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La « gymflation » : quand les réseaux sociaux font grimper les standards physiques

4 month_ago 52

         

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Toujours plus mince, toujours plus musclé. Alimenté par les réseaux sociaux, un phénomène surnommé la « gymflation » pousse de nombreux jeunes à viser des standards physiques irréalistes, au détriment de leur bien-être. Athlètes et experts en conditionnement physique observent une pression croissante — même chez ceux et celles qui s’entraînent déjà à haut niveau.

Pendant ses années d’école secondaire, Angelica Placido voulait perdre du poids. En raison de médicaments qui provoquaient des fluctuations régulières, elle a parfois été la cible de commentaires blessants sur son apparence. L’omniprésence, sur les réseaux sociaux, d’images de femmes et de jeunes filles très minces n’a fait qu’alimenter ses insécurités.

Aujourd’hui âgée de 23 ans, Angelica Placido est haltérophile compétitive et cumule deux ans d’expérience dans son sport. Malgré cela, elle admet ressentir encore une certaine insécurité corporelle.

Le phénomène de la gymflation , largement discuté en ligne, n’a jamais été aussi puissant, estime-t-elle. Très active sur les plateformes liées au bien-être physique, elle remarque que les contenus qu’elle consomme influencent directement ses objectifs d’entraînement — sans toutefois lui apporter une réelle satisfaction.

Honnêtement, ça peut être décourageant, a-t-elle confié. Elle dit être consciente que les réseaux sociaux l’amènent à se comparer constamment à des personnes qu’elle ne connaît pas, en se basant sur des critères irréalistes et souvent inatteignables.

On voit un physique impressionnant, puis, quelques publications plus loin, quelqu’un d’autre avec un physique tout aussi impressionnant. C’est difficile de ne pas se comparer.

Dans un contexte où les jeunes sont exposés à une quantité massive de contenu sur les réseaux sociaux, Angelica Placido est loin d’être un cas isolé selon Cole Scheller, entraîneur de force et de conditionnement physique à l’Université du Manitoba.

Depuis une dizaine d’années, cette pression ne touche pas seulement l’image corporelle des athlètes, mais aussi leurs attentes en matière de performance, dit-il.

De jeunes athlètes souhaitent parfois s'entraîner avec des exercices trouvés en ligne qui ne sont pas réalistes pour les athlètes universitaires et sont déçus s’ils ne se trouvent moins habiles que des athlètes vedettes ou des influenceurs, selon l'entraîneur.

Cole Scheller.

Cole Scheller, entraîneur de conditionnement physique des Bisons de l’Université du Manitoba, dit devoir parfois rappeler aux athlètes que ce qu’ils voient en ligne n’est souvent pas réaliste.

Photo : Radio-Canada / Les Bisons de l’Université du Manitoba

Ce qu’on ne voit pas sur les réseaux sociaux, c’est la nature répétitive et exigeante du processus qui a mené ces athlètes là où ils sont aujourd’hui.

L’entraîneur souligne qu’il doit régulièrement rappeler à ses athlètes que les réseaux sociaux montrent surtout des performances exceptionnelles.

Les gens voient ces images sans les replacer dans leur contexte. Il s’agit de performances d’élite, parmi l’élite. On n’y a accès que parce que tout le monde a une caméra en permanence, dit-il.

Pour la majorité des gens, insiste-t-il, la clé réside dans un entraînement simple, constant et axé sur le bien-être global, plutôt que sur la comparaison.

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