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En transformant les rues de Montréal en piste de course, les Championnats du monde de cyclisme sur route UCI ont donné un bon coup de pédale aux marques et aux détaillants de vélo de la métropole. Ces derniers espèrent que la fièvre du vélo laissera des traces bien après le passage du peloton.
« Beaucoup de touristes, des cyclistes surtout, sont passés à la boutique depuis le début des Mondiaux. Ils voient des produits, des marques qu’ils n’ont pas dans leur pays et achètent. Des accessoires surtout », raconte Gervais Rioux, à la tête du magasin spécialisé Cycles Gervais Rioux.
Il faut dire que sa boutique bénéficie d’un emplacement de premier choix sur l’avenue du Parc, à quelques centaines de mètres de la ligne d’arrivée des Mondiaux, qui se déroulent du 20 au 27 septembre.
On y trouve notamment les maillots officiels de l’événement, fabriqués par la marque italienne Santini. M. Rioux a dû en commander à trois reprises au cours du dernier mois pour répondre à la forte demande. « Ce sont des maillots à plus de 150 $. Ça représente des ventes que je n’aurais pas nécessairement eues sans l’accueil des Mondiaux », reconnaît-il.
D’autres marques québécoises de vêtements de cyclisme ont elles aussi profité de l’occasion pour lancer des collections à l’effigie de Montréal. C’est le cas de Mill Cycling ou encore du Braquet.
Cette dernière, qui a fait appel à la créativité de l’artiste LeBicar, a vendu maillots, casquettes et chaussettes en un temps record. « On avait peut-être 250 personnes au lancement et, en 24 heures, on avait quasiment tout vendu. C’est du jamais-vu pour nous », confie Marc-Antoine Greco, copropriétaire de l’entreprise lancée en 2018.
L’habituelle vente de fin de saison du Braquet, organisée chaque année à la fin août, a par ailleurs connu une hausse de 105 % des ventes par rapport à l’été 2025. « C’est vrai que notre entreprise est en croissance constante, mais je pense qu’il y a quand même un lien à faire avec les championnats », croit-il.
De nouveaux besoins
Du côté des détaillants de vélos, il est toutefois trop tôt pour mesurer l’effet des Mondiaux sur les ventes. « Ce n’est pas parce qu’il y a des Championnats du monde que tu t’en vas dans un magasin changer ton vélo. Mais ça va peut-être venir, après coup », laisse tomber le président de Bicycles Quilicot, Marc-André Lebeau.
Selon lui, le vélo de route est un marché où l’image des professionnels — et donc des marques qui les habillent et les équipent — pèse lourd dans les décisions d’achat des consommateurs. « Les gens sont très influencés par les marques, ça va leur donner envie d’acheter les lunettes d’untel, le casque ou le maillot d’un autre », indique-t-il.
Les performances des athlètes pourraient aussi inciter certains amateurs à améliorer leurs propres statistiques et à s’équiper en conséquence. Depuis quelques années déjà, les commerces du secteur constatent un intérêt grandissant, particulièrement chez les jeunes générations, pour les outils permettant de mesurer leur puissance, leur vitesse ou encore leur capacité respiratoire. Les mondiaux pourraient donc accentuer la tendance.
« Avec les championnats, les meilleurs cyclistes du monde vont rouler sur la voie maritime et faire la montée Camillien-Houde. Ça va donner des repères, des points de comparaison, et pousser des cyclistes amateurs à se dépasser », croit Laurent Gagnon, propriétaire de Cycles Campus, à Verdun.
De nouveaux adeptes
De l’avis des intervenants contactés par Le Devoir, l’événement, accessible gratuitement au grand public, pourrait aussi donner la piqûre à plusieurs et encourager des jeunes à s’inscrire dans des clubs cyclistes, créant ainsi de nouveaux adeptes dans les années à venir.
Lorsque Montréal avait accueilli ses derniers Championnats du monde de cyclisme sur route, en 1974, l’événement avait contribué à faire progresser la pratique du vélo au Québec dans les années suivantes, rappelle Gervais Rioux.
« Samedi passé, avant le déclenchement de la compétition, il y a eu plus de 6000 personnes qui ont fait le parcours, indique-t-il. Ce ne sont pas des athlètes, ce sont surtout des amateurs, des familles, des curieux qui aiment le vélo et pourraient se mettre à en faire plus souvent et plus sérieusement. »


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