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La marche en hommage à Quentin finalement autorisée par le gouvernement, malgré le risque de troubles

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Politique 20/02/2026 08:42 Actualisé le 20/02/2026 10:08

La marche en hommage à Quentin Deranque, étudiant nationaliste frappé à mort, aura bien lieu ce samedi à Lyon, a indiqué le ministre de l’Intérieur.

Par Maëlle Roudaut avec AFP

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, s’exprime sur RTL, le vendredi 20 février 2026.

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, s’exprime sur RTL, le vendredi 20 février 2026.

Une marche en hommage à Quentin Deranque aura finalement bien lieu ce samedi à Lyon. « Je ne demande pas l’interdiction de cette manifestation », a indiqué ce vendredi 20 février le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, sur RTL. Cette marche « sera encadrée pour éviter tout troubles à l’ordre public », a-t-il ajouté.

Dans un premier temps, le maire écologiste de Lyon Grégory Doucet s’était au contraire prononcé en faveur d’une interdiction de cette marche, estimant qu’il s’agissait de « la seule décision responsable ». Il évoquait des « risques avérés de troubles à l’ordre public », avec notamment la venue de nombreux militants d’extrême droite, y compris de l’étranger, et de possibles menaces envers les élus et les permanences parlementaires.

« Il y aura des militants d’ultra-droite, que les choses soient claires », a confirmé vendredi Laurent Nuñez. Il a également indiqué que « certains militants d’ultragauche appellent à venir perturber cette manifestation », assurant que les forces de l’ordre les empêcheraient d’agir.

Le ministre de l’Intérieur a assuré qu’un dispositif policier « extrêmement important » serait déployé. Il sera composé à la fois d’effectifs locaux, et de forces mobiles. « Il y aura des renforts conséquents », a-t-il précisé. « Je ne peux interdire une manifestation que lorsqu’il y a des risques majeurs de trouble à l’ordre public et que je ne suis pas en mesure de les contenir », a-t-il ajouté.

Comme on lui demandait si Quentin Deranque avait été victime d’un « guet-apens », le ministre a répondu « qu’à titre personnel » , il ne « le croyait pas ». C’est, a-t-il dit, « une rixe entre deux groupes qui s’est terminée par un homicide volontaire (...) par un lynchage qui est absolument abominable ».

Jusqu’à 3 000 participants attendus

Entre 2 000 et 3 000 participants sont attendus pour cette marche de 1,4 km. Le cortège doit s’élancer à 15 heures depuis la place Jean-Jaurès pour rejoindre le lieu où le jeune militant nationaliste a été violemment agressé, le jeudi 12 février, par des individus masqués. Gravement blessé à la tête, il est décédé deux jours plus tard.

La famille de Quentin Deranque a annoncé qu’elle ne compte pas participer à cette marche. Elle a appelé « au calme et à la retenue » et dénoncé « toute forme de violence politique ». L’évènement fait largement réagir la classe politique ces derniers jours, donnant lieu à une bataille des récits.

Concernant les rassemblements prévus ce samedi, Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a pour sa part recommandé de ne pas s’y rendre, évoquant de possibles violents affrontements entre militants « d’ultradroite » et « d’extrême gauche ».

À son tour, le coordinateur de La France insoumise, Manuel Bompard a fustigé l’autorisation de la marche à Lyon. « La marche prévue samedi à Lyon est loin d’être seulement un hommage à la victime. Elle est prévue pour être une véritable démonstration fasciste dans les rues », a-t-il écrit sur X. « Plus de 1 000 néonazis de toute l’Europe sont annoncés dans une volonté de vengeance mortifère », ajoute-t-il.

Sur le plan judiciaire, sept hommes de 20 à 26 ans, dont deux collaborateurs du député LFI Raphaël Arnault, ont été mis en examen dans la soirée de jeudi, pour homicide volontaire ou complicité. Selon une source proche du dossier, « la plupart sont connus pour être soit membres, soit proches de la Jeune Garde antifasciste », un mouvement d’ultragauche créé en 2018 à Lyon par Raphaël Arnault et dissout en juin par le gouvernement.

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