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Politique 21/06/2026 07:05 Actualisé le 21/06/2026 07:16
Plusieurs acteurs des quinquennats d’Emmanuel Macron estiment que ses gouvernements n’ont pas assez fait sur le volet « adaptation » au changement climatique.

SIMON WOHLFAHRT / AFP
La canicule oblige les macronistes à faire un rare mea culpa (ici Gabriel Attal le 9 juin)
Faute à moitié avouée. Pendant que la deuxième vague de chaleur de l’année déferle en France et continue de faire tomber une nouvelle pluie de records, les enjeux liés au climat rebondissent dans le débat public. Accusé d’impréparation lors du précédent épisode, fin mai, le gouvernement se montre à la tâche avec des ministres qui multiplient les prises de parole, tandis que les oppositions les plus concernées rivalisent de propositions.
Un constat semble s’imposer à tous : la France est mal préparée à ces canicules intenses et durables, pourtant amenées à se répéter toujours plus fréquemment. Même chez les soutiens du président de la République et certains acteurs majeurs de ses deux quinquennats, l’heure semble être à la remise en question. Un exercice rare en macronie, mais qui peine à déboucher sur des engagements clairs.
« Des choses ont été faites pour réduire les émissions dans l’industrie, les mobilités. Mais sur la question de l’adaptation, on n’a pas été assez loin assez vite », a notamment reconnu l’ancien locataire de Matignon Gabriel Attal, cette semaine sur franceinfo. Un aveu significatif, en ce qu’il est formulé par le secrétaire national du parti présidentiel, Renaissance, ministre au cœur du réacteur gouvernemental sept années durant (2018-2024).
« On paie ces retards aujourd’hui »
Surtout, il n’est pas le seul à l’exprimer ainsi. Dans son sillage, l’ancienne ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher a elle aussi pointé le retard sur le volet « adaptation » des politiques climatiques. « On est dans une course contre la montre, et là où on pourrait critiquer l’action de ces dernières années, c’est le stop-and-go », a-t-elle assuré vendredi, en appelant l’exécutif à arrêter « les reculs », car « tous ces retards-là, on les paie aujourd’hui. »
Si la députée du Pas-de-Calais pointe avant tout la responsabilité des oppositions de droite, et des gouvernements depuis la dissolution de l’Assemblée nationale dans le « ralentissement de l’action climatique », force est de constater aussi que le « bloc central » n’est pas exempt de tout reproche. Sans renier « les grosses ambitions » du président de la République à ses débuts notamment, un conseiller qui a œuvré auprès de plusieurs ministres macronistes regrette que l’écologie soit « restée la variable d’ajustement » des différents gouvernements.
En temps de crise ou de quête d’économies, « le premier réflexe est de toucher à la Transition écologique et plus spécialement aux politiques d’accompagnement. Ça n’a pas changé », nous dit-il. En témoignent les différents coups de rabots portés au dispositif « MaPrimeRénov’ », pourtant bien identifié du grand public. Celui-ci a été affaibli sur l’autel des économies budgétaires bien avant 2024 et la dissolution qui a conduit Emmanuel Macron à partager le pouvoir. Et les manquements ?
Pour la ministre, la réponse « n’est pas à la hauteur »
Aujourd’hui, en tout cas, la réponse du gouvernement « n’est pas à la hauteur de ce que nous devons faire », selon les mots de la ministre de la Transition écologique, devant les sénateurs. « Nous allons devoir augmenter les ressources » dédiées aux questions d’adaptation, a-t-elle effectivement lancé, sans plus de précisions. Difficile quoi qu’il en soit de donner tort à Monique Barbut et à tous les responsables qui s’expriment en ce sens.
Depuis mercredi, les températures exceptionnelles qui écrasent la majeure partie du pays provoquent des casse-tête d’organisation en pagaille, dans les hôpitaux (contraint au système D) ou les établissements scolaires. Des épreuves du bac ont été décalées, tandis que près de 800 écoles ont dû aménager leurs horaires. De quoi illustrer les affres de cette fameuse adaptation, à l’heure où seuls 17.000 établissements scolaires sont en cours de rénovation thermique. Pour les adapter tous, il faudrait débourser 40 milliards d’euros.
C’est là, la question cruciale. Car si le plan national d’adaptation au changement climatique, mis sur la table à partir de 2023, a plutôt été salué par les professionnels, les stratégies d’ampleur en la matière s’avèrent souvent particulièrement coûteuses pour les finances publiques. Sans doute trop, selon la trajectoire budgétaire décidée par l’actuel Premier ministre, Sébastien Lecornu, à la recherche de nouvelles économies pour éviter un nouveau dérapage du déficit.
Pas tout à fait dans la logique de remise en question adoptée par certains de ses comparses, Gabriel Attal en particulier, le chef du gouvernement a décidé une nouvelle coupe dans le fonds vert il y a quelques semaines. Censée aider les collectivités à la rénovation du bâti, cette manne a de nouveau été amputée de 350 millions d’euros. Elle est passée de 2,4 milliards d’euros en 2023 à 837 millions en 2026. Faute à moitié avouée, mais pas près d’être pardonnée.


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