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Arrivé en France enfant, Jury Ziembicki, 83 ans, s’est longtemps peu préoccupé de ses origines. Mais l’invasion russe en Ukraine l’a poussé à renouer avec ses racines. Depuis 2023, il anime des conversations franco-ukrainiennes près de Bordeaux.
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Jury Ziembicki, dans sa résidence secondaire, à Lacanau (Gironde), le 10 juillet. Dans sa résidence secondaire de Lacanau-Océan (Gironde), où il passe l’été, Jury Ziembicki, 83 ans, fait apparaître sur sa tablette numérique une vieille archive, un drapeau rouge frappé du trident ukrainien. C’est celui de la 3e division de fer, une unité militaire historique de l’Armée populaire ukrainienne, qui a combattu entre 1919 et 1921 lors de la guerre d’indépendance (1917-1921). Elle était dirigée par son oncle, Oleksandr Oudovitchenko.
Jury Ziembicki, qui a passé la plus grande partie de sa vie en France, a longtemps tenu ses attaches ukrainiennes à distance. Mais l’invasion russe, en février 2022, l’a ramené à cet héritage. « Ça m’a réveillé, j’avais complètement oublié », reconnaît-il. A Mérignac, près de Bordeaux, où il vit, il lance, en 2023, des « conversations franco-ukrainiennes », entre Ukrainiens arrivés en France depuis l’invasion russe et Français désireux d’apprendre leur langue.
Jury Ziembicki naît en 1943 d’une mère lituanienne et d’un père ukrainien, dans un camp de réfugiés à Brest-Litovsk, une ville sous occupation allemande, aujourd’hui biélorusse. Son père, Séraphin, est resté en Pologne, tandis que le reste de la famille trouve refuge en Bavière, à la fin de la guerre. « Ma mère, Lydia, est morte en 1945, après la naissance de ma sœur cadette. Mon père devait nous rejoindre, mais il n’est jamais venu… C’était la guerre », lâche-t-il, fataliste.
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