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Des entreprises française et russe pourraient s'associer dans le cadre de la fabrication de barres et d'assemblages de combustible nucléaire à Lingen, dans le nord-ouest de l'Allemagne. Ainsi, la société Framatome — filiale du groupe énergétique français EDF — exploiterait l'usine allemande en utilisant des composants russes fournis par TVEL — filiale de l'entreprise Rosatom, contrôlée par les autorités russes.
L'Allemagne doit approuver ou non ce plan dans les prochaines semaines et a été la cible d'un important lobbying de la part de Framatome.
Cette collaboration, présentée comme un élément clé pour lutter contre la dépendance européenne aux énergies fossiles, pose toutefois quelques questions concernant les risques d'espionnage et d'atteinte à la sécurité. En effet, les autorités allemandes sont réticentes à l'idée qu'une société russe s'implante sur son territoire.
Au-delà des risques d'espionnage, cette collaboration irait à l'encontre de la volonté européenne de diminuer sa dépendance aux énergies russes, suite à l'invasion de l'Ukraine et aux menaces du Kremlin à l'encontre de certains pays européens.
Face à cette "vulnérabilité majeure", c'est décidé, l'Europe n'achètera plus de gaz russe (dès l'automne 2027 )"L'Allemagne avait autrefois autorisé Gazprom à accéder à des infrastructures énergétiques critiques sur le site de stockage de gaz de Rehden, et s'est retrouvée vulnérable au chantage lorsque Poutine a coupé les approvisionnements en gaz pendant la crise. Nous risquons maintenant de répéter une erreur similaire avec Rosatom si nous accordons à cette entreprise l'accès à une technologie nucléaire sensible pour la production d'éléments combustibles à Lingen", explique Christian Meyer, ministre de l'Environnement de Basse-Saxe, à Politico.
Le gouvernement de Basse-Saxe, en coordination avec le ministère fédéral de l'Environnement, se basera sur plusieurs évaluations venant d'agences fédérales pour se décider. De son côté, la France semble soutenir le projet de manière relativement discrète. "C'est un sujet extrêmement sensible. Ce n'est pas quelque chose que nous cherchons à claironner", déclare un haut responsable français à Politico.
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