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Le déploiement de l'équipe volante publique en santé est renouvelé jusqu'en 2028. Si cette mesure était initialement prévue comme une solution d'urgence à la pénurie de main-d'œuvre dans certaines régions, des acteurs du milieu craignent qu’elle ne devienne une solution permanente.
Selon le président du Conseil des médecins, des dentistes et des pharmaciens de la Côte-Nord, Youssef Ezahr, la région est aujourd’hui dépendante de l’équipe volante. Les effectifs de l’équipe volante déployés au CISSS de la Côte-Nord ont presque doublé en un an, passant de 103 personnes en février 2025 à 188 en mars 2026, selon les chiffres de Santé Québec.
Si on n'avait pas d'équipe volante, on se retrouverait encore avec des ruptures de services.

Youssef Ezahr estime que les conditions avantageuses de l'équipe volante peuvent nuire au recrutement local. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Myriam Fimbry
L’équipe volante est aussi déployée en Abitibi-Témiscamingue et en Outaouais. Toutefois, d’après Youssef Ezahr, plus des trois quarts des membres de cette équipe provinciale sont en réalité affectés à la Côte-Nord, ce qui illustre les besoins criants dans la région.
Du côté syndical, le représentant à la Fédération de la santé et des services sociaux, Guillaume Clavette, reconnaît que l'équipe volante est une bonne solution pour remplacer la main-d'œuvre indépendante privée, qui coûte plus cher. Toutefois, il insiste sur le fait que la mesure doit rester temporaire.
Guillaume Clavette explique que cette approche crée un roulement de personnel qui nuit à la stabilité des équipes locales. Selon lui, il est nécessaire de s'attaquer au problème de l'attraction et de la rétention d'une main-d'œuvre qui résiderait de manière permanente dans la région.
On peut mettre des patchs, mais si on veut que la réparation tienne pour de bon, il va falloir changer le tuyau, au final, illustre-t-il.
Un roulement de personnel qui nuit à la stabilité
Youssef Ezahr considère la pérennisation de l’équipe volante comme un frein au recrutement local. Il explique que ces effectifs viennent pour des contrats d'un à deux mois et bénéficient de conditions financières avantageuses comparativement au personnel permanent.
Si j'étais une infirmière de Baie-Comeau aujourd'hui, je déciderais de démissionner du CISSS de la Côte-Nord et je m'embarquerais dans l'équipe volante.
Il témoigne aussi d’une situation inéquitable avec le personnel régulier qui doit former et adapter ces travailleurs venus de l'extérieur. Selon Santé Québec, pour le même titre d'emploi, le taux horaire des employés du CISSS de la Côte-Nord et celui des employés de l'équipe volante publique sont les mêmes.
La société d’État précise que les coûts de ces déploiements sont entièrement assumés par les établissements bénéficiaires, incluant les frais de déplacement, l'hébergement, les frais administratifs et une prime de déplacement de 100 $ par jour travaillé.
Youssef Ezahr reconnaît que le CISSS déploie certains efforts pour le recrutement local, notamment en offrant des bourses pour tenter d'attirer des candidats. Cependant, il estime que ces mesures demeurent insuffisantes face aux besoins grandissants dans la région.
Il plaide pour des incitatifs financiers beaucoup plus avantageux, tels que des primes d'éloignement et des primes de rétention, afin d'attirer la main-d'œuvre et la convaincre de s'établir sur la Côte-Nord de façon permanente.
Santé Québec a pour sa part refusé la demande d'entrevue de Radio-Canada.


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