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Comment vivre sur la Lune ? Le programme Artemis a beau se montrer de plus en plus prudent depuis les dernières déconvenues autour de son avancée, l'idée est toujours d'organiser des missions habitées vers notre satellite. Ce qui implique d'avoir des astronautes capables de rester plusieurs jours, voire plusieurs semaines sur place.
Pour y parvenir, une solution est envisagée : utiliser des modules gonflables. C'est en tout cas le projet au cœur de l'entreprise Max Space qui, d'après le site Space.com, a obtenu un investissement à plusieurs millions de dollars pour développer cette technologie en vue des futures missions lunaires habitées.
Plus grand, moins cher
Pourquoi un module gonflable ? La raison est simple : le prix. Construire un habitat nécessite énormément de matériaux lourds et encombrants qu'il faudra envoyer dans l'espace, puis assembler sur place. Au contraire d'une structure gonflable, beaucoup plus légère, d'un volume très réduit lorsqu'elle est emballée, et qui sera en plus rapide et facile à monter.
Dans un communiqué, l'entreprise Voyager Technologies, qui s'occupe du développement d'infrastructures pour les missions spatiales, a annoncé un partenariat avec Max Space et assure que ces modules pourront être utilisés pour des missions lunaires, et au-delà.
Un module gonflable sur la Lune. © Max Space
Ils ajoutent : « Cette architecture permet la livraison d'une bien plus grande surface utilisable par kilo, ce qui optimise la productivité humaine et la flexibilité opérationnelle. » En clair, ces habitats seraient taillés pour ce type de projets, même si l'on ignore encore s'ils seront utilisés lors de la première mission habitée sur le sol lunaire - théoriquement Artemis IV en 2028 - avec encore des gros doutes sur les avancées du projet.
Quoi qu'il en soit, les modules de Max Space pourraient, d'après l'entreprise, être envoyés jusqu'à la Lune avec une fusée du type Falcon 9. Il faudrait ensuite les faire atterrir au bon endroit pour fournir aux astronautes un habitat qu'ils n'auront qu'à monter à leur arrivée.
Tout cela semble presque relever de la science-fiction, mais les modules gonflables sont scrutés de près depuis des années par la Nasa, ainsi que par d'autres agences spatiales.
Une technologie prometteuse
Dès 1996, une antenne satellitaire gonflable était mise en orbite par la Nasa, mais son déploiement avait été difficile, prouvant ainsi à quel point ce type d'origami devait être maîtrisé à la perfection, sous peine de nécessiter une intervention humaine.
En 2016, le module Beam, pour Bigelow Expandable Activity Module, a été amarré à la Station spatiale internationale, pour servir d'habitat expérimental en vue de l'utilisation future de ces technologies. Satisfaisant, l'équipement fut ensuite utilisé comme lieu de stockage, mais aurait aussi pu faire office d'habitat en cas de besoin.
Le module gonflable Beam, amarré à l'ISS depuis 2016. © Nasa
De plus, ces technologies sont prometteuses car les matériaux utilisés sont capables de faire preuve d'une certaine solidité, suffisante en tout cas pour faire face aux micro-météorites ou aux poussières grâce au vectran, une sorte de matière proche du kevlar, à la fois souple et résistante.
D'ailleurs, d'autres entreprises sont sur ce dossier, à commencer par Sierra Space, qui développe les modules Life, destinés à servir de stations spatiales gonflables à l'avenir. L'entreprise a même obtenu un contrat avec la Nasa pour développer ces technologies dans le cadre du programme Artemis.


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