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La ministre de l’Éducation interpellée pour sauver l’école Natagan à Barraute

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Le milieu de Barraute n’a pas jeté la serviette dans le dossier de l’école secondaire Natagan. Le comité de vigie dénonce tout le processus décisionnel dans ce dossier et réclame l’intervention de la ministre de l’Éducation, Sonia Lebel. Les élus de la MRC d’Abitibi joignent leurs voix à cette demande.

Le comité de vigie et la Municipalité de Barraute, on a fait une plainte qu’on a adressée à notre députée, Suzanne Blais, qui en a parlé à la ministre de l’Éducation, Sonia Lebel. La plainte écrite et certains mémoires qui avaient été déposés lors de la consultation, ont été envoyés à Mme Blais, puis transmis à la cheffe de cabinet de la ministre, explique la porte-parole Jeanne Grenier.

Une vingtaine d'adolescents montrent des affiches « Barraute j'y crois » et arborent les couleurs des Authentiques, nom de leurs équipes sportives.

Lors d'une rencontre organisée le 5 mai dernier, des élèves de Barraute se sont présentés à une rencontre publique alors que le CSSH annonçait que les classes de 4e et 5e secondaire seraient scolarisées à Amos. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Martin Guindon

Le Centre de services scolaire Harricana (CSSH) scolarisera les élèves de 4e et de 5e secondaire à Amos, dès l’automne prochain. Les élèves de la 5e et de la 6e année du primaire intégreront quant à eux l’école secondaire Natagan.

L'organisation évoque la pénurie d’enseignants, la baisse des effectifs étudiants qui ne permet pas d’offrir tous les services auxquels ils auraient droit, des résultats scolaires sous la moyenne ainsi qu’une perte de revenus et de ressources liés à l’amélioration de l’indice de défavorisation du milieu.

Un manque d’écoute

Mais la décision entérinée par le conseil d’administration du CSSH, le 4 mai dernier, n’a toujours pas été digérée par le milieu barrautois, qui demeure très mobilisé. Les citoyens multiplient les sorties sur les réseaux sociaux depuis quatre semaines. Selon eux, ils n’ont pas été écoutés dans un processus de consultation qui n’a duré que sept semaines.

Près de 200 personnes assistent à une rencontre.

Plusieurs dizaines de citoyens étaient présents le 5 mai dernier à une séance d'information portant sur les décisions concernant les élèves scolarisés à Barraute. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Martin Guindon

On demande la suspension de la décision, puis la mise en place d'un processus de révision indépendant, transparent et documenté. Une analyse publique des données de transport, des impacts pédagogiques et psychosociaux, des scénarios alternatifs élaborés par l'équipe école et le milieu. Puis, après ça, un calendrier clair permettant à notre école de déployer, dès la prochaine année, les concentrations sportives, puis l'organisation multiniveau qu'on avait déjà prévue avec un suivi mesurable, résume Mme Grenier.

Puis, à la toute fin de la lettre, on a dit que, dans le pire des cas, [on prendrait] un changement de centre de services scolaire vers l’Or-et-des-Bois.

Parmi les éléments qui chicotent le comité de vigie, on retrouve le fait qu’à la question posée par un membre du conseil d’administration, le 4 mai, sur la possibilité d’accorder un sursis d’un an pour permettre au milieu de relancer l’école Natagan, la directrice générale Nancy Létourneau a répondu que la décision devait être prise pour au moins 10 ans. Selon Jeanne Grenier, cette réponse aurait refroidi des administrateurs prêts à donner une chance au milieu, d'autant plus qu'il avait toujours été question d'un plan triennal, dit-elle.

Je crois qu’avec les propositions qu’on a faites, on aurait pu s’asseoir ensemble, négocier et travailler à l’améliorer. Travailler en collaboration et se dire : on va l’essayer pendant un an. Puis, après un an, si ça ne va pas bien, dire OK, on est rendus au processus que le conseil d’administration doit prendre une décision sur le sujet. À mon avis, c’est ça qui aurait été le plus logique, affirme-t-elle.

Jeanne Grenier demeure convaincue que l’idée de mettre le Mont-Vidéo à profit est à la fois intéressante et pertinente. Il faut juste nous donner la chance de la réaliser, dit-elle.

Les élus municipaux s’en mêlent

Les élus de la MRC d’Abitibi ont aussi écrit à la ministre Lebel. Dans une lettre dont Radio-Canada a obtenu une copie, ils soulèvent leurs inquiétudes et leurs préoccupations devant la réorganisation des services éducatifs à Barraute. Bien qu’ils comprennent que le CSSH doive prendre des décisions difficiles quand le contexte financier change, ils insistent sur l'incidence d’une telle décision sur le tissu social en milieu rural.

Sébastien D'Astous devant l'hôtel de ville d'Amos.

Le préfet de la MRC Abitibi, Sébastien D’Astous. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Martin Guindon

C’est sûr qu’on ne souhaite jamais perdre d’institutions dans nos ruralités, dans nos plus petits milieux. On veut les garder vivants, on veut les valoriser. Toutes les fois qu’on a une coupure ou une perception de coupure, c’est de la perte pour la proximité de nos citoyens, c’est de la dévitalisation. C’est sûr que d’emblée, le réflexe, c’est de dire qu’un village ou une petite ville comme Barraute, qui est bien structurée, a besoin de son école primaire et de son école secondaire, explique le préfet Sébastien D’Astous.

Comme le milieu, les élus réclament un sursis d’un an afin de permettre la mise en place de solutions et de mieux analyser la situation.

Il n'y a pas un manque de jeunes à l'école primaire présentement et l’important, c'est de maintenir des services de proximité. De pouvoir s'asseoir ou du moins interpeller la ministre, je pense que c'est tout indiqué, pour dire haut et fort qu’on ne peut pas couper dans nos ruralités, même s'il y a un impact financier. Nous, on est là pour l'impact humain, et présentement, on a l'impression de perdre des services. Ça ne nous plaît pas, insiste M. D’Astous.

Le Ministère et le CSS Harricana réagissent

Par écrit, le bureau de la ministre Lebel rappelle que ces décisions relèvent des centres de services scolaires et doivent reposer sur des fondements sérieux. Compte tenu de la situation, la ministre LeBel a demandé que ses équipes prennent contact avec les gestionnaires responsables sur le terrain pour discuter de la situation, précise-t-on.

Sur sa page Facebook, le CSSH s’engage à réunir rapidement son conseil d’administration et à communiquer une mise à jour à la suite de la rencontre. Nous avons pris connaissance des communications de la MRC et nous prenons la situation très au sérieux. Notre conseil d’administration se réunira dans les meilleurs délais pour examiner la situation ensemble et décider des prochaines étapes, écrit la directrice générale Nancy Létourneau.

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