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La guerre en Iran fait replonger le moral des Canadiens

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De moins en moins touché par la guerre commerciale de Donald Trump, le moral des Canadiens et de leurs entreprises était en voie de s’améliorer. Jusqu’à ce qu’une autre guerre — celle en Iran — survienne et que leur confiance pique à nouveau du nez.

La plupart des consommateurs au Canada s’attendent à ce que la guerre au Moyen-Orient affaiblisse leur économie (86 %) en plus de faire monter les prix (81 %), a rapporté lundi la Banque du Canada à la suite de ses premiers coups de sonde.

Dans le cas où le conflit ne se résoudrait pas rapidement et durerait plus de six mois — comme la plupart des répondants ont dit s’y attendre —, les quelque 600 ménages, interrogés en ligne à la fin du mois de mars et au début du mois d’avril, ont notamment dit craindre une augmentation des prix de l’essence de 11 % d’ici un an et d’un peu plus de 9 % dans l’alimentation.

Un répondant sur cinq (21 %) a dit avoir déjà annulé ou reporté des voyages, principalement à cause de l’augmentation des coûts, et 28 % avoir retardé ou réduit des dépenses importantes.

Ces réponses concordent avec les résultats obtenus des entreprises, rapporte la Banque du Canada. De 3 % à l’horizon d’un an, leurs attentes en matière d’inflation étaient passées à 3,8 % en l’espace de seulement deux semaines.

Dans les secteurs les plus touchés par les répercussions de la guerre en Iran sur les prix du carburant, des engrais, du transport de marchandises et sur les taux de change, certaines entreprises ont dit craindre une baisse de leurs ventes. Plusieurs doutent aussi de pouvoir passer la hausse du coût de leurs intrants à leurs clients à cause de la faiblesse de l’économie, du budget limité des consommateurs, de la concurrence ou des contrats déjà signés.

D’une guerre à l’autre

La Banque du Canada a l’habitude de réaliser des enquêtes sur les attentes des consommateurs et les perspectives des entreprises chaque trimestre. Elle a dû en allonger un peu la durée et ajouter quelques questions pour y inclure les effets du déclenchement de la guerre en Iran survenu après sa période normale d’enquête.

Cela permet notamment de constater que ce conflit a eu l’effet d’une douche froide sur le moral des Canadiens. Juste avant la guerre au Moyen-Orient, les entreprises et les consommateurs canadiens entretenaient des sentiments de moins en moins négatifs en matière d’économie, de finance personnelle et d’emploi. « Je pense que le pire pourrait être derrière nous », avait dit l’un d’eux aux sondeurs.

La confiance des entreprises était aussi légèrement à la hausse au début de l’année. On s’attendait, entre autres, à une augmentation des ventes, possiblement à plus d’embauches ainsi qu’à plus d’investissements.

Le prix des biens et des services restait la principale préoccupation des ménages, suivi par l’incertitude économique et le coût du logement. C’est du côté des travailleurs les plus exposés à la guerre commerciale que les intentions de dépenses s’étaient le plus améliorées.

La plupart des entreprises exportatrices rapportaient que leurs biens s’avéraient finalement exemptés des tarifs américains grâce aux dispositions de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM). Elles affirment toutefois craindre que son réexamen en cours se conclue par une perte d’au moins une partie de cet avantage.

Que ce soit en raison des coûts de transport, ou simplement parce qu’on n’en voit pas l’intérêt, la diversification des échanges commerciaux reste lente et difficile : près de la moitié (48 %) des entreprises dit avoir diminué leurs ventes aux États-Unis, mais seulement 13 % avoir augmenté leur chiffre d’affaires dans d’autres pays.

De leur côté, les consommateurs canadiens demeuraient nombreux à dire continuer de dépenser plus pour des biens fabriqués au Canada (87 %) et moins pour des biens fabriqués aux États-Unis (63 %).

Les attentes en matière d’inflation s’amélioraient un peu, aussi bien du côté des consommateurs que des entreprises, avec le prix des aliments comme principaux soucis des ménages. Mais cela, c’était avant la guerre en Iran.

L’inflation grimpe

Lundi, Statistique Canada a dévoilé ses premières mesures de son indice des prix à la consommation à l’ère de cette nouvelle guerre. L’agence, qui a suivi l’évolution du coût de la vie au mois de mars, rapportait une augmentation générale des prix en un an de 2,4 %, contre 1,8 % un mois auparavant. Cette hausse était essentiellement le résultat de « la plus forte augmentation du prix de l’essence jamais enregistrée » (+ 21 % en un mois), mais aussi des aliments (+ 4,4 % sur 12 mois).

Les experts ont dit s’attendre à ce que la guerre en Iran fasse flamber le prix d’autres biens et services les prochains mois.

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