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Le gouvernement n’est pas sourd à la pression populaire pour protéger les jeunes des dangers liés aux boissons énergisantes. Mais la ministre de la Santé, Sonia Bélanger, ne veut pas s’en tenir au scénario d’une interdiction de la vente aux mineurs.
La ministre songe aussi à un contrôle de l’emballage des produits pour qu’ils soient moins accrocheurs auprès des jeunes, à la manière de ce qui se fait pour les cigarettes.
Elle évalue aussi la possibilité d’ajouter des mises en garde sur les médicaments qui, combinés avec ces boissons, peuvent devenir dangereux et même causer la mort comme ce fut le cas pour le jeune Zachary Miron.
De telles mesures nécessiteraient toutefois la collaboration du gouvernement fédéral, qui est responsable de l’étiquetage des médicaments et des normes sur les boissons énergisantes via l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA).
Depuis la mort du jeune Zachary Miron en 2024, ses parents et les groupes qui réclament une intervention de l’État ont plutôt pressé le gouvernement d’interdire la vente des boissons à fortes doses de caféine aux mineurs, voire aux moins de 16 ans.
Jeudi, une coalition de 21 organismes représentants des écoles, des syndicats et des parents a interpellé le gouvernement à ce sujet.
Le député de Québec solidaire Guillaume Cliche-Rivard a aussi invité le gouvernement à mettre sur pied une commission transpartisane brève pour étudier le dossier au Parlement, comme ce fut le cas lorsque les députés ont tenu un mandat d’initiative sur le don d’organes.
Premier rencontre mardi entre la ministre et les autres partis
La ministre de la Santé a justement convié des représentants de tous les partis à une première rencontre virtuelle, mardi, à ce sujet en compagnie de la directrice nationale de santé publique du Québec, la Dre Caroline Quach-Thanh.
Outre le député Guillaume Cliche-Rivard, elle a convié à la rencontre les porte-paroles en santé et services sociaux du Parti libéral (Monsef Derraji) et du Parti québécois (Joël Arseneau), ainsi que la députée conservatrice Maïté Blanchette-Vézina.
Au cabinet de la ministre, on indique que l’objectif est « d’amorcer une démarche transpartisane ». D’autres rencontres devraient suivre, précise-t-on.
Bien sûr, la suite sera tributaire des priorités de la nouvelle première ministre Christine Fréchette, notamment sur le maintien ou non de Mme Bélanger au poste de ministre responsable de la Santé et des services sociaux.
Joint jeudi, le cabinet de Christine Fréchette n’a pas voulu faire de commentaires sur les demandes de la coalition et une possible interdiction de vente des boissons aux mineurs.
Le PQ, le PLQ et QS en faveur ; Duhaime hésite
Du côté des oppositions, l’appui à l’interdiction semble unanime à l’exception du Parti conservateur du Québec (PCQ) qui n’a pas voulu se prononcer jeudi. « On demande à être convaincus, sur cet enjeu-là, très honnêtement », a réagi son chef, Éric Duhaime. « Je sais qu’on va avoir des rencontres avec les gens de l’industrie mais on n’a pas encore finalisé nos rencontres. »
À l’inverse, le chef libéral Charles Milliard est d’accord. « Les boissons énergisantes, comme pharmacien, ça fait des années que ça m’inquiète », a-t-il dit. « Je serais favorable à ce qu’il y ait une restriction sur la vente de ces produits-là aux moins de 16 ans », a-t-il dit en précisant que c’était sa position à lui et qu’il devait aussi en discuter en caucus.
De son côté, le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, souhaite que son parti soit « proactif » dans le dossier. « Dans le cas des mineurs, on a un devoir envers la protection de la jeunesse, en termes de santé mentale, de prévention des drogues, de produits nocifs pour lesquels on faillit à notre tâche comme société. »
Québec solidaire se réjouit quant à lui de voir la mobilisation grandir dans le dossier. « Ça donne de l’espoir pour les étapes qui s’en viennent », a réagi Guillaume Cliche-Rivard. « J’espère que ça va mobiliser le gouvernement à faire quelque chose pour le temps qui nous reste. »
Rappelons que le Parlement est prorogé jusqu’au 5 mai et qu’il ne restera ensuite que cinq semaines de session parlementaire avant l’été, dont deux sont déjà réservées à l’étude des crédits budgétaires.


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