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À Winnipeg, la demande pour les programmes d’aide alimentaire est en pleine croissance, alors qu'un nombre grandissant de Manitobains subit les contrecoups de la hausse du coût de la vie.
Eleanor Caswell, une retraitée de 72 ans, a attendu plus de trois heures jeudi dernier pour obtenir ses provisions à la banque alimentaire de la Chalmers Neighbourhood Renewal Corporation, à Elmwood.
Ça m'aide à tenir pour ne pas avoir à m'en priver, car sinon, je m'en passerais, confie-t-elle.
Tous les jeudis depuis le mois d’octobre, cet organisme communautaire organise une journée de lutte contre le gaspillage alimentaire et distribue du pain récupéré ainsi que des produits frais aux résidents du quartier.
La nourriture est fournie par la Community Helpers Unite, un organisme à but non lucratif de récupération alimentaire qui recueille les surplus et les invendus auprès d'entreprises, de restaurants et d'épiceries.
Fondé en 2021, il approvisionne plus de 40 organismes à Winnipeg et 13 communautés des Premières Nations dans le sud-est, le centre et le nord du Manitoba.
Selon la directrice générale de la Chalmers Neighbourhood Renewal Corporation, Leilani Esteban-Villarba, la demande pour ce programme a doublé : le nombre de personnes venant récupérer des sacs d'épicerie est passé de 400 au début de l’été à plus de 800 aujourd'hui.
Des gens qui n'ont jamais eu recours aux banques alimentaires se tournent vers elles simplement pour maintenir un niveau de vie de base, et c'est révoltant.
De son côté, la directrice de la Community Helpers Unite, Brandy Bobier, estime que le gouvernement devrait soutenir davantage la population manitobaine face à la flambée de l'inflation.
Stratégie nationale de sécurité alimentaire
En juin, le Manitoba affichait l’un des taux d’inflation alimentaire les plus élevés au pays (5 %), tout juste derrière la Saskatchewan (5,1 %), selon Statistique Canada.
La province a également enregistré la troisième hausse des prix pour les légumes frais en importance à l'échelle nationale (10,9 %), derrière l’Alberta (13,6 %) et la Saskatchewan (12,1 %).
Le gouvernement fédéral a annoncé en juin dernier une stratégie alimentaire nationale assortie d’un investissement de 3,2 milliards de dollars sur 10 ans pour freiner la hausse des prix et renforcer la souveraineté alimentaire du pays.
Ottawa prévoit notamment de déployer des carrefours et des terminaux alimentaires afin d’aider les épiciers indépendants à rivaliser avec les grands détaillants, en leur permettant d’acheter directement auprès des producteurs et transformateurs à des tarifs plus avantageux.

Dans le cadre de la stratégie alimentaire nationale. Ottawa prévoit la création de terminaux alimentaires pour aider les épiciers indépendants à rivaliser avec les grands détaillants. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Arlyn McAdorey
Sylvain Charlebois, directeur du Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire de l’Université Dalhousie, juge que cette initiative pourrait être salutaire pour la province. Le Manitoba est très axé sur les marchés internationaux, mais, avec ces carrefours, on réoriente en quelque sorte l'attention vers les besoins intérieurs, dit-il.
Par ailleurs, l'expert soutient que la province devrait investir davantage dans le transport durable pour accroître sa résilience face à la volatilité des marchés.
Avec les informations de Rosanna Hempel


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