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La marque bretonne Hénaff pointée du doigt pour ses importations de viande du Brésil, le patron se défend

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De la langue de bœuf venue d’Amérique du Sud a été repérée dans les boîtes de conserve de la marque estampillée « Made In Bretagne ».

Si le célèbre pâté breton est bien « Made In Bretagne », la marque importe des produits du Brésil pour d’autres conserves.

RICCARDO MILANI / Hans Lucas via AFP

Si le célèbre pâté breton est bien « Made In Bretagne », la marque importe des produits du Brésil pour d’autres conserves.

EN BREF La marque bretonne Hénaff est critiquée pour l’importation de langue de bœuf d’Amérique du Sud, bien que ses produits soient étiquetés « Made In Bretagne ».
Le patron Loïc Hénaff défend cette pratique, expliquant l’absence de fournisseurs français adaptés pour ce produit spécifique.
Loïc Hénaff affirme que 98 % de sa viande est d’origine française.

La célèbre marque bretonne Hénaff est dans la tourmente. Des produits importés du Brésil et d’Argentine ont été repérés dans certaines conserves alors qu’elles sont estampillées « Made In Bretagne ». Mais dans une interview accordée au média Ouest-France ce mercredi 14 janvier, le patron de la société estime qu’il s’agit d’une « non-polémique ».

Plus précisément, ce sont les boîtes de langue de bœuf qui ont alerté. Car si le fameux pâté de la marque est 100 % d’origine bretonne, les viandes en sauce, elles, ont leur origine en Amérique du Sud. L’étiquette indique bien : « Il s’agit de la meilleure source d’approvisionnement connue à ce jour pour répondre à nos exigences qualitatives et techniques. » Mais la polémique tombe au moment où les agriculteurs manifestent leur colère notamment contre le traité du Mercosur qui permettra l’importation à un taux de droits de douane réduit de milliers de tonnes de viande en Europe chaque année.

Pour les consommateurs interrogés notamment par BFMTV, le logo « Produit en Bretagne » ne devrait pas figurer sur la conserve. « C’est trompeur », estiment-ils. Pourtant, l’entreprise est dans son bon droit. Pour bénéficier de cette appellation, rien ne l’oblige à utiliser des produits venant uniquement de la région.

Anne-Claire Pons, la directrice générale de « Produit en Bretagne » explique auprès d’Ici Armorique : « Quand la matière première est disponible en Bretagne, elle doit être sourcée en Bretagne. Si ça ne l’est pas, nous demandons à nos industriels transformateurs d’apporter les éléments argumentés pour pouvoir justifier que le produit n’existe pas en quantité suffisante sur le territoire. »

« 98 % de la viande que nous achetons est d’origine française »

C’est justement ce que défend le dirigeant de Hénaff. « Si on achète en Amérique du Sud de la langue de bœuf c’est parce que nous n’avons pas, malgré plusieurs essais, trouvé des fournisseurs en France qui nous permettaient d’avoir un approvisionnement adapté pour ce plat en sauce », a expliqué Loïc Hénaff auprès de Ouest-France. « Et puis je vais vous dire franchement, on ne nous propose jamais de la langue de bœuf provenant de France. On y est jamais arrivé. »

Le patron de l’entreprise rappelle d’ailleurs que « 98 % de la viande que nous achetons sont d’origine française. Et 91 % sont d’origine de Bretagne. Et je peux également vous dire que 96 % de nos achats sont réalisés en France et 60 % en Bretagne ».

Pour lui, les nombreuses critiques dont ils sont victimes ne sont pas justifiées et sont seulement dues au fait « qu’on a joué la transparence à 100 % ». Il explique : « On ne s’est pas contenté (...) de mettre un code incompréhensible pour mentionner que la viande provient d’Amérique du Sud. On l’a écrit en gros sur le côté et on explique clairement pourquoi. »

Ce qui a valu à Hénaff de telles critiques, c’est notamment le contexte de signature de l’accord du Mercosur, contre lequel les éleveurs français ont manifesté à de nombreuses reprises. « L’accord du Mercosur qui passe en force, c’est très désagréable pour tout le monde. Je comprends la colère des éleveurs et on se bat avec eux, sur plein de sujets pour défendre l’élevage », a conclu Loïc Hénaff.

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