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Ce n’est pas la fin d’année qu’espérait la société sud-coréenne Innospace. Pour sa toute première tentative de vol orbital, la startup avait déployé un lanceur léger au Brésil. Hélas pour le new space coréen, la fusée Hanbit-Nano a été perdue quelques minutes après le vol.
L’espace est difficile, dit-on, et parfois le challenge s’avère un peu trop ardu à passer. C’est ce qui s’est passé ce mardi 23 décembre 2025, au centre de lancement d’Alcântara (Brésil). La journée devait voir la startup sud-coréenne Innospace passer un gros jalon dans son histoire, avec le vol inaugural de son petit lanceur Hanbit-Nano.
Hélas, les choses ont mal tourné. Sa mission, intitulée Spaceward, n’a pas réussi à dépasser les hautes couches de l’atmosphère : dans les minutes qui ont suivi le décollage sur le pas de tir, la fusée légère a fini par exploser en plein vol, entraînant au passage la perte de sa charge utile — des cubesats et des appareils expérimentaux.

Le mur du « Max Q » a été fatal
Les choses semblaient pourtant bien s’enchaîner, malgré un léger retard sur l’horaire initialement prévu (l’envol a eu lieu dans la nuit brésilienne, à 01h13 au lieu de 00h30). Les moteurs du lanceur se sont allumés sans encombre et la structure haute de 21,8 mètres s’est arrachée à la gravité terrestre, avec une ascension paraissant nominale.
C’est au moment d’atteindre le « Max Q » que le scénario a basculé. C’est un passage délicat pour toutes les fusées, car c’est le moment de la zone de pression dynamique maximale. Ici, les forces aérodynamiques qui s’exercent sur le lanceur sont les plus intenses. Et c’est là que le véhicule a connu une défaillance catastrophique.
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C’est peu après l’affichage du message « Passing Max Q » que les données de télémétrie ont envoyé la mauvaise nouvelle au centre des opérations. Un message ultérieur et explicite, a ensuite été affiché à l’écran : « nous avons rencontré une anomalie pendant le vol ». En clair, un « désassemblage rapide imprévu » (RUD).
Les observateurs indépendants ont également pointé l’issue fatale pour la startup. L’astrophysicien Jonathan McDowell a confirmé le lancement, mais le journaliste spécialisé Andrew Jones a relevé que la mission « s’est finie dans un feu d’artifice », entrainant la perte de ses huit charges utiles, tout comme China ‘N Asia Spaceflight.
https://twitter.com/CNSpaceflight/status/2003357841957224504
Un saut technologique manqué
Cet échec marque un coup d’arrêt significatif pour Innospace, car la startup entendait changer de dimension après un essai encourageant fait en 2023. À l’époque, l’entreprise avait réussi un vol avec son démonstrateur Hanbit-TLV. Il s’agissait cependant d’un vol suborbital, un « simple » saut. Deux ans plus tard, il s’agissait de changer d’échelle.
Le Hanbit-Nano devait donc franchir une sacrée marche, en réussissant à satelliser les charges utiles vers une orbite héliosynchrone, sur une orbite terrestre basse. Le challenge est plus dur, car il faut gérer deux étages et leur séparation (le Hanbit-Nan en a deux, contrairement au Hanbit-TLV), et avoir une propulsion plus endurante.
Les ingénieurs d’Innospace vont désormais s’atteler à l’analyse des débris et des données récupérées par la télémétrie pour saisir qu’est-ce qui a été fatal. Une structure trop fragile ? Un pépin dans la motorisation hybride ? Viendra ensuite le temps de remettre l’ouvrage sur le métier, car la conquête spatiale se construit aussi par ces échecs.
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