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En vue des deux matchs préparatoires simultanés que le Canadien disputait contre les Maple Leafs de Toronto, Martin St-Louis avait séparé ses effectifs de manière à ce que ses deux unités spéciales aient beaucoup de travail.
Pendant que ses attaquants plus défensifs rodaient l’infériorité numérique à Toronto face à Auston Matthews et sa bande – là où le Canadien l’a emporté 4-1 –, ses principaux éléments offensifs espéraient avoir des chances de travailler l’attaque à cinq au Centre Bell.
Ivan Demidov a fait mouche lors d’une des deux supériorités du CH, mais c’est surtout à forces égales que le jeune Russe en a mis plein la vue, s'imposant comme l'attaquant le plus dangereux sur la patinoire.
Si ça se trouve, il a peut-être gagné un peu en vitesse, a observé St-Louis après la victoire de ses troupes 4-3 en prolongation. Non pas qu’il était lent, mais j’ai l’impression qu’il a un peu plus d’élan, un peu plus de puissance, un peu plus de force. Je ne sais pas exactement ce que c’est, mais j’ai remarqué ça ce soir, alors que je ne l’avais pas vu à l’entraînement.
Ça paraît que Demidov avait hâte de jouer un match. Peu importe qu’il s’agisse d’une rencontre préparatoire, le jeune Russe mangeait les bandes.
Ce petit élan additionnel que décrit St-Louis lui a permis d’attaquer les espaces libres et d’esquiver les joueurs des Leafs durant toute la soirée. Mais on a aussi senti que Demidov voulait jouer plus vite. Décocher plus vite, passer plus vite, être toujours une fraction de seconde en avance sur son adversaire.
Sa cadence de jeu n’était pas celle d’un joueur qui fourbit tranquillement ses armes en vue de la saison régulière. C’était celle d’un joueur déterminé à mettre de nouvelles résolutions en application.
Je me sens juste plus sûr de moi, plus à l'aise sur la glace. C'est sans doute le principal changement pour moi.
Maintenant qu’il sait à quoi s’attendre d’une saison de la LNH, les choses peuvent se dérouler un peu plus selon ses termes.
L’année dernière, Demidov a tenté en moyenne 3,44 lancers par match, alors qu’il en a tenté neuf dans le match de samedi. Cela aussi fait partie de ses résolutions.
Mais dans le contexte du camp d’entraînement, le plus important est de voir de quelle manière Demidov peut réussir à élever sa cadence de jeu, tout en s’assurant que ses compagnons de trio arrivent à le suivre.

Juraj Slafkovsky et Ivan Demidov ensemble lors d'une séance d'entraînement.
Photo : La Presse canadienne / Christopher Katsarov
Slaf peut le suivre
L’année dernière, à défaut d’avoir toujours le même ailier gauche, Demidov faisait duo avec le centre Oliver Kapanen. La formule a bien fonctionné en première moitié de saison, et elle mérite d’avoir une seconde chance d’éclore. Mais le vrai duo, il va désormais le composer avec Juraj Slafkovsky, sur qui il va compter dès l’ouverture de la saison.
Demidov exerce son autorité en zone offensive avec des touches de rondelle rapides qui nécessitent une bonne compréhension du jeu, une bonne lecture de l’espace et le positionnement approprié pour répondre à ce que veut créer le jeune Russe.
Et on l’a encore vu samedi, Slaf a ce qu’il faut pour le suivre.
On sait où chacun se trouve, a-t-il expliqué. Même si on fait parfois une passe à l’aveuglette ou des trucs comme ça, on reconnaît les moments, les zones, on se trouve, où on est sur la glace. Je trouve que ça va déjà plutôt bien, et j’ai l’impression qu’il y a encore beaucoup de place à l’amélioration. Je pense donc que ça ne va qu’aller mieux.
St-Louis est conscient du fait que Slaf peut davantage déployer ses ailes lorsqu’il joue avec Demidov. Il n’a plus à se soucier autant de travailler systématiquement devant le filet, comme il le faisait avec Nick Suzuki et Cole Caufield. Il a plus de latitude pour jouer en possession de la rondelle, puisque Kapanen est volontaire pour aller compléter des jeux devant le but adverse.
Si Slaf se montre bel et bien capable de suivre Demidov dans sa vitesse d’exécution, comme le laisse présager ce premier match préparatoire, leur trio pourrait être plus dangereux qu’il ne l’a été la saison dernière.
Les bons jeunes joueurs du Canadien ont encore une marge d’amélioration intéressante avant d’atteindre leur plein potentiel. Mais, parmi eux, Demidov est assurément celui dont les progrès peuvent le plus bondir et avoir un effet direct sur les succès du Canadien.
Et Slafkovsky pourrait en être une partie prenante.
Je trouve ça génial. Je pense que ça rend notre équipe meilleure, a dit le grand Slovaque. On aura davantage de trios qui fonctionnent. On a quatre excellentes unités et si on peut aider l'équipe grâce à notre talent et à ce qu'on fait sur la glace, ça peut juste être bon pour nous.

Jayden Struble n'était pas heureux de son match face aux Maple Leafs, et Arber Xhekaj n'a guère été plus convaincant.
Photo : usa today sports via reuters con / David Kirouac
Une bataille pour un poste en défense?
David Reinbacher avait averti tout le monde qu’on verrait, en fin de semaine, pourquoi il est prêt à passer à l’étape suivante.
Lors du match à Toronto, l’entraîneur associé Derek Lalonde l’a utilisé pendant plus de 22 minutes, dont presque cinq en infériorité numérique. Reinbacher a été sur la glace pour plus de tentatives de lancers du Canadien que n’importe quel défenseur à 5 contre 5, et les Leafs – qui n’ont pas été très menaçants à forces égales – n’ont eu aucune chance dangereuse de marquer lorsqu’il était sur la glace. Du moins, selon Natural Stat Trick (nouvelle fenêtre).
Cette performance est digne de mention, compte tenu du contexte entourant la brigade défensive durant ce court camp d’entraînement.
D’une part, la blessure à Kaiden Guhle semble ouvrir grand la porte à Jayden Struble et à Arber Xhekaj, pour qu’ils aient tous les deux un poste régulier avec l’équipe dans les premières semaines de la saison.
Considérez aussi ce que disait St-Louis mercredi à propos de Reinbacher : Notre effectif en défense est assez fourni en ce moment. Il a donc dû accumuler beaucoup de temps de jeu à Laval. C’est à lui de continuer à frapper à la porte, de persévérer.
Ce n’est pas exactement un baiser de la mort, mais ce ne sont pas non plus les paroles les plus rassurantes que puisse entendre un jeune joueur à propos de son avenir à court terme.
Or, voilà que le premier match préparatoire qu’ont disputé Struble et Xhekaj au Centre Bell n’a guère été convaincant.
Je ne l’avais pas vraiment ce soir, a admis Struble. Les jeux que je faisais, certaines décisions… Il faut que je me remette dedans. On a eu deux entraînements, puis on se plonge tout de suite dans en match. C'était donc un peu prévisible, mais je n'étais vraiment pas ravi.
Xhekaj, qui a joué 21:31, a été un peu plus clément dans son autoévaluation, et St-Louis l’a été tout autant en parlant de lui. Mais ce n’est pas comme si Xhekaj avait cassé la baraque. Pour tout dire, le jeune Luke Mittelstadt, qui va entreprendre sa première saison professionnelle avec le Rocket de Laval, a joué de façon beaucoup plus assurée qu’eux.
Se pourrait-il que les jeux ne soient pas faits et que Reinbacher – et même Adam Engström – obtiennent une chance de supplanter Struble ou Xhekaj en début de saison?
Il ne devait pas vraiment y avoir de bataille à ce camp d’entraînement, mais si les exemptions de ballottage ne font pas foi de tout, il pourrait bien s’en dessiner une en défense.


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