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L’angoisse monte dans la communauté libanaise de la Colombie-Britannique, depuis que les hostilités ont repris dans le sud du Liban.
La majorité des 300 000 personnes fuyant les bombardements s’est dirigée vers le nord du pays, selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Le gouvernement libanais parle, lui, de près d’un demi-million de personnes déplacées.
Les abris sont saturés. Je ne sais pas s’il y a suffisamment de nourriture pour ces gens. Il fait froid au Liban en ce moment, comme à Vancouver, et les besoins vitaux ne sont pas assurés, affirme Nicholas Kahwaji, consul honoraire du Liban à Vancouver, exprimant sa vive inquiétude.
Je ne pense pas que le pays puisse absorber un tiers de sa population qui se déplace vers d’autres régions.
M. Kahwaji conseille aux Canadiens ayant des proches au Liban de contacter Affaires mondiales Canada. Il demande également au gouvernement canadien de tout mettre en œuvre pour réunir les familles bloquées par le conflit et de prolonger le visa des Libanais présents au Canada, qu’ils soient étudiants, travailleurs ou touristes, et ce, tant que le conflit dure.

Les frappes israéliennes ravivent le souvenir des destructions de la guerre civile qui a frappé le pays de 1975 à 1990.
Photo : Getty Images / KAWNAT HAJU
Tout en exhortant le Hezbollah à cesser ses attaques contre Israël, le premier ministre canadien, Mark Carney, a promis à son homologue libanais, Nawaf Salam, d'offrir une aide humanitaire, lors d'un entretien téléphonique le 8 mars.
Une communauté marquée par les conflits
Pour Mari Khouri, sculptrice à Vancouver ayant grandi au Liban jusqu’à ses 15 ans, ce qui se passe lui rappelle de très mauvais souvenirs. Mon père a été assassiné au Liban en 1975, et j’ai vu des choses, quand j’avais 14 et 15 ans, qu’une enfant ne devrait jamais voir.
Imaginez ici au Canada que la guerre explose demain, et que vous soyez obligés de fuir sans rien d’autre que vos vêtements sur le dos. Plus de cartes de crédit, plus d’endroit où dormir, plus rien [...] C’est ce que ces gens sont en train de vivre.
Contrairement à ce qui se passe en Iran, les Libanais ont encore la possibilité de joindre leurs proches restés sur place, principalement grâce à Internet et aux applications comme WhatsApp.

Marie Khouri a grandi au Liban, où son père a été assassiné en 1975. La situation actuelle lui rappelle de très mauvais souvenirs. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Richard Thériault
Quand vous vivez au Moyen-Orient de nos jours, quand vous traversez des guerres, que vous soyez d’une famille libanaise, syrienne, palestinienne ou juive, nous portons le fardeau des blessures, des traumatismes [...] si bien que je me sens vraiment comme une très vieille femme.
Si sa sœur et son beau-frère sont en sécurité pour le moment, elle vit dans la crainte de recevoir un message qui lui annoncerait le pire.
Chantal Fadous, conseillère scolaire de la vallée du Fraser dont la famille est au Liban, explique que l’inquiétude se mêle à la culpabilité.
Ce qui est difficile pour le moment ici, c’est qu’on a un dilemme, on s’inquiète de la situation. Nous sommes contents d’être là, mais on a aussi un sentiment de culpabilité. Nos parents sont là-bas, on se demande sans cesse ce qui va arriver, confie-t-elle.
La sécurité devenue un privilège très lourd à porter pour les migrants.
Elle a d'ailleurs de la difficulté à regarder les images du conflit. Quand je regarde les nouvelles, je reviens 30 ans en arrière, et j'ai cru qu’on avait oublié, mais en fait, on oublie jamais, se désole-t-elle.
Dans ses derniers chiffres datant de 2021, Statistique Canada indique que la communauté libanaise compte un peu plus de 210 000 personnes au Canada.
Avec les informations de Janella Hamilton


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