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La minière Baffinland obtient un prêt de 153 millions $ pour rester à flot au Nunavut

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La minière Baffinland a finalement obtenu les fonds nécessaires pour s’atteler à la tâche et voir à poursuivre ses opérations au Nunavut, avec l’obtention d’un prêt de 153 millions de dollars voué à sa restructuration.

La Cour supérieure de justice de l’Ontario a approuvé jeudi le prêt immédiat, et d’autres fonds devraient suivre.

La compagnie minière a également obtenu une prolongation de la protection contre ses créanciers jusqu’au 28 août. 

Baffinland, dont les mines de fer comptent parmi les plus importants employeurs privés du Nunavut, affichait une dette de 2,6 milliards de dollars en date du 14 mai.

Anna Stanley, professeure associée au Département de géographie, environnement et géomatique à l’Université de Guelph, décrit les restructurations à venir comme un programme d'austérité de la compagnie. 

Selon elle, Baffinland devra probablement renégocier sa dette, réduire ses coûts ou vendre des actifs afin de préserver autant de valeur que possible. 

C’est un peu l’objectif. L’objectif n’est pas nécessairement de préserver des emplois, ou de maintenir des normes environnementales et de soutenir les communautés, ou même de rembourser les divers créanciers, affirme-t-elle.

Anna Stanley dit craindre que la menace d’une insolvabilité puisse forcer les communautés à certaines concessions afin de préserver les emplois occupés par des Inuit à la mine de Mary River.

Portrait de la professeure Anna Stanley.

Anna Stanley, professeure associée à l'Université de Guelph, souligne que les communautés du Nord sont vulnérables à l'instabilité des compagnies minières, compte tenu de la domination de cette industrie dans le territoire.

Photo : Fournie par Anne Stanley

Ces concessions pourraient inclure, par exemple, le congédiement de consultants environnementaux, qui coûtent cher à la compagnie minière.

Dans une déclaration, Baffinland indique qu’elle poursuit ses échanges avec l’ensemble des parties prenantes afin d’assurer le maintien de leur soutien. Elle dit toutefois ne pas pouvoir commenter la situation au-delà des déclarations présentées au tribunal. 

Les emplois sécurisés, selon le syndicat

Baffinland a réitéré qu’elle ne compte pas faire de mises à pied.  

Le syndicat qui représente les employés de la minière se fait également rassurant à ce propos. 

Une vue aérienne de la mine Baffinland, au Nunavut.

Une vue aérienne de la mine de fer de Mary River, de Baffinland Iron Mines. Avec son projet d'agrandissement, a compagnie prévoit de faire passer ses expéditions de minerai de fer de 4,2 à 22 millions de tonnes par an.

Photo : Fournie par Baffindland Iron Mine Corp.

Mike Gallagher, chef syndical du local 793 de l’Union internationale des opérateurs ingénieurs, souligne que la convention collective devra être respectée si la compagnie minière est mise en vente, selon la loi.

Ce ne serait pas dans leur intérêt de mettre à pied des travailleurs compétents pour tenter de les remplacer. Et il n’y a tout simplement personne pour les remplacer, affirme-t-il.

Certains employés quittent aussi volontairement la compagnie. Des documents de la cour montrent qu’au moins 19 employés ont quitté Baffinland en raison de son instabilité financière.

Une carte montrant l'emplacement du futur chemin de fer et du port que souhaite construire la minière Baffinland dans le nord de l'île de Baffin.

La minière Baffinland souhaite construire un chemin de fer pour acheminer le minerai jusqu’à Steensby Inlet, à environ 150 kilomètres de sa mine de Mary River. Le projet requiert aussi la construction d’un port pour transporter le minerai par bateau.

Photo : Radio-Canada

M. Gallagher recommande toutefois d'éviter la panique. Ni les salaires, ni les conditions d’emploi, ni la responsabilité liée à la formation ou au financement du régime d'avantages sociaux pour l'ensemble des employés en place ne sont en jeu, dit-il.

Aux yeux de Paul Hébert, chef de la direction de la Chambre des mines des Territoires du Nord-Ouest (T.N.-O.) et du Nunavut, la situation financière de Baffinland offre une vision générale du secteur minier du Nunavut.

Les projets nordiques ont besoin de davantage d’assurance. Ils ont besoin d’échéanciers clairs, et ont besoin d’une meilleure harmonisation entre les décisions réglementaires, la planification des infrastructures, le financement, la participation des Inuit et le développement économique à long terme.

Le fer fait partie des 34 minéraux critiques répertoriés par le Canada. Selon Baffinland, la mine de Mary River contient des gisements parmi les plus riches au monde.

Le projet portuaire et ferroviaire de Steensby Inlet, estimé à environ 4 milliards de dollars, permettrait à la compagnie d’expédier 22 millions de tonnes de minerai de fer par an à partir de la mine de Mary River.

Baffinland a déjà attribué ses difficultés financières à sa limite actuelle de 4,2 tonnes.

Le projet de Steensby Inlet fait cependant face à une forte opposition d’associations de chasseurs-trappeurs de Sanirajak, d’Igloolik et de Naujaat, qui craignent les répercussions de ce projet sur les animaux marins et les caribous de la région.

Ces organisations souhaitent être incluses dans d’autres consultations avec Baffinland, et elles exigent d’ici là une pause dans l’octroi de nouveaux permis. 

Avec les informations de Samuel Wat (nouvelle fenêtre)

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