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La formation des agents de sécurité est-elle suffisante?

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Les hôpitaux de la Saskatchewan ont de plus en plus recours à des gardiens de sécurité sur leurs sites. Dans les dernières semaines, deux incidents survenus entre des patients et des gardiens de sécurité soulèvent certaines questions quant à la formation nécessaire pour assurer la sécurité dans les établissements de santé.

En décembre, une vidéo montrait des agents de sécurité de l'Hôpital Victoria de Prince Albert renvoyant un homme en fauteuil roulant peu habillé. L'homme a ensuite été retrouvé couché dans la neige, incapable de se relever, alors que les températures atteignaient les -34 degrés.

L'incident a déclenché une enquête. Depuis, les agents de sécurité dans la vidéo, employés par un tiers parti, n’ont plus le droit de travailler sur des sites gérés par l'Autorité de la santé de la Saskatchewan (SAH).

Puis, en janvier, Trevor Dubois, un patient atteint d’un cancer du cerveau et hospitalisé à l’Hôpital royal universitaire de Saskatoon, est mort après l'intervention de la sécurité de l'hôpital employée directement par la SHA.

Alors que le service de police de la ville enquête toujours sur les circonstances entourant le décès, un des agents de sécurité impliqué dans l'incident est suspendu.

La SHA a décliné la demande d'entrevue de CBC/Radio-Canada, mais a déclaré dans un communiqué que tous ses agents de sécurité internes recevaient au minimum 100 heures de formation, ainsi que des formations continues, selon les besoins.

Les agents des services de protection de la SHA sont des agents hautement qualifiés qui assurent la sécurité, la désescalade, l'intervention, la coordination avec la police, le soutien aux équipes cliniques et sont équipés de menottes, peut-on lire dans le communiqué.

Cependant, les agents de sécurité employés par un tiers ne sont pas tenus de recevoir la même formation.

Devenir un agent de sécurité

Pour être un agent de sécurité en Saskatchewan, il est nécessaire d’avoir un permis. Pour l'obtenir, une personne doit être âgée de 18 ans et compléter le Programme pour détectives privés et agents de sécurité (Private Investigator and Security Guard Training) donné par une organisation reconnue par le gouvernement.

Le candidat doit obtenir une note de 75 % ou plus à l’examen administré par le Registre des détectives privés et des agents de sécurité (Registrar for Private Investigators and Security Guards), peut-on lire sur le site Internet du gouvernement.

Dans les faits, le cours est un programme théorique de 40 heures, affirme Steven Summerville, un ancien policier de la Ville de Toronto, devenu instructeur.

Il n’existe pas non plus d’obligation légale en matière de sécurité pour ce type de formation, ajoute l'instructeur.

Elle dépend généralement du budget et des contraintes budgétaires, ainsi que de la portée et des attentes de votre travail, précise M. Sumerville.

Selon le professeur de criminologie à l'Université de l'Alberta, Temitope Oriola, la formation n'est pas adaptée au travail des agents de sécurité qui est de plus en plus exigeant. Il se dit même surpris qu'il n'y ait pas davantage d'incidents.

C'est tout à fait inadéquat.

La formation est incomplète, surtout en milieu hospitalier, juge les deux experts.

Dans le milieu de la santé, Steven Sumerville estime qu'il est nécessaire d'avoir une formation avancée en méthode de désescalade en plus de pouvoir reconnaître et intervenir auprès de personnes présentant des signes d’un problème de santé mentale.

De plus en plus de danger

Récemment, une lettre signée par 200 membres du personnel de l'Hôpital Saint-Paul à Saskatoon relate des incidents violents qui se sont produits pendant trois jours au mois de décembre.

Je pense que beaucoup [d'agents de sécurité] sont très vigilants en raison de la fréquence de nos appels téléphoniques concernant les armes et la violence, croit Melissa McGillivary, infirmière psychiatrique à l'Hôpital Saint-Paul.

Elle rappelle que les agents sont chargés d'assurer la sécurité du personnel, mais aussi celle des autres patients.

Selon l'infirmière, il est important de garder les agents de sécurité qui sont capables d'établir de bonnes relations avec le personnel, ainsi que les patients.

Toutefois, elle souligne le manque de financement et de ressources qui peut inciter le personnel de sécurité à chercher un emploi ailleurs.

Mme McGillivary espère également que des détecteurs de métaux pourront être installés dans les hôpitaux afin d'empêcher l'entrée des armes dans les établissements.

Avec les informations de Halyna Mihalyk

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