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La colère et la violence montent aussi en Italie

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"Le coût de la vie est devenu insoutenable, on n'y arrive plus", explique Sabrina Brizzola, la coordinatrice nationale du syndicat des étudiants universitaires, "nous l'avons démontré ces derniers jours avec les nombreuses manifestations à Rome mais aussi dans les autres villes du pays, et maintenant nous prouverons que ce monde nous appartient en occupant les places."

La jeune étudiante, l'une des figures du mouvement universitaire, est assise dans l'une des tentes installées sur la place du peuple à Rome, depuis vendredi. En Italie, les prix des logements étudiants atteignent des sommets, notamment dans les villes touristiques, comme Rome, Venise, Florence ou Milan ; mais même ailleurs les loyers des chambres ne sont plus abordables comparés au revenu moyen d'une famille italienne. Les étudiants demandent donc au gouvernement d'introduire des normes pour limiter l'augmentation des loyers et d'investir au moins sept milliards d'euros pour assurer le droit à l'étude.

Comme ailleurs en Europe, le malaise est palpable, les jeunes Italiens ne croient plus aux promesses des politiciens. La colère des étudiants et des lycéens montent, et avec elle, la violence des cortèges infiltrés par des casseurs, comme à Turin ou à Milan. "Les écoles tombent en morceaux et les institutions nous répondent avec des lois de plus en plus punitives", expliquent les organisateurs des différents mouvements lycéens qui ont décidé d'occuper des dizaines de lycées du Nord au Sud de la botte pour empêcher les professeurs d'entrer dans les classes.

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Le problème du coût de la vie

Quatre cent mille étudiants et lycéens ont manifesté vendredi ; et samedi c'était au tour du plus grand syndicat de gauche de descendre en rue à Rome. "Nous sommes plus de cent mille, il est temps de nous remettre à parler", a annoncé Maurizio Landini, le secrétaire général de la CGIL, l'équivalent italien de la FGTB, "le 20 novembre nous proclamerons une grève générale dans le pays !"

Il faut reconnaître qu'au cours des quatre premières années du gouvernement de Giorgia Meloni, la contestation syndicale semblait muette, le syndicat de gauche a décidé que le ras-le-bol de la population ne permet plus d'attendre que les promesses du gouvernement se concrétisent. Les mesures budgétaires annoncées cette semaine forment la goutte d'eau qui fait déborder le vase. En cause, l'augmentation du coût de la vie due à l'inflation que les salaires italiens, parmi les plus bas d'Europe, n'arrivent plus à suivre. "Nous sommes ici pour parler au nom de la grande majorité de la population qui n'en peut plus", a crié le syndicaliste.

Dans le cortège, de nombreux travailleurs mais aussi des milliers d'étudiants qui constituent cette nouvelle vague de contestation qui n'entend plus se laisser endormir par des promesses non tenues, "l'argent pour les écoles non pour la guerre" scandaient les jeunes qui annoncent vouloir suivre l'exemple du mouvement de contestation en France.

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Violence et destruction à Milan

Un autre cortège contre le coût de la vie a aussi réuni cinq mille personnes à Milan, samedi après midi, mais contrairement à Rome où le mouvement est resté pacifique, la manifestation milanaise a été infiltrée d'une frange violente composée de jeunes, souvent mineurs, venus pour détruire et voler. "Nous avons vu qu'il y avait une manifestation, et nous sommes venus pour faire du grabuge", a raconté l'un d'entre eux au journaliste du Corriere della Sera sur place. Face aux cordons de sécurité composés de policiers et de carabiniers, ces jeunes venus des banlieues milanaises filmaient leurs actions violentes en direct sur Tik Tok, reprenant des couplets de la musique rap qu'ils écoutent en boucle "on détruit tout pour se reprendre notre ville. On détruit les flics de m…. !" L'objectif est de montrer au monde qu'ils ont lancé une pierre, détruit une vitrine ou volé une paire de chaussures de sport. Ce dimanche matin, les images étaient choquantes. La place devant la cathédrale de Milan est dévastée. Pour la plupart de ces jeunes, il s'agit des premières manifestations de leur vie, ils ne se revendiquent ni de droite, ni de gauche, ils expriment juste une immense colère contre cette société pour laquelle ils sont invisibles. Une violence urbaine qui a provoqué un bras de fer politique. Giorgia Meloni a immédiatement apporté son soutien aux nombreux policiers blessés lors de la manifestation, soulignant que manifester est un droit mais que mettre le feu aux villes ne l'est pas. "Je renouvelle ma requête aux partis d'opposition de ne pas être ambigus sur cette question et de condamner cette violence en lançant un appel clair pour que chaque mobilisation reste pacifique", a-t-elle écrit sur les réseaux sociaux. Les partis d'opposition ont tous condamné, estimant cependant que les raisons des manifestations restent compréhensibles !

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