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Les difficultés de l'industrie forestière ne freinent pas l'attractivité du Centre de formation professionnelle (CFP) du Pays-des-Bleuets, à Dolbeau-Mistassini, auprès de la relève. La formation séduit jusqu'à l'étranger et accueille chaque année plusieurs élèves venus notamment de France.
La forêt, c'était un domaine qui m’intéressait beaucoup, donc de voir qu’il y a tout ça au Québec, c’était l’occasion de venir, explique Oucan Menez, étudiant en aménagement de la forêt au CFP de Dolbeau-Mistassini.
Ici, au Québec, c’est beaucoup plus industriel qu’en France, donc je voulais découvrir un peu ce monde, ajoute Maxence Piou, également étudiant au sein du programme.
Entre fragilité et perspectives
Malgré le ralentissement de l’industrie, causé notamment par la guerre commerciale entre le Canada et les États-Unis, le taux de placement pour les étudiants issus d’un CFP ou d’une technique au Québec est en moyenne de 65 %, selon les statistiques du gouvernement du Québec.
Dès février et mars, les entrepreneurs forestiers se mobilisent pour recruter des stagiaires, sollicitant régulièrement les enseignants afin d'assurer la relève.

La formation aménagement de la foret séduit jusqu'à l'étranger, accueillant chaque année des dizaines d'élèves venus notamment de France.
Photo : Radio-Canada / Frédérica Fortin-Foster
Des crises en foresterie, il y en a tous les 20 ans depuis toujours. C’est certain que nous sommes dans une période de crise, nous voyons des fermetures de scieries et d'usines un peu partout, mais on a aussi un phénomène de rareté de la main-d’œuvre, affirme Jérôme Fontaine, enseignant en aménagement de la forêt au CFP de Dolbeau-Mistassini.
La raison? Une vague massive de départs à la retraite combinée à une importante pénurie de main-d’œuvre. Malgré les difficultés ambiantes, comme les tarifs, l’accessibilité aux ressources, les feux de forêt ou encore les coûts de production, les étudiants restent convaincus de décrocher un emploi à la sortie de leur formation.
Les professeurs nous disent qu’il y aura beaucoup de travail et que les employeurs sont actuellement beaucoup en recherche d’employés parce qu’il manque plusieurs travailleurs dans le milieu, explique Paul Morineau, lui aussi étudiant dans ce domaine.

Jérôme Fontaine est enseignant en aménagement de la forêt au CFP de Dolbeau-Mistassini.
Photo : Radio-Canada / Frédérica Fortin-Foster
Son camarade de classe, Swan Duproyer, a ajouté pour sa part être un peu préoccupé par les enjeux, mais est optimiste quant à l’avenir du domaine. J’ai beaucoup entendu parler des enjeux, notamment les feux de forêt et tout ça. Le discours m’inquiète un petit peu.
Appel à l'action
Les enseignants et élèves en profitent d’ailleurs pour lancer un message clair au nouveau gouvernement du Parti québécois : que celui-ci mette la forêt au cœur des priorités.
De toute évidence, l'industrie forestière a besoin d’un bon coup de pouce et, à l’échelle régionale, on est beaucoup sensibilisés sur la question. On connaît tous de près ou de loin quelqu’un qui travaille dans une scierie ou une papetière et on est tous un peu inquiet, mais quand on regarde dans les grands centres, c’est peut-être un peu moins intéressant de parler de forêt. On a des attentes parce que la forêt, c'est tellement important, souligne M. Fontaine.


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