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La glorieuse partition du Canadien en séries

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« Na na na na, hey, hey, hey, goodbye ! » Au Centre Bell, dans nos salons, dans les rues, les partisans du Canadien entonneront le refrain composé en 1969 par l’obscur groupe américain Steam, un chant de la victoire entendu parfois même en première période des matchs cette saison, ce qui en dit long quant à l’espoir fondé sur nos Glorieux en ce début de série contre le Lightning de Tampa Bay. Chantons encore les louanges du CH.

Les recrues

Quelques nouvelles chansons sur le thème du Canadien sont apparues ces derniers jours, à commencer par une relecture folk-rock par Jérôme Charlebois du succès de son papa Je reviendrai à Montréal, dont le sens est détourné en souhait du retour de la coupe Stanley, trente-trois ans après le dernier championnat. Endossé par l’organisation du Canadien, le chanteur country Rick Duff offre (en anglais) le country-rock Killer Instinct et son vidéoclip, tourné sur la glace du Centre Bell, avec la participation de l’indispensable organiste Diane Bibaud.

Les légendes

Nommons-les par respect, parce qu’elles font partie de notre patrimoine. Historique Le Rocket Richard (1955) d’Oscar Thiffault, récit succinct de l’émeute au Forum suivant la suspension pour le reste de la saison du légendaire numéro 9 : « Par un dimanche au soir en jouant à Boston / Vous auriez dû voir, les fameux coups de bâtons / Mais quelques jours après, y a été suspendu ».

Toutes aussi immortelles, Maurice Richard de Pierre Létourneau (1970), qui a mieux traversé le temps que Rocket Rock and Roll de Denise Filiatrault (1957). Ajoutons au panthéon Bleu, Blanc, Rouge (1982) de Jean Robitaille et Michel Como, encore jouée au Centre Bell. L’une des plus belles porte la signature du Madelinot Georges Langford : La Coupe Stanley (1973). « De temps en temps, j’m’en lave les mains / Le samedi soir, d’mandez-moi rien / je suis un partisan des Canadiens », dans laquelle il dit connaître son hockey sur le bout des doigts, « la sorte de bière à Bob Rousseau / le nom du chien d’la femme à Béliveau ».

Mise au jeu du rap

Le hip-hop a généreusement contribué à inscrire la chanson de hockey dans la modernité; pensons au succès de Loud, #10 (d’Aucune promesse, 2022) : « On a nos propres numéros dix, on rep la Guy Lafleur de lys », balance-t-il sur un rythme trap bien teigneux.

Ces derniers jours, de jeunes rappeurs ont affiché leurs couleurs : d’abord DIONY$IO$ avec Bleu Blanc Rouge (Habs Anthem), puis le duo Lunaire et sa chanson MONTRÉAL 25, à laquelle collabore Biz de Loco Locass, qui, en 2012, offrait Le but (« Allez Montréal »), qui a longtemps résonné entre les murs du Centre Bell après un but de l’équipe chérie. Moult rappeurs ont cité les étoiles du Canadien dans leurs œuvres, de Robert Nelson (Alaclair Ensemble) et sa chanson Jacques Plante (2019), au Montréalais Annakin Slayd, qui, en 2009, priait déjà pour La 25e, en passant par Manu Militari.

Les joueurs de soutien

Il y a d’abord Bruins, de Gros Mené, tirée de l’album Agnus Dei, paru en 2012, vraisemblablement composée après la défaite en sept matchs aux mains de Boston lors de la première ronde éliminatoire de la saison 2010-2011. Plongeant dans ses souvenirs, Vincent Vallières terminait l’album Chacun dans son espace (2003) avec 1986, année de l’avant-dernière coupe du CH : « Y’a Mats Naslund, le p’tit viking, le numéro 26 / Pogne la puck, fait l’tour du Forum avec / Pis y s’en va t’la crisser dans l’net », scande-t-il, nommant ensuite Patrick Roy, Larry Robinson, Mike McPhee…

On pense ensuite aux Cowboys Fringants (Salut mon Ron !), Émile Bilodeau (Hockey), Robert Charlebois (Demain l’hiver : « Je vous laisse, le but du Canadien compté par Jean Béliveau sans aide… »), et n’oublions pas le regretté Bob Bissonnette, lui-même ex-hockeyeur devenu auteur-compositeur-interprète. L’ensemble de son œuvre tourne autour de son sport : Mettre du tape su’ma palette, Hockey dans rue, Les barbes des séries, et même une chanson nommée en l’honneur de Chantal Machabée, ex-journaliste sportive à RDS.

Déviation devant le but

Pour terminer, deux admirables étrangetés. En 2023, l’iconoclaste compositeur et contrebassiste jazz Hugo Blouin consacrait un album entier au hockey, « son histoire et sa culture, de Maurice Richard à Marie-Philip Poulin, en passant par la série du siècle, sans oublier l’homophobie et le sexisme ! ». Du délire jazz expérimental de haute voltige s’appréciant encore mieux pendant les séries.

La dernière est un mystère. Après avoir gagné de l’expérience au sein du groupe des frères Brecker — Michael au saxophone, Randy à la trompette —, le guitariste californien Steve Khan amorce sa carrière solo. En 1983 paraît son cinquième album solo, Eyewitness, comprenant une suave composition intitulée… Guy Lafleur !

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