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La mère d'un enfant autiste écrit à Emmanuel Macron pour dénoncer le manque criant d'Aesh

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"Il est invraisemblable que l'État, qui prône l'inclusion à tout prix, octroie d'un côté des Aesh personnalisées à 100% et les retire de l'autre, par manque de moyens humains".

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Les salles de classe sont souvent des nids à poussières... nocives pour la santé respiratoire des enfants.

La loi du 11 février 2005 pose le principe fondamental du droit à la scolarisation en milieu ordinaire pour tout enfant en situation de handicap dans son école de secteur. ©Photo d’iIllustration. Vasyl / Adobe Stock

Par Daniel Chollet Publié le 2 oct. 2026 à 10h14

Cette mère dit porter « le combat » de l’inclusion scolaire « depuis presque huit ans ». Scolarisé en CM2 dans une école élémentaire de Sannois (Val-d’Oise), son fils bénéficie d’un Assistant d’éducation pour personne en situation de handicap (Aesh) 24 heures par semaine, soit 100% de son temps scolaire. Il est atteint du Trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (Tdah) et du trouble du spectre de l’autisme (Tsa). Mais il n’est pas déficient intellectuellement. Son QI de 100 est dans la moyenne.

L’Aesh occupé avec un autre enfant

Pourtant, il s’est retrouvé sans son assistant pour son premier cours de sciences lors de la dernière heure de la journée « alors même que c’est le moment le plus difficile pour lui : fatigue, décharge émotionnelle, effets de son traitement allopathique s’estompant… Le résultat est sans appel dès le premier cours : mon fils n’a absolument rien noté contrairement à un autre enfant de sa classe. » 

La raison ? L’assistant d’éducation a pris en charge un autre enfant, qui est lui « lourdement handicapé ».

« Je ne demande évidemment pas que cet enfant soit exclu. Je refuse d’opposer ces deux enfants. Ils ont tous les deux des droits. Mais leurs besoins sont différents. Le premier, celui d’une prise en charge spécialisée (…) Mon fils, lui, de son Aesh pour exploiter ses capacités intellectuelles et construire progressivement son autonomie. Faute de moyens suffisants, nous demandons pourtant à ces deux enfants de se partager les mêmes ressources. Et ça, ce n’est pas de l’inclusion. C’est de la gestion de pénurie ! Et ceux qui en paient le prix sont les enfants en premier. Mais aussi les Aesh et les enseignants. »

La mère s’est adressée au président de la République, Emmanuel Macron, à Brigitte Macron, au ministre de l’Éducation nationale et à la ministre déléguée au Handicap.

Le cabinet d’Emmanuel Macron a répondu qu’il n’appartient pas à la la présidence de la République « de se substituer aux autorités compétentes. Seule l’utilisation des voies de recours peut permettre, éventuellement, qu’une décision soit reconsidérée. Néanmoins j’ai transmis votre correspondance à monsieur le recteur de l’académie de Versailles qui vous tiendra directement informée de la suite susceptible d’y être réservée ».

Dans sa missive, elle pointe du doigt le cas récent de cette enseignante agressée à Évry-Courcouronnes (Essonne) par un élève de 8 ans, présenté comme « très handicapé » par le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray

Le cas d’Évry-Courcouronnes

L’enfant avait reçu une notification pour être accueilli en Institut thérapeutique éducatif et pédagogique (Itep), mais il n’avait pas encore réussi à obtenir une place.

« Ce qu’a vécu cette enseignante, l’Aesh de mon fils le vit quotidiennement. Bousculée et frappée à plusieurs reprises. Elle continue pourtant d’exercer auprès de mon fils sans s’être fait arrêter par son médecin traitant. Pourtant, vu les hématomes, elle aurait pu. Parce qu’elle croit en mon fils et en ses capacités. Parce qu’elle souhaite le voir progresser. Parce qu’elle sait que son accompagnement peut faire une différence dans sa vie. Mais combien de temps pourrons-nous demander à ces professionnelles d’accepter de telles conditions et de tels sacrifices de leur personne…? Les Aesh ne sont pas des personnels médicaux. » 

« Accepter l’inacceptable »

La cas de son fils n’est qu’un parmi d’autres, comme elle le déplore.

« Cette situation perdure depuis plusieurs années. Il est invraisemblable que l’État français qui prône l’inclusion à tout prix, octroie d’un côté des Aesh personnalisées à 100% et les retire de l’autre, par manque de moyens humains (…) Une Aesh manque ? On la déplace. Un enfant a besoin de davantage d’adultes ? On retire des heures d’accompagnement à un autre. Une structure spécialisée manque de places ? On maintient l’enfant à l’école ordinaire. Une Aesh est insuffisamment reconnue, formée et rémunérée ? On lui demande malgré tout de gérer des situations qui peuvent dépasser son métier. Et chacun fait ce qu’il peut avec les moyens disponibles. Mais à force de demander à chacun de faire au mieux, nous finissons par accepter l’inacceptable ». La solution passe selon elle par la construction de places en établissements spécialisés. « Et Il faut recruter, reconnaître, former et mieux rémunérer les Aesh, aider et protéger les personnels scolaires. »

Contactés, la Dasen et le rectorat n’ont pas donné suite à notre sollicitation.

Une pénurie générale d'Aesh

Le cas de cette maman de Sannois est loin d'être isolé. Depuis la loi du 11 février 2005 qui pose le principe du droit à la scolarisation en milieu ordinaire pour tout enfant en situation de handicap, le besoin en Aesh a explosé.
À la rentrée 2025, 520 600 élèves en situation de handicap étaient scolarisés en milieu ordinaire, un nombre multiplié par plus de trois depuis le milieu des années 2000. 48 726 élèves sur environ 352 000 notifiés par les Maisons départementales des personnes handicapées (Mdph) étaient sans accompagnant Aesh, soit 14,2 %, selon un chiffre avancé lors d'une question posée par une députée à l'Assemblée nationale. Un chiffre en hausse de 35 % en un an. La rentrée 2026 a été décrite comme catastrophique par les syndicats. Selon eux, il manque au moins une Aesh dans 17 % des collèges et lycées. Les causes viennent des conditions de travail très difficiles et d'un manque de reconnaissance salariale. Une majorité d'Aesh exercent à temps incomplet, sans possibilité d'être recruté fonctionnaire. Les syndicats continuent de réclamer un vrai statut (catégorie B)  
Dans le Val-d'Oise, la situation est également très tendue. Selon l'intersyndicale Cgt Éduc'Action 95, Fo, Fsu, Sud éducation, qui s'est mobilisée le 31 mars dernier, plus de 1 000 élèves en situation de handicap seraient sans Aesh. Et des centaines d'élèves seraient également sans place dans un établissement spécialisé.
Le ministre des Comptes publics, David Amiel, a annoncé dans les colonnes du Parisien que dans le cadre du projet de budget pour 2027, 1300 postes d'Aesh seront ouverts pour accompagner les élèves en situation de handicap.

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