendu toutes les opinions sur la question, y compris la construction d’un nouvel amphithéâtre.
Le maire indique aussi que d’autres bailleurs de fonds participent au financement. Une subvention d’environ 800 000 $ est prévue pour l’installation des bandes flexibles, les Voltigeurs contribuent à la hauteur d’un million et une participation de deux millions du secteur privé est attendue.
À la suite du vote, sept conseillers se sont exprimés en faveur et trois se sont opposés, soit M. Sévigny, Marie-Josée Lemaire et Caroline Allard. Notons que Marc-André Lemire et Sarah Saint-Cyr-Lanoie étaient absents.
Citoyens préoccupés
Lors de la période de questions, des citoyens ont manifesté leurs inquiétudes face à ce projet majeur. D’abord, Jean-François Dansereau ne croit pas que le centre Marcel-Dionne ait été la première priorité des citoyens lors des dernières élections municipales. Il affirme cependant «qu’on ne peut pas être en désaccord avec la rénovation».
Le citoyen Jean-François Dansereau. (Photo : Ghyslain Bergeron)«Je vois, ce soir, un règlement d’emprunt de 48,3 millions de dollars et c’est beaucoup d’argent. Je suis renversé qu’il ait été mis sur 40 ans; le maximum permis par la loi. On va devoir refaire des rénovations et on n’aura pas payé celles-ci. Est-ce qu’on devait aller à ce point-là pour garder les Voltigeurs? Moi, je ne le pense pas», a dit le citoyen.
Il a soumis l’hypothèse que le secteur privé aurait peut-être plus contribué à un projet de nouvel aréna tout en doutant que les études ont suffisamment été poussées pour cette option.
Ensuite, Alain D’Auteuil s’est questionné sur le fait que les autres paliers de gouvernements ainsi que la LHJMQ ne contribuent pas au projet de modernisation. Il s’est désolé que l’ensemble des citoyens n’ait pas eu l’occasion de se prononcer sur le projet à l’aide d’une consultation publique.
«Il faut donner l’opportunité aux gens d’être consultés dès le départ. On aurait peut-être eu l’aide des autres paliers si la population était impliquée. Qu’on soit oublié par le provincial et le fédéral donne un signal assez important, surtout lors d’une année électorale», a énoncé M. D’Auteuil.
En point de presse après la séance, le maire Houle a précisé sa pensée quant aux débats qui ont eu lieu entre les élus et avec les citoyens.
«Les gens qui s’opposent au règlement d’emprunt ne nous expliquent pas ce qu’ils feraient pour maintenir les Voltigeurs à Drummondville. Et c’est ce qui est embêtant. Mon accord avec le projet actuel est justement en fonction de ce que sont les autres options. En les regardant, je me dis que ça coûterait bien plus cher de construire un autre aréna et devoir ensuite continuer d’entretenir le centre Marcel-Dionne comme patinoire secondaire. Imaginez le coût d’entretien d’un équipement semblable; ça ne résiste pas à l’analyse», a indiqué le maire.
«Il ne faut pas perdre de vue qu’on a besoin de cette glace pas seulement pour les Voltigeurs, mais pour le hockey mineur. On peine à combler tous nos besoins en heure de glace présentement. On ne veut pas envoyer nos jeunes patiner à Richmond ou à Saint-Léonard-d’Aston. Cette nécessité de glace est hyper importante, au-delà des Voltigeurs», a ajouté Catherine Lassonde.
La Ville de Drummondville débourse environ 85 000 $ par année afin de louer des heures de glace supplémentaires à Saint-Cyrille-de-Wendover, a rappelé Jean-François Houle.
La Ville annonce également que l’étude d’impact sur le centre-ville, rédigée par la firme Raymond Chabot Grant Thornton, devrait être rendue publique dans les prochains jours.


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