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À l'approche de la rentrée politique et médiatique, les candidats déclarés ou présumés de la gauche pour la présidentielle française de 2027 se positionnent en vue de la mère des batailles électorales. Mais La France insoumise aux socialistes en passant par les verts, les rangs de la gauche progressent en ordre dispersé.
Candidat pour la quatrième fois à l'élection présidentielle, le leader de La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, prendra la parole dimanche, lors du dernier jour de l'université d'été du mouvement de gauche radicale, en Drôme. "Son meilleur ennemi" à gauche, honni par LFI Raphaël Glucksmann, devrait se déclarer candidat à la succession d'Emmanuel Macron, le même jour, au JT de 20h00 de TF1. On s'attend à ce que le député européen annonce qu'il prendra part, à l'automne, à la primaire organisée par le Parti socialiste et son mouvement social-démocrate, Place publique, pour désigner un candidat commun à la magistrature suprême. La veille, les Écologistes auront clôturé leur rendez-vous estival de trois jours, à l'occasion duquel ils auront tenté de masquer leurs divergences sur la stratégie à suivre. Enfin, les 28 et 29 août, les socialistes tiendront leur pow wow, à Blois.
"La gauche, c'est moi"
Parti tôt dans la course – il a fait acte de candidature, début mars – Jean-Luc Mélenchon est crédité d'intentions de vote tournant autour de 15 %. Des chiffres dont, pour l'heure, les autres prétendants de gauche ne peuvent que rêver.
Les sondages le laissent certes à bonne distance de la candidate d'extrême droite du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, annoncée à 35 %, et derrière l'ancien Premier ministre de centre-droit d'Emmanuel Macron, Edouard Philippe, qui obtiendrait entre 16 et 22 % des voix au premier tour du scrutin présidentiel. L'ancien sénateur socialiste n'en reste pas moins convaincu qu'après les essais infructueux de 2012, 2017 et 2022, son heure d'accéder au second tour est venue pour affronter le RN. Et maintient qu'il est le seul à pouvoir l'emporter – c'est loin d'être acquis : tous les sondages le donnent perdant dans ce cas de figure.
Nous sommes le seul rempart face à l'extrême" : le RN et LFI rêvent d'un face-à-face pour l'Élysée en 2027"Sans leur manquer de respect, les autres partis de gauche ne font pas la même chose que nous. Nous, on essaie de gagner la présidentielle. Eux, ils sont dans une compétition essentiellement déterminée par des enjeux internes", cingle le député Manuel Bompard, coordinateur de LFI. La difficulté, pour Jean-Luc Mélenchon, sera de continuer à apparaître comme un candidat de rupture, tout en arrondissant les angles pour rassembler au-delà des convaincus. Car sa personnalité, ses discours passés ainsi que certaines positions politiques radicales et clivantes, continuent d'agir comme un repoussoir pour une partie de l'électorat de gauche et du centre, qu'il aura besoin de séduire, s'il veut devenir président.
Pléthore de prétendants
Partant de ce constat, d'aucuns affichent, plus ou moins haut, leur ambition de porter le flambeau d'une gauche réformiste plus à même de faire consensus et d'aller chercher des voix au-delà de son étiage. Candidate malheureuse du PS en 2012, Ségolène Royale a dit vouloir prendre part à la primaire, de même que le jeune député socialiste de l'Eure, Philippe Brun. Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, estime que sa candidature ne serait pas "illégitime". Le député de l'Essonne, Jérôme Guedj y pense. Karim Bouamrane, le maire de Saint-Ouen, aussi.
Mais cette primaire aurait-elle lieu d'être s'il apparaissait que Raphaël Glucksmann (crédité d'environ 10 % des intentions de vote) est le candidat le plus crédible de la gauche "non mélenchoniste" ? En se déclarant dès la fin du mois d'août, le député européen, cherche-t-il à couper l'herbe sous le pied des prétendants socialistes, en prenant dans les enquêtes d'opinion un avantage qu'il espère décisif ? Et notamment sur l'ancien président de la République (2012-2017), François Hollande qui, s'il n'entend pas participer à la primaire, entretient l'idée (chimérique ?) d'incarner, le moment venu, le candidat providentiel. Ce qui ni l'un, ni l'autre, ne parviendront jamais à être aux yeux des partisans de LFI.
Raphaël Glucksmann : "Notre sentiment d'être éternel, c'est ce qui mine la démocratie, ce qui permet la corruption"Les verts se tâtent
La question demeure : comment réconcilier des gauches "irréconciliables" pour conserver un espoir de prendre l'Elysée ? Les Écologistes se tâtent pour savoir ce qu'il conviendrait de faire. Faut-il maintenir la candidature de Marine Tondelier, leur cheffe de file, au risque de disperser les voix de la gauche et empêcher un de ses candidats de défier le RN au second tour ?
Vendredi, à l'université d'été du parti, à Grenoble, Marine Tondelier a dit vouloir mener "une campagne écologiste", plutôt que se ranger dès à présent derrière l'étendard de Jean-Luc Mélenchon – comme le préconise la députée Sandrine Rousseau – ou de Raphaël Glucksmann – comme le souhaite l'ex-candidat Yannick Jadot. Marine Tondelier n'en appelle pas moins à l'union des gauches pour éviter de "perdre chacun de son côté une élection que nous pouvons gagner ensemble". Et d'ajouter : "Notre responsabilité est de nous mettre, chacun, au service de quelque chose de plus grand que notre propre organisation".
Le message sera peut-être entendu. Probablement très diversement interprété, par les différentes composantes du spectre de la gauche française.
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