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Les gouvernements passent, les déficits restent et les Français héritent maintenant d’une facture devenue gigantesque.
Le ministre de l’Économie Roland Lescure l’a lui-même reconnu devant l’Assemblée nationale : « la charge de la dette pour l’État représentait 52 milliards d’euros en 2025 et s’élèvera à 64 milliards d’euros en 2026 ».
Douze milliards supplémentaires en un an. Voilà une augmentation qui, contrairement aux salaires, ne semble rencontrer aucun plafond.
Plus de 1 250 milliards de dette supplémentaire depuis 2017
Le décor permet de comprendre la taille de l’addition. Selon les dernières données disponibles de l’Insee, la dette publique française atteignait 3 536,1 milliards d’euros fin mars 2026, soit 117,5 % du PIB.
Au deuxième trimestre 2017, au moment de l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Élysée, elle tournait autour de 2 281 milliards. La différence dépasse donc 1 250 milliards d’euros.
Selon la version officielle, tout ne peut pas être posé sur le bureau d’Emmanuel Macron : le Covid, les dispositifs de soutien aux entreprises, la crise énergétique ou l’inflation auraient pesé lourd. Mais après presque neuf années de pouvoir, l’argument de l’accident temporaire commence à avoir les pneus lisses. Les déficits ont continué, la dette également.
La dette mange désormais le budget
Le piège est assez simple. Pendant des années, la France a pu emprunter à des taux extrêmement faibles. Cette époque est terminée. Lorsque les anciennes obligations arrivent à échéance, l’État doit en émettre de nouvelles à des taux beaucoup plus élevés. La montagne de dette n’a donc pas besoin de grossir pour devenir plus chère. Mais comme elle continue de grossir, les deux phénomènes se cumulent.
Sur les six premiers mois de 2026, les intérêts versés sont déjà passés de 29,2 milliards à 34,5 milliards d’euros par rapport à la même période de 2025.
Et la suite ne sent pas franchement l’embellie. Bercy estime désormais que la charge pourrait continuer à grimper fortement dans les prochaines années. Autrement dit, une part croissante des impôts futurs servira à régler les dépenses passées.
Une erreur de gestion ou un choix assumé ?
A-t-on volontairement creusé la dette ? Impossible de l’affirmer sérieusement. En revanche, une chose est documentée : les gouvernements successifs connaissaient parfaitement la trajectoire des finances publiques et ont poursuivi des politiques déficitaires.
On peut donc discuter longtemps de l’intention. Le résultat, lui, tient sur une ligne : plus de 3 500 milliards d’euros de dette et environ 64 milliards d’intérêts attendus en 2026.
La Macronie promettait de transformer la France. Sur un point, la transformation est incontestable : la dette d’hier est devenue l’un des plus gros budgets d’aujourd’hui. Et contrairement à une école ou un hôpital, on ne pourra même pas l’inaugurer avec un ruban tricolore.


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