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La lucidité de Mathieu Pelletier brouille les cartes à Vancouver

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VANCOUVER — Avant de prendre le départ des quarts de finale du 500 m, samedi, au Pacific Coliseum de Vancouver, Mathieu Pelletier s’est replongé dans ses souvenirs. Enfin, dans ceux qu’il a choisi de se créer, puisqu’il a pensé à quelque chose qui s’est produit quand il n’était même pas encore un projet pour ses parents.

Une course de Viktor Ahn, aux Jeux olympiques d’hiver de Salt Lake City, en 2002.

Il partait 4e ou 5e, il a été patient tout le long, et il a fait deux dépassements au moment opportun, s’est souvenu Pelletier. Je voulais vraiment partir avec une mentalité semblable à ça.

C’était donc ça. De sa 5e position au départ, Pelletier, dans sa vague des quarts, a réussi une de ces courses qui restent ancrées dans la mémoire de ceux qui en ont été témoins. Sun Long, Michal Niewinski, Denis Ors, autant de victimes d’une remontée à couper le souffle. Trois dépassements en un peu moins de 41 secondes qui ont fait rugir le public vancouvérois réuni pour le début de la saison du Circuit mondial de courte piste.

C’était une course qu’un jeune de 20 ans ne devrait pas pouvoir faire. Un patineur dépourvu d’expérience internationale, mais extraordinairement cérébral, qui a regardé vraiment beaucoup de vidéos dans sa jeunesse, qu’il s’agisse de vedettes de l’étranger comme Ahn ou d’idoles locales comme Charles Hamelin.

Une performance si assurée était d’autant plus improbable que son vendredi avait de quoi le dégoûter. Il avait été pénalisé au 1000 m et au 1500 m, et son temps comme 3e de sa vague au 500 m lui aurait valu un billet direct pour les quarts de finale s’il n’y avait pas eu une pénalité dans une autre course.

En partant, quand tu as [deux pénalités] dans une compétition, n’importe qui peut être décomposé, a assuré l’entraîneur-chef de l’équipe nationale, Marc Gagnon. Lui, c’est un jeune qui n’a pas d’expérience, mais qui a beaucoup d’attentes envers lui-même, parce qu’il sait qu’il est rendu à un bon niveau, et il a envie de performer. Il a envie de se montrer. C’est le fruit de ses efforts depuis des années. De voir sa progression, de revenir dans une distance, le 500 m, où tellement de choses peuvent arriver, où l’inconstance est probablement la plus présente. Mais il a été tellement bon!

Au bout du compte, Pelletier s’est frayé un chemin jusqu’en finale B, où il a pris le 3e rang. Il avait dû commencer sa journée au repêchage avec son résultat de la veille dans ce 500 m devenu son seul espoir de réussir quelque chose dans une distance individuelle.

Dans sa première course, Pelletier a notamment été jumelé à son coéquipier Félix Roussel et à l’Italien Thomas Nadalini, deux énormes pointures.

J’étais comme, damn, grosse première course! Finalement, ça va vraiment bien, je fais le temps le plus rapide de la compétition, a raconté Pelletier, qui a enchaîné en faisant le nécessaire à sa deuxième course pour aboutir dans ce fameux quart de finale.

Mon objectif était atteint, a-t-il poursuivi. Je suis 5e sur la ligne, je me suis dit que j’allais être patient et que j’allais attendre mes occasions. Mes occasions sont arrivées et je les ai toutes saisies à grandes mains.

Après sa formidable remontée, Marc Gagnon serrait les poings comme s’il venait de gagner lui-même une médaille olympique. Pour un entraîneur, voir un potentiel se réaliser fait partie des plus beaux cadeaux.

Si on recule à cinq ou six semaines, à sa première compétition de l’année, ça lui est arrivé de faire plein de mauvais choix, des choix précipités, des choix de stress, a indiqué Gagnon. Mais là, il revient d’une première journée où il est disqualifié deux fois, dans une distance où tout se passe super vite, et il n’a fait que de bons choix.

De bons choix quand tout se passe super vite? Ce devrait être de bon augure pour la finale du relais, dans ce cas.

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