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Plus de 50 personnes ont été évaluées depuis lundi dans une clinique mobile spécialisée en soins cardiométaboliques, de passage dans la communauté mi’gmaw de Gesgapegiag. Le projet, une première au Canada, vise à améliorer l’accès aux soins spécialisés dans les communautés autochtones et les régions éloignées.
Développée par la cardiologue Marie-Ève Piché, de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec, la clinique propose une évaluation globale de santé en 90 minutes, permettant d’évaluer la santé cardiovasculaire et de dépister le diabète. Certains résultats sont disponibles presque immédiatement.

Des tests médicaux sont réalisés à même la caravane, dans la section laboratoire. Certains résultats sont obtenus sur-le-champ.
Photo : Radio-Canada / Gala Dionne
Selon la cardiologue, obtenir une telle évaluation pourrait prendre près de deux ans et demi dans le système de santé publique, sans tenir compte des distances que les membres des Premières Nations ont à parcourir. Il n'y a pas de cardiologue en Gaspésie ni sur la Côte-Nord, rappelle la Dre Piché.
Pour moi, c’est important que les gens aient accès à ces soins, qu’ils aient accès à du dépistage, puis à des diagnostics précoces.

Dans la clinique mobile, les patients parcourent 10 stations qui présentent chacune un test ou un examen médical.
Photo : Gracieuseté de Raven Larocque Laliberté
Selon la cardiologue, l’équipe détecte une condition de santé jusque-là non diagnostiquée et sans symptômes chez la moitié des personnes évaluées. Elle précise que 80 % des patients rencontrés nécessitent une prise en charge médicale après leur visite.
Selon les besoins, l’équipe prescrit des traitements, dirige les patients vers des spécialistes ou leur propose un plan de nutrition. Depuis 2024, plus de 300 personnes ont bénéficié des services de la clinique.
Le retour de Raven à Gesgapegiag
La visite représente également une occasion de contribuer à la santé de sa communauté pour Raven Larocque Laliberté, qui est dans l'équipe médicale. Originaire de Gesgapegiag et établie à Québec depuis huit ans, elle travaille auprès de la Dre Piché depuis environ deux ans dans le cadre de sa maîtrise en recherche clinique en santé autochtone et prévention cardiovasculaire.

Raven Larocque Laliberté est étudiante à la maîtrise en recherche clinique en santé autochtone et prévention cardiovasculaire à l'Institut de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ).
Photo : Radio-Canada / Gala Dionne
Elle raconte avoir parfois éprouvé de la culpabilité lors de son absence pour ses études à Québec. Je me sentais coupable d’être loin, de ne pas pouvoir venir en aide à ma communauté et de manquer certaines occasions d'apprendre ma langue, confie-t-elle.
Aujourd'hui, elle reconnaît que sa participation au projet lui permet de mettre ses connaissances au service de ses proches. Quand on lui demande de définir son expérience en un mot, elle répond simplement : Merci.
Welalin. C’est merci en mi’gmaw.

L'équipe médicale de la Dre Marie-Ève Piché (en haut à gauche) est composée d'infirmières, de spécialistes et d'étudiantes. Raven Larocque Laliberté se trouve au centre, devant.
Photo : Gracieuseté de Raven Larocque Laliberté
Financée par des fonds de recherche, la clinique mobile parcourt le Québec depuis 2024. Avant son passage à Gesgapegiag, elle s’est arrêtée à Mingan et à Natashquan plus tôt cet automne.
Au printemps, l’équipe s’est rendue à Essipit, puis à Saint-Siméon, une communauté allochtone de Charlevoix où l’effet fondateur est particulièrement présent. Au cours des deux dernières années, elle a également visité Uashat mak Mani-utenam et Wendake, entre autres.
Qu’est-ce que l’effet fondateur?
L’effet fondateur est un phénomène génétique et démographique qui peut expliquer la fréquence plus élevée de certaines caractéristiques génétiques ou maladies héréditaires rares dans une population issue d’un petit nombre d’ancêtres.
Particulièrement présent dans Charlevoix et au Saguenay–Lac-Saint-Jean, il peut aussi être observé dans certaines communautés de la Gaspésie et dans les communautés autochtones.
Source : Dre Marie-Ève Piché
Une collaboration avec les services locaux
La visite a été organisée avec le centre de santé de Gesgapegiag, dont le personnel a notamment contribué au recrutement des participants.
Les résultats recueillis seront partagés avec la communauté afin de dresser un portrait de la santé des personnes évaluées et d’aider les services locaux à orienter leurs efforts de prévention. L’équipe prévoit revenir à Gesgapegiag dans un an pour assurer le suivi des patients.
Selon la cardiologue Marie-Ève Piché, Santé Québec étudie ce modèle de soins de proximité.


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