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Bernard Bazinet, élu socialiste en Dordogne, doit être convoqué par la préfète. À l’issue, il pourrait être suspendu voire révoqué.
Passer la publicité Passer la publicitéLe maire d’Augignac, en Dordogne, pourrait-il être suspendu, ou même révoqué ? Une telle sanction, extrêmement rare, est envisagée par le ministre de l’Intérieur, a appris Le Figaro confirmant une information de Libération . Laurent Nunez «condamne fermement les propos tenus par le maire d’Augignac. Il estime par ailleurs que ce maire ne possède plus l’autorité morale nécessaire à l’exercice de ses fonctions», indique Beauvau. En cause, des propos antisémites tenus par l’édile socialiste Bernard Bazinet. Le 4 décembre, le maire de cette commune de 825 habitants, avait commenté «Oui au boycott ! La France est trop youpine pour boycotter !» sous une publication Facebook du journal Libération consacrée à la participation d’Israël à l’Eurovision, dont l’édition 2026 est menacée de boycott par plusieurs pays.
Exclu du Parti socialiste dans la foulée, Bernard Bazinet a dit à l’AFP «accepter la décision même si [s]es propos exacerbés visaient plutôt l’absence de réaction forte vis-à-vis de la politique de Benyamin Netanyahou», le premier ministre israélien. Et d’ajouter : «C’est un commentaire qui a dépassé complètement ma pensée. J’étais hors de moi par rapport à ce que je pouvais lire dans des reportages sur la Palestine. Quand j’ai vu que la France avait accepté la participation d’Israël, ça m’a amené à réagir de façon conne. Je n’avais pas forcément conscience que le terme, qui pour moi était argotique, avait des relents antisémites.»
Six maires révoqués sous la Ve République
Le ministre «a donc demandé à la préfète de la Dordogne d’entendre le maire pour lui faire part de la gravité de ses propos, incompatibles avec sa qualité de maire. Il envisage par la suite de prendre des sanctions qui peuvent aller de la suspension à la révocation». Ces deux sanctions sont prévues par le code général des collectivités territoriales. La suspension des maires et adjoints peut être prononcée par arrêté ministériel à l’issue d’une procédure contradictoire durant laquelle le mis en cause «fournit des explications écrites sur les faits qui lui sont reprochés». Elle ne peut excéder un mois. Ils peuvent également être révoqués «par décret motivé pris en conseil des ministres».
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En France, seuls six maires ont été révoqués sous la Ve République. Le dernier à avoir essuyé une telle sanction est Stéphane Sieczkowski-Samier, maire d’Hesdin, dans le Pas-de-Calais, en 2019. Élu en 2014 à seulement 22 ans, il a été impliqué dans plusieurs affaires dont une de détournement de fonds publics pendant son mandat. Il était également visé par d’autres enquêtes le soupçonnant d’acquisition d’armes de troisième catégorie, de prise illégale d’intérêt, et de complicité de faux et usage de faux en écriture publique. Il aurait adressé à la sous-préfecture une fausse délibération du Conseil municipal dans le but de confier la gestion des logements communaux à l’agence immobilière appartenant à sa mère, Christiane Samier. En 2024, il a été reconnu coupable de prise illégale d’intérêts, faux et usage de faux et subornation de témoin, et condamné à 30 mois de prison dont huit mois fermes, aménageables sous surveillance électronique.


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