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La manifestation néonazie du « C9M » et les réponses antifa interdites à Paris

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France 05/05/2026 17:01 Actualisé le 05/05/2026 17:30

La Préfecture de police se justifie en évoquant « un contexte politique tendu et très polarisé », notamment après la mort de Quentin Deranque, lui-même militant d’ultra-droite.

La manifestation du « Comité du 9 mai », qui rassemble chaque année des militants d’ultra-droite de toute l’Europe, a été interdite à Paris par la Préfecture de police. Une décision prise « conformément aux orientations définies avec le ministre de l’Intérieur », justifie le Préfet ce mardi 5 mai. La manifestation organisée chaque année rend hommage au militant d’extrême droite Sébastien Deyzieu, mort en 1994 après être tombé d’un toit où il avait grimpé pour échapper à la police.

Pour protester contre ce défilé de l’ultra-droite dans les rues de la capitale, plusieurs appels aux manifestations antifascistes avaient été lancés pour les vendredi 8 et samedi 9 mai. Sous le mot d’ordre « Pas de nazis dans Paris », le rendez-vous était donné place du Panthéon. Le Préfet a pris la décision d’interdire également ces « rassemblements déclarés afin de protester contre » la manifestation du C9M.

Pour justifier cette interdiction, le premier arrêté rappelle la mort du militant d’extrême droite radicale Quentin Deranque à Lyon en février. « La manifestation s’inscrit dans un contexte politique tendu et très polarisé », détaille cet arrêté signé par le préfet de police de Paris Patrice Faure.

Comme les deux années précédentes, le C9M dépose un recours

« Ces décisions sont justifiées par le risque de troubles graves à l’ordre public » et que des « actions violentes sont susceptibles de se produire dans l’espace public en marge ou à l’issue de la manifestation », ajoute-t-il. D’autant que celle-ci devrait accueillir « des militants ultranationalistes parmi les plus radicaux et en provenance de plusieurs pays européens, notamment de la Hongrie, de l’Allemagne, de l’Autriche, de l’Espagne et de l’Italie », précise la préfecture.

La Préfecture de police souligne également que l’année dernière, « plusieurs participants » avaient « dissimulé volontairement tout ou partie de leur visage sans motif légitime ». Bruno Retailleau, qui était à l’époque ministre de l’Intérieur, avait saisi la justice après que plusieurs symboles nazis ont été constatés à la manifestation.

Avaient été observés : un tatouage d’une croix gammées sur le bras, des t-shirts évoquant l’iconographie nazie, des saluts nazis, des tambours plus que semblables à ceux des jeunesses hitlériennes… Pour rappel, arborer des symboles nazis est puni par loi, tout comme le fait de cacher volontairement son visage dans l’espace public.

Le « Comité du 9 mai » a déjà annoncé un recours auprès du tribunal administratif de Paris. « En 2024 et en 2025, la Justice avait balayé l’arrêté de la Préfecture de Police. Cette année encore, nous n’avons aucun doute sur le fait que le tribunal nous donnera raison », ont-ils écrit sur X. Effectivement, sur les deux années précédentes, la justice avait fini par aller à l’encontre de la décision du Préfet de police en autorisant la manifestation.

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