L’annonce ce jeudi du projet de budget de l’Etat français pour 2027 relève de la rustine. Comme ses prédécesseurs, le gouvernement souligne la gravité de la situation des comptes publics et des intérêts de la dette. Il aligne quelques mesures pour commencer à y remédier. Mais il assume aussi qu’il se base dans ses prévisions sur un déroulé très optimiste des mois qui viennent. La situation internationale pourrait bien empêcher de tenir ces objectifs. Et, surtout, la campagne présidentielle française laisse augurer le pire.
Premièrement, ce budget a toutes les chances de ne pas passer le cap de l’Assemblée nationale dans un paysage politique chauffé à blanc par des partis qui jouent avant tout la carte de l’opposition radicale, porteuse dans les sondages. Et deuxièmement – le gouvernement l’a même prévu par sa manière de rédiger ces textes «réversibles» –, le prochain président ou la prochaine présidente de la République (surtout s’il s’agit de Marine Le Pen ou de Jean-Luc Mélenchon) devra certainement revenir sur la plupart de ces économies dès le jour de son élection. Les promesses des programmes actuels mènent en grande majorité à davantage de dépenses malgré l’évidente menace que fait peser l’énorme dette française. Dans ce budget, la «réversibilité» de certaines mesures est faite pour que le prochain chef de l’Etat puisse les annuler en fonction du «programme sur lequel il a été élu». Ça promet…
Lire aussi: Le gouvernement français présente son très tendu budgetLevée de boucliers
La spirale de la dette et des déficits français est donc bien partie pour continuer à vriller. Et ce sont finalement les électeurs dans le déni qui l’auront voulu. Chaque baisse de dépense et chaque hausse d’impôts provoquent effectivement une levée de boucliers qui semble insurmontable. Celui qui veut exister dans cette campagne électorale doit promettre de donner davantage et de prendre moins.
Lire aussi: Dette de la France: tous les tabous seront visésPendant ce temps, les lycées brûlent car leurs élèves demandent plus de moyens, les pompiers, les agriculteurs, les pêcheurs et les Gilets jaunes réclament des aides face aux sécheresses et aux prix des carburants qui s’envolent. Les candidats à la présidentielle jettent de l’huile sur ces feux par opportunisme et, confortée dans ses demandes par ces représentants qui lui font croire que l’argent magique peut exister, l’opinion publique persiste à vouloir marcher vers le gouffre. L’aveuglement ne mènera peut-être pas à une nouvelle crise grecque, la France ayant d’autres arguments à faire valoir. Mais la dégradation peut s’emballer et imposer un déclassement et de très douloureuses réformes.
Une chronique: La présidentielle française à un drone mortel de la sortie de route

7 hour_ago
31




















.jpg)






French (CA)