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Plusieurs litres de borsch, le plat national de l’Ukraine, ont été cuisinés à Saguenay, dimanche. Dans le cadre de l’événement Merci Borsch!, des membres de la communauté ukrainienne régionale ont tenu à exprimer leur gratitude aux Québécois pour leur accueil et leur soutien.
Merci Borsch!, organisé par le Congrès des Ukrainiens canadiens, s’est tenu simultanément dans quatre autres villes du Québec, soit Sherbrooke, Granby, Québec et Montréal.
Les participants ont notamment pu goûter à la célèbre soupe à la betterave, ainsi qu’au petit pain appelé pampushki, un accompagnement traditionnel. Une exposition rappelant la présence historique des Ukrainiens au Canada et des vêtements traditionnels ont également été présentés aux curieux.

Les visiteurs ont pu en apprendre davantage sur la culture ukrainienne.
Photo : Radio-Canada / Raphaëlle Laverdière
Depuis que nous sommes arrivés, on a beaucoup d’accueil. Premièrement, il y a beaucoup de gens qui se sont rassemblés pour trouver des familles canadiennes et saguenéennes qui étaient capables de nous accueillir chez eux, rappelle la présidente de l’Association des Ukrainiens du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Yulia Pavlenko.
On est venus ici avec zéro français et on a étudié ici à partir de zéro. Merci à tous [ceux] qui nous ont donné la connaissance du français. On continue à apprendre.

La présidente de l’Association des Ukrainiens du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Yulia Pavlenko.
Photo : Radio-Canada / Raphaëlle Laverdière
Plusieurs dizaines de personnes ont participé à Merci Borsch!.
C’était délicieux, le borsch, vraiment délectable, affirme le Saguenéen Robert Döle. Locuteur du polonais et originaire de l’Irlande, M. Döle a tissé des liens avec la communauté ukrainienne régionale depuis 2022.
L’histoire ukrainienne, ça me touche énormément. [...] C’est horrible ce qui se passe [en Ukraine], estime-t-il.

L'Irlandais Robert Döle habite à Saguenay depuis cinquante ans. La situation en Ukraine le touche profondément.
Photo : Radio-Canada / Raphaëlle Laverdière
La voie incertaine vers la résidence permanente
Au Saguenay–Lac-Saint-Jean, la communauté ukrainienne compte environ 150 membres. La plupart sont arrivés dans la région après avoir fui leur pays, bombardé et menacé d’invasion par Moscou depuis 2022.
Aujourd’hui, plusieurs d’entre eux ont décidé de poser définitivement leurs valises sur leur terre d’accueil. Or, certains Ukrainiens qui sont ici sous l’Autorisation de voyage d’urgence Canada-Ukraine (AVUCU), qui octroie un permis de travail ou d’études temporaire, ne sont pas admissibles aux programmes qui ouvrent la porte à la résidence permanente.
Parmi les ressortissants qui résident au Saguenay–Lac-Saint-Jean, aucun n'a pour l'instant obtenu le statut convoité.
La barrière de la langue est un obstacle majeur. Parfois, si tu as [de] l’expérience au travail, mais tu n'as pas [un bon] français. [Parfois], tu parles bien français, mais [tu n’as] pas d’expérience, déplore Kateryna Skoromna, une Ukrainienne installée à Saguenay.

Kateryna Skoromna (à gauche) et Iryna Avdiienk ont cuisiné du borsch, le plat national ukrainien sur un feu extérieur.
Photo : Radio-Canada / Raphaëlle Laverdière
La famille Hryshchuk est pour sa part arrivée au Québec il y a quatre ans et habite la région depuis trois mois. La mère, Nataliia, raconte avoir déposé une demande au Programme de l’expérience québécoise (PEQ) dimanche dernier.
On attend, ajoute-t-elle. J'ai fait toutes les tâches que demande [le] PEQ. On a passé l’examen de français. C'est pas facile mais on a réussi. Si la demande était refusée, Nataliia craint de devoir retourner en Ukraine avec sa famille.

Nataliia Hryshchuk (au centre) était psychologue en Ukraine. Elle travaille maintenant comme éducatrice en CPE à Saguenay. Elle et sa famille sont arrivées au Québec en 2022 en raison de la guerre. Ils habitent dans la région depuis trois mois.
Photo : Radio-Canada / Raphaëlle Laverdière
Sa fille, Daria, fréquente une école secondaire de Saguenay et espère poursuivre ses études. Je voudrais continuer de faire mes études ici, de progresser dans la médecine et j'espère que je vais vraiment avoir la résidence permanente, indique la jeune femme.
Le Congrès des Ukrainiens canadiens exhorte Ottawa d’ouvrir une voie d’accès à la résidence permanente dédiée aux détenteurs des visas AVUCU.
Pour le moment, on n'a pas une bonne réponse pour cette demande, déplore Yulia Pavlenko. Le gouvernement [souhaite] poursuivre le programme courant qui existe déjà. Pour de vrai, c'est très difficile pour les Ukrainiens.


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