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Si certains se contentent d’afficher leur soutien pour le Canadien de Montréal avec un petit drapeau sur leur voiture, d’autres mettent les bouchées doubles. C’est le cas dans la communauté innue de Uashat mak Mani-utenam, où la fièvre des séries envahit les salons, les cuisines et même les écoles.
À Uashat, difficile d’ignorer les bannières et drapeaux qui recouvrent la demeure de Denis Michel et Marie-Marthe Fontaine. Que ce soit pour Noël ou l’Halloween, le couple ne fait jamais les choses à moitié, et la saison de hockey ne fait pas exception.
À l’intérieur, tout y passe : des tasses aux draps, en passant par le grille-pain, c’est le Tricolore qui donne le ton.

Le café du matin a meilleur goût dans les couleurs du Tricolore, selon Denis Michel.
Photo : Radio-Canada / Lucas Sanniti
Pour Denis Michel, ce décor est tout à fait représentatif de sa passion pour le Canadien de Montréal. À 78 ans, il cumule plus de sept décennies de loyauté à crier Go Habs, Go!.
Quand j’étais jeune, il y avait juste trois maisons qui avaient des TVs dans la communauté, se remémore l’aîné. Pour aller regarder une game de hockey, il fallait payer 10 cents au voisin!

Même la chambre à coucher de Denis Michel n'échappe pas à la fièvre des séries.
Photo : Radio-Canada / Lucas Sanniti
Un décor partisan
Son épouse, Marie-Marthe Fontaine, n’est peut-être pas une aussi grande partisane, mais c’est pourtant elle qui donne vie au décor de la maison. La victoire des Canadiens en Floride dimanche dernier a d’ailleurs mérité un petit défilé devant la demeure du couple.

Marie-Marthe et Denis partagent leur ferveur pour le Canadien depuis leur demeure de Uashat.
Photo : Radio-Canada / Lucas Sanniti
On se promenait avec la coupe!, lance Marie-Marthe. Il pleuvait, mais les enfants étaient contents. Ils nous voyaient avec la coupe, ils souriaient et tapaient des mains.
Souvent, [les jeunes] viennent et me disent : "Madame, c’est très beau, vos décorations, ne lâchez pas". Je fais ça pour eux, les décorations, pour les enfants.
Compter des buts
À quelques kilomètres plus à l’est, l’enthousiasme du hockey ne faiblit pas. À l’école primaire Tshishteshinu de Mani-utenam, les murs sont tapissés du logo des Canadiens de Montréal. Une réplique de la coupe Stanley faite en papier d'aluminium trône même au milieu du hall d'entrée.

Une réplique de la coupe Stanley artisanale trône fièrement dans le hall d'entrée de l'école.
Photo : Radio-Canada / Lucas Sanniti
Selon l’éducateur spécialisé, Keven Boulay, le hockey est bien plus qu’un sport entre les murs de l’école, autant pour les élèves que pour les enseignants. Après la récente victoire du Bleu-blanc-rouge, l’ambiance frôlait l’hystérie.
Tout le monde se promenait avec leurs chandails du Canadien, ça ne parlait que de la game, rapporte-t-il. On le ressentait avec les jeunes aussi, ils étaient plus contents de venir à l’école, de partager ça avec nous autres. C'était vraiment intéressant de voir à quel point ça venait nous unir.

L'éducateur Keven Boulay constate l'effet rassembleur du hockey sur la motivation des jeunes élèves.
Photo : Radio-Canada / Lucas Sanniti
Un constat que partage Catherine Drouin, enseignante de première année à l’école Tshishteshinu. Bien qu’elle ne partage pas cette fièvre avec ses élèves, elle reconnaît l’importance de suivre leurs intérêts.
Par exemple, ce matin, j’ai fait une activité de mathématiques avec les numéros des joueurs. J’essaie d’inclure ça dans mon enseignement parce que ça les motive.
Pour ce qui est du match de mercredi soir contre les Sabres de Buffalo, Denis Michel n’a pas l’intention de le regarder; une autre passion deviendra sa priorité.
Moi, je vous dis la vérité : je suis un gars qui aime le bingo, lance-t-il avec un rire gras.
Avec la collaboration de Mathieu Pineau


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