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Une nouvelle initiative financée par le ministère fédéral de l’Immigration vise à « remettre les pendules à l’heure » quant à la réalité de l’immigration francophone en milieu minoritaire au Canada. Car certaines missions de recrutement à l’étranger ne présenteraient pas clairement les défis liés à ce choix, selon la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA).
« On ne veut pas que les gens qui immigrent au Canada soient déçus », affirme d’emblée le directeur général de la FCFA, Alain Dupuis.
Le gouvernement du Canada s’est félicité en début d’année d’avoir atteint ses cibles d’immigration francophone hors Québec. En 2025, 8,9 % de toutes les nouvelles résidences permanentes au Canada ont été accordées à des francophones installés en milieu minoritaire.
Ce fait a été célébré au sein de la francophonie canadienne, qui martèle depuis de nombreuses années que son rétablissement démographique passe par l’immigration. Mais encore faut-il que ces gens décident de rester dans les milieux qui les ont accueillis et qu’ils réussissent à s’intégrer, rappelle M. Dupuis.
Le recrutement de personnel à l’étranger est courant dans plusieurs milieux, et le fédéral offre une voie rapide vers la résidence permanente aux gens qui choisissent de s’installer en français au Canada ailleurs qu’au Québec. Reste qu’une personne qui décide de s’installer au Nouveau-Brunswick ne fera pas face aux mêmes difficultés d’intégration que quelqu’un qui choisit la Colombie-Britannique, par exemple. Mais cette réalité n’est souvent pas évoquée clairement dans les missions de recrutement, raconte M. Dupuis. « On l’a vu nous-même », témoigne-t-il.
« On fait de la promotion pour les emplois où on a de la pénurie de main-d’œuvre, ce qui est très bien, mais il faut que les personnes aient pleine connaissance de la situation », dit-il, en évoquant les différentes réalités linguistiques au Canada. D’autant plus que, « souvent, les gens ont besoin de l’anglais pour s’intégrer économiquement ailleurs qu’au Québec », admet-il.
Sensibiliser et informer
Selon la FCFA, il y a une soif claire d’information fiable, car les personnes qui viennent de pays francophones et qui veulent s’installer au Canada ne se font pas toujours expliquer clairement la situation linguistique du pays, explique-t-il.
Même son de cloche du côté d’Hélène Archambault, professeure à l’Université de Saint-Boniface, au Manitoba. Elle et son équipe ont rencontré une soixantaine de personnes dans le cadre d’une étude sur les expériences d’immigration en milieu francophone minoritaire, et leurs conclusions sont claires. « Il est essentiel que toute personne immigrante soit bien informée des réalités du contexte dans lequel elle immigre », dit-elle, d’autant que les problèmes qu’ont eus les gens qu’elle a rencontrés étaient nombreux et parfois importants.
La FCFA travaillera dans les prochains mois avec des immigrants originaires du Cameroun, du Maroc et de l’île Maurice, entre autres, pour développer des outils d’information pour expliquer « de manière transparente les défis et les possibilités liés à l’immigration » en milieu francophone minoritaire.
Ce reportage bénéficie du soutien de l’Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada.


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