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La guerre de leur pays contre l’Iran a fait plonger le moral des Américains à son niveau le plus bas en près de trois quarts de siècle.
C’est un nouveau record, ont rapporté vendredi les experts de l’Université du Michigan, qui sondent chaque mois l’opinion des consommateurs américains. Ces derniers n’ont jamais été aussi pessimistes quant à l’état de leurs finances personnelles et de l’économie en général depuis la première enquête en 1952.
Encore à 56,6 points au début du mois de février, l’indice de confiance des Américains n’était plus qu’à 47,6 points la semaine dernière. C’était encore plus bas que la marque précédente de 50 points établie en juin 2022, alors que le monde était aux prises avec une flambée inflationniste.
Commencé en même temps que la guerre des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, le nouveau recul de la confiance des Américains s’observe dans tous les groupes de la société, de toutes les allégeances politiques et pour tous les aspects de l’économie sur lesquels on les a interrogés, comme le prix des biens de consommation, la valeur de leurs actifs et le climat d’affaires, a expliqué la professeure d’économie en charge de l’enquête, Joanne Hsu, au moment de la publication des résultats. Réalisé auprès d’environ un millier de répondants par téléphone et par Internet, le dernier sondage était toutefois largement finalisé avant l’annonce d’une entente de cessez-le-feu, a-t-elle précisé.
Mais même si la paix devait effectivement être déclarée dans la région, il se peut que le moral des consommateurs américains mette du temps à s’améliorer, ont prévenu les experts au regard des derniers chiffres sur l’inflation aux États-Unis.
Remontée de l’inflation en mars
De 2,4 % depuis le début de l’année, la variation sur 12 mois de l’indice des prix à la consommation a bondi à 3,3 % au mois de mars, a rapporté vendredi l’Agence américaine de statistiques du travail. Cette hausse du coût de la vie a largement été le fait des répercussions de la forte augmentation des cours du pétrole sur les prix de l’énergie (+12,5 %) et de l’essence (+18,9) aux États-Unis, alors que les prix des aliments (+2,7 %) et de l’ensemble des autres biens et services (+2,6 %) ont moins augmenté.
Même si la guerre arrêtait immédiatement, il faudrait des mois avant que les prix de l’or noir reviennent à la normale, plusieurs installations de production et de chargement de pétrole et de gaz naturel ayant été détruites dans la région, expliquent les experts.
Comme ces énergies fossiles entrent dans la fabrication et le transport d’une multitude de produits, l’augmentation de leurs prix ne tardera pas à se répercuter sur les autres biens et services, a observé, dans une brève analyse vendredi Katherine Judge, économiste principale à la Banque CIBC. Il ne faudrait pas s’étonner, selon elle, si la mesure générale de l’inflation passe bientôt le cap des 4 %, soit le double de la cible de la Réserve fédérale américaine.
Cela va se produire en même temps que les compagnies américaines continueront de passer de plus en plus aux consommateurs le coût des tarifs commerciaux imposés par le gouvernement Trump sur les importations, a rappelé pour sa part l’économiste à la Banque TD, Thomas Feltmate.
Dans ce contexte, il faut s’attendre à ce que la consommation des ménages — qui compte pour environ 70 % de l’activité économique américaine — recule au cours des prochains mois, a prévenu Nancy Vanden Houten, économiste à la firme d’analyse Oxford Economics.
Triste record
Ce qui nous ramène à l’indice de confiance de l’Université du Michigan. Généralement en phase avec les cycles économiques, son plancher record a longtemps été le score de 51,7 points enregistré lors de la terrible récession du début des années 1980.
Cette triste marque allait tenir ensuite, même lors des jours les plus sombres de la pandémie de COVID, avant d’être finalement remplacée lors de la dernière flambée inflationniste.
Il faudra le retour à la Maison-Blanche de Donald Trump — avec ses guerres commerciales, ses coups de boutoir contre l’ordre international et ses épisodes de paralysie gouvernementale — pour refaire plonger l’indice près de son plancher historique, où il faisait du yoyo depuis plus d’un an, avant d’établir un nouveau record au début du mois.
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