NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Les partis politiques au Québec s’activent pour égrainer les annonces de candidature. Un futur ministrable de la Santé ou de la Justice par-ci, une artiste ou un sportif par-là. Tous les spins sont permis pour créer une manchette en cette période préélectorale.
On saura plus tard de quoi sera faite la brochette de candidats de chaque parti. On analysera le ratio homme-femme, la diversité des profils et des expériences. On verra qui a le meilleur duo ou trio économique. Inévitablement, des candidats mettront leur chef sur la défensive pour des déclarations présentes ou passées.
Cet été, vous verrez les chefs multiplier les barbecues et venir faire leur tour à Saint-Tite avec bottes et chapeau. Ce n’est là que la surface de la précampagne. Car il y a un travail très sérieux qui se fait normalement déjà en coulisses. Cette tâche qui se fait discrètement, en très petit comité, c’est la préparation à la transition gouvernementale.
Si un parti qui aspire au pouvoir en octobre prochain n’a pas déjà mis en place son comité de transition, c’est qu’il n’est pas sérieux. Préparer une transition ne veut pas dire qu’on est arrogant au point d’être certain de gagner, c’est assurer la continuité du pouvoir et être prêt à gouverner dès le jour 1.
Tous les premiers ministres vous diront que la joie de la victoire est de courte durée. La réalité du pouvoir rattrape vite le gagnant : formation du cabinet, traduction de la plateforme électorale en priorités législatives, instructions à la fonction publique, lettres de mandat aux ministres, relations diplomatiques, nominations diverses, choix des chefs de cabinet et état des finances publiques.
On l’a vu avec Christine Fréchette, qui a eu une équipe consacrée à gagner la course à la chefferie, et une autre à préparer les premières semaines de la future première ministre. Le calendrier des annonces, ses déplacements et ses voyages à Washington et à Paris : tout cela ne s’est pas fait du jour au lendemain après sa victoire à la chefferie.
En septembre 2024, le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, avait confirmé les informations du Bureau parlementaire du Journal de Québec selon lesquelles il préparait la transition, deux ans avant l’élection. Ma réaction à l’époque avait été de dire que c’était tôt, mais qu’il avait raison de le faire. J’imagine que l’équipe de Charles Milliard réfléchit aussi à ces questions. Le travail de transition doit être pensé et exécuté avec la même discipline que celle qui encadre la pratique des débats.
Il y a aussi une réalité méconnue à prendre en compte : ce n’est pas toujours l’équipe qui vous aide à gagner une élection qui est la meilleure pour vous aider à gouverner. Bien sûr, certaines personnes font les deux, mais ça n’exige pas les mêmes aptitudes. Et pendant qu’une équipe accompagne le chef dans l’autobus de campagne et gère la crise du jour, une autre prépare la suite. C’est le comité de transition.
Et s’il y a une chose dont on devrait s’inspirer des États-Unis, c’est bien celle-là.
Là-bas, la Loi sur la transition présidentielle de 1963 crée une structure formelle, qui prévoit des équipes de transition, avec des ressources financières et logistiques, et ce, avant même la tenue des élections, parfois dès le printemps.
Au Canada, lorsqu’il y a un changement de gouvernement, le processus est géré par les fonctionnaires, avec une période de transition de deux semaines. En 2015, le premier ministre Justin Trudeau a ainsi pris ses fonctions le 4 novembre, à la suite des élections du 19 octobre.
La réalité est qu’il n’y a pas de manuel pour préparer et réussir une transition. Cette tâche doit être confiée à des personnes qui ont déjà exercé le pouvoir dans un gouvernement, qui connaissent ses mécanismes et ses structures. Dans Confidences politiques. Incursion dans l’entourage de nos élus de Marc-André Leclerc, Catherine Loubier parle de ce rôle et de sa préparation lorsqu’elle a occupé cette fonction pour le candidat François Legault, avant la victoire de la Coalition avenir Québec (CAQ).
Pour avoir aussi discuté de ce sujet avec l’ancien conseiller de Justin Trudeau, Gerald Butts, ainsi qu’avec d’anciens conseillers de Stephen Harper, il y a très peu de discussions entre anciens et nouveaux conseillers politiques lors d’une transition. C’est très administratif. Le nouveau gouvernement se fie aux cahiers de transition préparés par les fonctionnaires, mais ils manquent souvent de couleur et de contexte politique. C’est à mon avis une occasion ratée. Les fonctionnaires tentent aussi parfois d’y imposer subtilement leurs préférences.
Quelques mois après les élections de 2015, j’ai croisé un nouveau ministre qui connaissait mes anciennes fonctions. Il m’a posé des questions sur un dossier d’actualité. Je lui ai résumé l’historique et l’évolution de la situation, ainsi que les arbitrages politiques qui avaient prévalu. Rapidement, j’ai compris qu’il s’agissait d’informations qu’il ne possédait pas. Certes, il avait été « briefé » durant la transition, mais disons que ç’avait manqué de couleur politique. Quelques jours plus tard, j’ai remarqué que ses déclarations publiques avaient évolué. Avait-il fait vérifier mes informations ou demandé des précisions aux fonctionnaires ? Je l’ignore. Ce n’était peut-être qu’une coïncidence.
Si la CAQ perd le gouvernement, c’est tout un savoir institutionnel qui va quitter d’un seul coup. Certes, le nouveau gouvernement aura son programme et ses priorités. Mais il gagnerait à s’entretenir avec ses prédécesseurs et à organiser aussi une transition entre ministres et conseillers politiques. Je ne connais pas un ancien ministre ou conseiller politique qui n’a pas le respect de la fonction.
Après tout, même le premier ministre Carney a admis consulter l’ancien premier ministre Harper. Les partis passent des années à préparer une victoire électorale. Ils devraient consacrer autant d’énergie à préparer de quoi sera fait le lendemain matin.


2 week_ago
50



























.jpg)






French (CA)