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La marine canadienne fait le plein de recrues au Québec

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Le nombre d’enrôlements dans la Marine royale canadienne a explosé au Québec en 2025, une augmentation de plus de 33 % par rapport à 2024, et de plus de 70 % par rapport à 2023.

Selon les données obtenues par Le Devoir, l’élément maritime des Forces armées canadiennes a enregistré l’année dernière 116 recrues (pour 1545 dossiers de candidature déposés). À titre de comparaison, le nombre de recrues s’élevait à 87 en 2024 (pour 368 dossiers) et à 68 en 2023 (pour 516 dossiers).

Les premiers chiffres disponibles pour 2026 confirment cette dynamique. Au 18 mars, il y avait déjà eu 42 enrôlements dans la marine à l’échelle du Québec. Si la tendance se maintient, le nombre de recrues pourrait donc approcher la barre des 180 en fin d’année ; le nombre de candidatures, celle des 2000.

Cette hausse marquée concerne aussi la Réserve navale, dont la fonction première est de venir en renfort à la force régulière. À l’échelle nationale, les chiffres sont en nette hausse, et le Québec y tire son épingle du jeu.

Ainsi, selon les prévisions, à la fin du mois de mars, on devrait avoir compté 813 enrôlements dans cette réserve au Canada au cours de l’année 2025-2026, contre 638 en 2024-2025. Et au Québec, on devrait être passé de 171 à 250 enrôlements d’une année à l’autre, une augmentation de 46 %. Surtout, le nombre de candidatures a grimpé en flèche, passant de 607 dossiers déposés à 1173 ; presque du simple au double (+93 %) en une année.

Cet élan est de bon augure pour les Forces armées canadiennes, puisque le plan de la cheffe d’état-major de la Défense, la générale Jennie Carignan, consiste à faire passer la réserve de 34 000 à 400 000 membres au cours des dix prochaines années.

De nouveaux programmes qui portent leurs fruits

« Cette année, le gain net pour la Réserve navale au Canada est presque de 400 personnes par rapport à l’an passé. Au Québec, c’est même un record absolu en termes de recrutement ! Quant à la force régulière, ça fait deux années de suite que la marine remplit tous ses quotas », explique au Devoir le capitaine de vaisseau Mathieu Leroux, commandant de la région de l’Est de la Réserve navale.

Pour expliquer cette attractivité nouvelle, ce dernier désigne les récents programmes mis en place pour accélérer le recrutement.

Le premier d’entre eux, lancé il y a trois ans, est le programme Expérience de la marine, qui consiste à proposer un contrat d’un an avec la Marine royale canadienne à des candidats qui ne sont pas désireux de s’engager à long terme. « Ce programme permet à des marins d’essayer avant d’acheter. On signe un contrat d’une année, on fait une formation, puis on est envoyé sur le terrain. La personne est capable de toucher à plusieurs métiers — mécanicien, main-d’œuvre, cuisinier, etc. Ensuite, elle décide si elle veut rester. Seule la marine offre ce programme », se félicite le capitaine Leroux.

Il y a aussi le processus d’enrôlement accéléré, le PEA, lancé par la Réserve navale en avril 2025. Ce dernier permet de recruter des marins pour la force régulière à même la réserve, un processus plus rapide qu’un passage par les centres de recrutement traditionnels. « Au Canada, on a enrôlé 82 nouveaux membres avec le PEA entre le 1er avril 2025 et aujourd’hui, ce qui dépasse nos prévisions. Au Québec, on est à 36, soit presque 50 % du total canadien. On est extrêmement fiers de ça », se réjouit l’officier supérieur.

La création de deux unités satellite pour le recrutement à Laval et à Sherbrooke, qui s’ajoutent aux sept réparties au Québec, a également permis de rejoindre plus de gens encore.

Enfin, depuis janvier 2025, le recrutement de résidents permanents dans les Forces armées canadiennes a été facilité, ce qui a permis d’accélérer leur intégration aux différents corps.

Un contexte favorable

Pour expliquer ces chiffres records, Mathieu Leroux évoque également une acceptabilité nouvelle des Forces armées canadiennes. « On le voit lors de foires d’emploi ou d’événements auxquels on participe dans des écoles. Les jeunes sont nombreux à venir nous parler. La Réserve navale a une grande capacité d’attraction », affirme-t-il.

Le capitaine salue aussi le nouveau discours des politiciens en matière de défense, ainsi que les nombreux investissements annoncés. Il note aussi que le contexte international encourage les vocations. « Le discours du gouvernement nous encourage : les Forces armées sont désormais valorisées. À plein d’endroits, on fait des coupes budgétaires, mais on investit malgré tout massivement dans la défense. Cette valorisation change la perception du public. »

Et puis, avec la commande de 12 sous-marins à venir et la mise à l’eau prochaine de navires flambant neufs dans le cadre de la Stratégie nationale de construction navale, les planètes semblent désormais alignées pour la Marine royale canadienne. « La vision qu’on a eue à l’époque va commencer à se matérialiser, résume le capitaine Leroux. On va avoir de nouvelles plateformes, ça va nous prendre des marins ! »

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