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La centrale au gaz naturel coûtera plus de 1 milliard à Énergie NB

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Énergie NB dépensera plus d’un milliard de dollars dans une centrale au gaz naturel qui ne lui appartiendra pas, si sa construction est approuvée.

Cette semaine, des hauts placés de la société de la Couronne comparaissent devant la Commission de l’énergie et des services publics du Nouveau-Brunswick pour discuter d’un projet de centrale au gaz naturel à Centre Village, dans la municipalité de Tantramar, mené avec l’entreprise américaine Proenergy.

La commission a pour tâche de déterminer s’il est prudent pour Énergie NB de se lancer dans un tel projet, d’un point de vue strictement financier. La société de la Couronne a besoin d’une approbation pour que le projet voit le jour.

La centrale doit être construite et possédée par Proenergy, mais Énergie NB doit acheter de l’énergie pendant 25 ans.

Lundi, le dirigeant principal des finances chez Énergie NB, Brad Coady, a refusé de dévoiler combien exactement la société de la Couronne allait débourser dans cette centrale au gaz naturel.

La raison évoquée, c’est des secrets d’entreprise. Un argument accepté par la commission.

Interrogé sur les dépenses de la société de la Couronne par l'expert en économie Andrew Secord, Brad Coady a finalement accepté de dévoiler un coût minimal.

Un homme.

Brad Coady, vice-président du développement commercial et des partenariats stratégiques chez Énergie NB.

Photo : Radio-Canada / Bader Ben Amara

Non, nous ne pouvons pas déclarer publiquement ce que ça nous coûterait par année. Et, ce que je peux dire, c’est que ce serait plus d’un milliard de dollars, s’il est question d’un coût en capital d’un milliard de dollars, explique en anglais Brad Coady.

CBC a rapporté que le coût de la centrale pour Proenergy est d’un milliard de dollars.

Nous devrions aussi couvrir les dépenses du promoteur pour l’entretien, des finances pour le projet, ce qui comprend le retour sur investissement, le retour sur la dette, plus toute assurance, ajoute le dirigeant d’Énergie NB.

À qui revient le risque?

De manière plus précise, le projet est mené par Énergie NB et une filiale de Proenergy, soit RIGS Energy Atlantic LP.

Pour l’expert en économie Andrew Secord, ça soulève des questions sur la responsabilité. Avec qui la société de la Couronne fait-elle véritablement affaire et qui assume les risques du projet?

Brad Coady a répondu en parlant de la relation d’Énergie NB avec Proenergy, évoquant des discussions multiples entre les deux entités.

L'entrée principale du siège social d'Énergie NB à Fredericton.

Énergie NB affirme qu'elle a besoin de construire cette centrale pour répondre à la demande énergétique de la province d’ici 2028.

Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

Pour toute preuve ou toute garantie toutefois, il a évoqué une nouvelle fois les secrets d’entreprise, disant être prêt à passer à une session à huis clos pour en discuter davantage.

On ne connaît pas sur le plan légal avec certitude qui appartient ultimement cette centrale et donc qui est responsable des risques de cette centrale-là. S’il y a des dommages environnementaux, s’il y a une faillite économique de cette entreprise, qui sera responsable de cette infrastructure et ça c’est pas clair, estime Yves Gagnon, un expert en énergie renouvelable, venu assisté à l’audience de lundi.

Yves Gagnon sourit pour la photo.

Yves Gagnon est professeur d'ingénierie à l'Université de Moncton, expert en énergie renouvelable.

Photo : Radio-Canada / Fré;déric Cammarano

Le professeur de l’Université de Moncton et éditeur de quelques revues scientifiques dit ne pas avoir été convaincu par les arguments d’Énergie NB de la nécessité de cette centrale.

La société de la Couronne dit avoir besoin de 400 mégawatts de plus pour répondre à la demande énergétique de la province d’ici 2028. Même si des batteries ou des énergies renouvelables ont été étudiées selon les dirigeants d’Énergie NB, ils ont opté pour une seule option, soit la centrale au gaz naturel, pour son potentiel rapide de réalisation et son coût.

Rester dans le domaine public

Plusieurs personnes se sont succédé lundi pour poser des questions à Énergie NB. L’intervenant public, Alain Chiasson, fera partie du nombre plus tard cette semaine.

Il dit qu’il tentera de convaincre la commission de rejeter le projet, évoquant des options au coût plus bas.

Alain Chiasson en entrevue.

Alain Chiasson est intervenant public dans le secteur énergétique.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Cammarano

Il espère toutefois qu’il pourra limiter le plus possible le recours à des sessions à huis clos, pour que les Néo-Brunswickois puissent en savoir davantage sur le projet.

Est-ce qu’on va finir cette semaine? Je sais pas. Je crois qu’il y a encore beaucoup de choses à venir, affirme Alain Chiasson.

Manifestation contre la centrale

Tout près de l’hôtel de Moncton où se déroule les audiences, une quinzaine de manifestants du regroupement citoyen Action Cap-Acadie se sont rassemblés pour exprimer leur opposition au projet.

Manifestants avec affiches "non à la centrale au gaz".

Des manifestants se sont exprimés devant l'hôtel Delta Beauséjour à Moncton. Ils s'opposent à la construction d'une nouvelle centrale au gaz par le Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Kristina Cormier

Ils aimeraient que la consultation tienne compte des considérations environnementales.

Les audiences c'est pour savoir si ça va être économiquement faisable un tel projet. Mais le prix sur la santé, le prix sur l'environnement, le prix sur nos communautés, c'est inacceptable, affirme Jean Bourgeois.

Yoanne Beauséjour-Beauchamps et Danny Dupuis avec chacune une affiche "Non à la centrale au gaz".

Yoanne Beauséjour-Beauchamps et Danny Dupuis manifestent contre la construction d'une nouvelle centrale au gaz.

Photo : Radio-Canada / Kristina Cormier

Pour Yoanne Beauséjour-Beauchamps, la province a le devoir d’explorer des solutions de rechange à la centrale et d’étudier les meilleures pratiques ailleurs au Canada et dans le monde.

D'autres provinces et d'autres pays mettent en place des alternatives avec le vent, avec même des turbines pour l'eau, il y a les panneaux solaires. C'est incroyable, il y a d'autres possibilités, croit-elle.

Avec des informations de Kristina Cormier

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