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La chasse aux grues du Canada sera permise pour la première fois cet automne dans deux régions du Québec. Du 12 au 25 septembre, les chasseurs pourront prélever une grue par jour sur des terres agricoles de l’Abitibi-Témiscamingue et du Saguenay–Lac-Saint-Jean.
Les producteurs agricoles de ces deux régions perdent chaque année une partie de leurs récoltes de céréales en raison des populations croissantes de grues du Canada.
C’était le cas de Pierre Vachon, propriétaire d’une ferme à Palmarolle, qui a fini par délaisser la production d’avoine, de blé et d’orge.
Ils rentrent dans le champ puis ils mangent ce qu'ils peuvent, ils pilent dessus. Quand ils sont cinq ou six, ce n'est pas si pire, mais quand ils sont 200, 300, 400 ou 500, ce n'est pas long qu'ils s'amusent là-dedans à briser le terrain, raconte-t-il.

Pierre Vachon estimait qu'il y avait de 700 à 900 grues dans son champ au cours de l'automne 2024. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Mathilde Blayo
Une chasse restreinte
Les chasseurs ne pourront prélever qu’une grue par jour, et ils ne pourront pas les accumuler, à moins qu’elles n’aient été préparées et conservées dans un autre endroit que le lieu de chasse.
En autorisant cette chasse restreinte, Environnement Canada répond donc à une demande des producteurs agricoles. Le ministère estime que la grue du Canada peut supporter une récolte au Québec et que l'établissement d'une saison de chasse ne présente aucun risque supplémentaire pour les autres espèces d'oiseaux migrateurs.
C’est quelque chose qu’on demande depuis plusieurs années, affirme Pascal Rheault, président de la Fédération de l’UPA d’Abitibi-Témiscamingue. C’est pour essayer de contrôler la grue, parce qu’il y en a de plus en plus. On voit les dommages que ça vient faire aux cultures. Des producteurs ont même arrêté de semer de l’orge.
C’est sûr que ça ne réglera pas tout le dossier de la grue, mais ça peut aider. Il va y avoir un petit prélèvement, puis il y aura peut-être aussi un effet d’effarouchement.

Le président de l'UPA d'Abitibi-Témiscamingue, Pascal Rheault. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Gabriel Poirier
D’ailleurs, Pierre Vachon n’écarte pas la possibilité de semer à nouveau certaines céréales quand il aura épuisé ses inventaires, si la chasse produit son effet. Ça pourrait être un argument intéressant pour pouvoir continuer à produire sans problèmes, mentionne-t-il.
Dans le respect
La décision d’Environnement Canada fait aussi le bonheur des chasseurs, qui viendront sans doute d’un peu partout au Québec pour chasser cet oiseau migrateur dont la chair est très prisée.
La grue du Canada est de plus en plus présente. Ça faisait longtemps qu’on demandait d’avoir la possibilité de faire sa chasse. La crainte, c’est toujours que l’espèce ne supporte pas une surexploitation, mais en étant prudent comme ils le sont, ça va aller, estime le président de la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs, Marc Renaud.

Marc Renaud, président de la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs. (Photo d'archives)
Photo : Gracieuseté / Myriam Quenneville
En plus de leur permis provincial de chasse au petit gibier, les chasseurs devront se procurer un permis fédéral de chasse aux oiseaux migrateurs. Ils devront aussi obtenir la permission des producteurs agricoles pour chasser sur leurs terres. Leur fédération les invite donc à faire les choses dans les règles de l’art.
On veut préserver nos droits. On est chanceux de pouvoir faire cette chasse sur des terres qui ne nous appartiennent pas. Il faut cogner aux portes des agriculteurs. L’UPA a aussi fait un formulaire qui est intéressant. C'est possible qu’un agriculteur te dise non, c'est possible aussi que d’autres groupes de chasseurs viennent. Il faut respecter ça aussi. C’est pour ça qu’on fait appel à l’éthique du chasseur, insiste Marc Renaud.
Cette chasse à la grue du Canada est autorisée pour deux ans. La situation sera réévaluée entre temps afin d’assurer la pérennité de l’espèce.


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