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«La grandeur de la France ne demande qu’à renaître» : après les violences du 17 octobre, le président du Salvador Nayib Bukele propose d’appliquer sa méthode sécuritaire

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Pour endiguer le flot de violences en France, Nayib Bukele a suggéré de mettre en place le même virage sécuritaire qu’il a lui-même mené dans son pays depuis son arrivée au pouvoir en 2019.

Au lendemain des scènes d’émeutes et de pillages qui se sont déroulées partout en France en marge de la manifestation contre la vie chère, de nombreux internautes ont exprimé leurs consternations sur les réseaux. Parmi eux, le président du Salvador Nayib Bukele, n’a pas manqué d’y aller de son commentaire.

«J’ai entendu dire que la France était finie, qu’il était trop tard pour la sauver», a-t-il écrit sur X, dans un post vu plus de 6 millions de fois et rédigé en français. «Mais la France est toujours belle, enviable même. Sa grandeur n’a pas disparu, elle ne demande qu’à renaître», a-t-il poursuivi.

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Pour endiguer le flot de violences, le président du Salvador propose d’appliquer le même virage ultra-sécuritaire qu’il a lui-même mené dans son pays depuis son arrivée au pouvoir en 2019. «Nous avons surmonté en un an un problème cent fois plus grave, sans avoir les moyens dont dispose la France. La France pourrait y arriver en une semaine», a-t-il suggéré.

Une politique critiquée par des ONG

À 45 ans, celui qui se décrit comme le «dictateur le plus cool du monde» jouit d’une grande popularité grâce à sa «guerre contre les gangs», qui a largement réduit le taux de criminalité. Pour rappel, le pays de 6,3 millions d’habitants figurait dans le peloton de tête mondial en termes de taux d’homicides : plus de 38 pour 100.000 habitants, causant plus de 2000 morts par an. En 2024, lors de sa réélection, ce taux était descendu à moins de 2 pour 100.000, notamment à cause de la création du Cecot (Centro de confinamiento del terrorismo), cette prison de haute sécurité où sont détenus quelque 20.000 criminels, condamnés ou en instance de jugement.

Mais sa politique est largement critiquée par des experts des Nations unies et des ONG, qui pointent des exactions pouvant constituer des crimes contre l’humanité. Quelque 93.000 personnes ont été emprisonnées dans le cadre d’un régime d’exception en vigueur depuis quatre ans. Les organisations humanitaires dénoncent plus de 500 morts en prison et des arrestations arbitraires.

À lire aussi Garde à vue de 15 jours, restriction de liberté de réunion, régime carcéral très dur… La «méthode Bukele» de lutte contre la criminalité au Salvador est-elle vraiment exportable en France ?

«Non, légaliser un crime ne réduit pas la criminalité»

Le président de 45 ans n’en est pas à son coup d’essai concernant ses commentaires sur l’Hexagone. En 2024, il avait critiqué une actualité française toujours plus tourmentée par la question du trafic de stupéfiants. François Hollande, alors invité par BFMTV, estimait que «la proposition de légaliser le cannabis n’entraînerait en aucune façon une baisse du trafic» ,mais qu’une intervention de l’armée «dans les quartiers» ne pouvait être une solution.

En réaction, le président salvadorien avait écrit : «Non, légaliser un crime ne réduit pas la criminalité ; cela déplace seulement la ligne rouge». «Les personnes qui commettent des crimes commenceront à exploiter ce qui se trouve au-delà de la ligne rouge, et la société se retrouvera alors avec deux problèmes : l’usage massif de ce qui vient d’être légalisé et l’augmentation de l’usage de ce qui reste proche de la ligne rouge.»

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Plus récemment, Nayib Bukele avait ironisé sur un défilé à la tonalité politique organisée lors de la Fashion Week de Paris en 2025. Le styliste Willy Chavarría avait fait défiler des mannequins dont les vêtements ressemblaient à ceux imposés aux détenus du Cecot. «Nous sommes prêts à les envoyer à Paris dès que nous recevrons le feu vert du gouvernement français», avait alors raillé le président salvadorien sur X.

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