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Le nouveau président de la Colombie, Abelardo de la Espriella, a demandé samedi à Donald Trump une suspension des droits de douanes pour aider la reconstruction, tâche qui s’annonce considérable après le tremblement de terre qui a fait près de 300 morts.
Bien que les opérations de secours se poursuivent, les chances de survie des centaines de disparus s’amenuisent près d’une semaine après le séisme, et le président de la Espriella multiplie les déclarations concernant le redressement de son pays.
Trois jours seulement après son entrée en fonction, un tremblement de terre de magnitude 7,4 a dévasté lundi les villes colombiennes de l’ouest Cali et Pereira, faisant près de 300 morts, au moins 320 disparus et près de 4000 blessés, et détruisant environ 13 000 logements.
« Je lui ai demandé d’envisager la suspension temporaire des droits de douane élevés qui touchent les produits colombiens », a écrit le président issu de la droite dure sur X, en réclamant une faveur à son allié Donald Trump pour soulager l’économie du pays en difficulté.
« Je lui ai dit que nous avions un immense défi devant nous : reconstruire la Colombie au milieu de la situation économique extrêmement difficile et apocalyptique dont j’ai hérité », a-t-il ajouté en précisant qu’il avait parlé pendant une dizaine de minutes avec son homologue américain.
Les droits de douane des États-Unis sur les produits colombiens sont passés de 10 % à 12,5 % fin juillet, à l’exception de certains produits comme le café ou le pétrole.
Le département d’État américain avait annoncé vendredi une nouvelle aide, portant le total de sa contribution depuis le séisme à 26,5 millions de dollars pour la Colombie, dont le nouveau gouvernement vient de rejoindre la coalition de lutte contre le narcotrafic menée par Washington.
M. de la Espriella a effectué des visites éclair dans les zones sinistrées, où il a promis des aides au paiement des loyers pour les personnes se retrouvant sans toit.
Il a également annoncé mercredi son intention d’avoir recours à l’urgence économique, une mesure qui l’autorise à lever des impôts et modifier le budget sans passer par le Parlement.
Secouristes épuisés
Sur le terrain, avec peu de chances de trouver des survivants, les équipes de secours ont passé encore la journée de samedi à rechercher des disparus.
Vendredi soir, une femme qui avait passé près de 37 heures sous les décombres après le séisme à Pereira avant d’en être dégagée mardi, est décédée à l’hôpital. Son cas était devenu symbole d’espoir en Colombie.
Dans le centre de Pereira, l’une des villes les plus touchées, plusieurs personnes observent les travaux de déblaiement derrière des rubans jaunes portant la mention « danger ».
« S’il y a quelqu’un de vivant, c’est un miracle, mais je ne crois pas qu’il y ait de la vie en dessous », déclare Fernando Gaitán, 55 ans, livreur dans un restaurant sinistré.
Les secouristes retirent des morceaux de toits et de murs à l’aide de machines. Visiblement épuisés après six jours de travaux exténuants, ils font des pauses pour s’asseoir à même le sol.
« Nous resterons jusqu’à ce que la dernière personne soit retrouvée », assure à l’AFP le caporal des pompiers Javier Jiménez.
Après la tragédie, la Colombie a reçu une aide humanitaire de plusieurs pays du monde, comme le Mexique, l’Espagne ou l’Allemagne.
Cependant, jusqu’à présent, la Colombie n’a accepté que les équipes de secours envoyées par les gouvernements de droite des États-Unis, du Salvador, de l’Équateur et d’Israël, selon l’organisme national de gestion des risques.
Samedi, M. de la Espriella a remercié au téléphone le Premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, pour l’envoi d’aide humanitaire et d’équipes de secours en Colombie.


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