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La cimenterie McInnis de Port-Daniel–Gascons met en branle un projet de conversion énergétique ayant pour objectif de réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES). Elle compte mener à bien ses opérations en brûlant des combustibles qui ont moins de répercussions sur l'environnement, et ce, dès 2029.
Des représentants de la compagnie Ciment St. Marys ont rencontré les médias régionaux, jeudi matin. Ils ont expliqué leur intention de remplacer progressivement une partie du coke de pétrole utilisé dans les procédés de fabrication par d’autres combustibles à faible teneur en carbone, par exemple la biomasse forestière.
D’autres alternatives sont également envisagées comme des plastiques non recyclables, des résidus de papier ainsi que des résidus de construction, par exemple du bardeau d'asphalte.
L'objectif de la compagnie est de substituer le recours au coke de pétrole dans une proportion de 20 % d’ici 2030 et, à plus long terme, jusqu’à 70 %, en fonction des matières disponibles. La compagnie n'est toutefois pas en mesure de spécifier à quel moment elle compte atteindre cet objectif final.

L'usine McInnis investit quelque 80 millions de dollars pour que cette transition puisse se concrétiser.
Photo : Radio-Canada / Marguerite Morin
Les combustibles alternatifs contribueront à diminuer l'intensité d'émissions de CO2 par rapport au combustible de référence, le coke de pétrole, mais les émissions atmosphériques de l'usine demeureront les mêmes. Comme on a un procédé à très haute température, il n'y aura pratiquement pas d'impact par rapport aux seuils déterminés par le [Règlement sur l'assainissement de l'atmosphère], explique Katie McInnes, analyste en environnement pour Ciment St. Marys.

Katie McInnes, analyste en environnement pour Ciment St. Marys
Photo : Radio-Canada / Marguerite Morin
Pour mener à bien son projet, la compagnie s'allie avec la Mi’gmawei Mawiomi Business Corporation (MMBC), le bras économique des trois communautés autochtones de la Gaspésie. C'est une co-entreprise que l'on forme avec les Mi'gmaq pour amener de la biomasse et d'autres matières pour remplacer le coke de pétrole dans la combustion au niveau du four, explique Philippe Marceau, directeur des opérations pour Ciment St. Marys à Port-Daniel–Gascons.
On va avoir une usine qui va recevoir la biomasse et d'autres matières, qui va les sécher et les broyer pour qu'elles puissent être [traitées] dans le four, au niveau du calcinateur [...].
La compagnie procédera donc à la construction d'un nouveau bâtiment sur le site de la cimenterie. Des entrepôts fermés et des équipements inédits y seront aménagés, par exemple un séchoir et un déchiqueteur. On veut être en opération d'ici la fin de 2029, confirme M. Marceau. Si les autorisations gouvernementales sont obtenues comme prévu, les travaux pourraient débuter vers la fin de 2027 ou au début de 2028.

Philippe Marceau est directeur des opérations à l'usine Mcinnis
Photo : Radio-Canada / Marguerite Morin
Selon Ciment St. Marys, de quatre à cinq emplois pourraient être créés par cette conversion.
Une consultation publique aura lieu vendredi pour présenter le projet à la population. Les objectifs du projet, son échéancier ainsi que les mesures d’atténuation envisagées seront notamment abordés.
Émissions de gaz à effet de serre à la cimenterie McInnis
| 2019 | 1039 |
| 2020 | 1213 |
| 2021 | 1432 |
| 2022 | 1397 |
| 2023 | 1449 |
| 2024 | 1313 |
Une consultation publique aura lieu vendredi pour présenter le projet à la population. Les objectifs du projet, son échéancier ainsi que les mesures d’atténuation envisagées seront notamment abordées.
En mai 2024, les quatre cimenteries du Québec ont remis une feuille de route au ministère de l’Environnement comprenant leurs initiatives pour réduire leur empreinte carbone. Puisque ces documents étaient susceptibles de contenir des renseignements confidentiels, le provincial a refusé de les rendre public.
Contactée par Radio-Canada, la cimenterie McInnis avait alors refusé de communiquer sa stratégie. Une seule cimenterie québécoise, Ciment Québec, avait accepté de le faire.


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