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La Caisse maintient sa foi dans l’investissement durable

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Peu importe les remous, La Caisse garde le cap sur l’investissement durable. Pas seulement par vertu, mais aussi parce que cela s’avère payant pour ses déposants, plaide l’institution qui publie mardi son plus récent rapport sur l’investissement durable.

Depuis l’élection de Donald Trump, les échecs de la filière batterie et la flambée des cours du pétrole, l’investissement durable a presque disparu du discours politique. Dans le milieu des affaires, la réalité est tout autre, fait valoir Bertrand Millot, chef de l’investissement durable à La Caisse.

« Les grandes entreprises de classe mondiale continuent dans cette voie, parce qu’elles savent très bien que la question climatique est inéluctable et que le sujet va revenir à l’agenda », indique le dirigeant.

Selon lui, l’actualité récente au Moyen-Orient montre plus que jamais la nécessité pour les entreprises de se détacher de leur dépendance au pétrole. Il y a d’ailleurs déjà trois ans que La Caisse s’est départie de tous ses actifs dans l’or noir. Certes, elle se prive de rendement à court terme dans ce secteur, mais M. Millot rappelle que La Caisse est « un investisseur à long terme » et qu’il faut « regarder au-delà des soubresauts à court terme ».

La Caisse mise sur l’investissement durable depuis bientôt une décennie et cet engagement a porté ses fruits. « Depuis 2017, on a gagné 10 % annuellement sur nos investissements dans les énergies nouvelles, comparativement à l’indice de référence qui a fait 8 %. Ça représente une plus-value de 4 milliards de dollars », illustre M. Millot.

Doubler les investissements d’ici 2030

L’été dernier, La Caisse s’est dotée d’un nouvel objectif : investir 400 milliards de dollars en « actions climatiques » à l’horizon 2030. C’est près du double des investissements recensés dans cette catégorie l’an dernier, soit 226 milliards. À titre de comparaison, l’actif total de La Caisse était de 517 milliards.

Qu’est-ce qui est compris là-dedans ? Des « actifs sobres en carbone », des « actifs de transition », et des « actifs alignés ou en voie de l’être sur l’Accord de Paris », détaille La Caisse dans son rapport.

Sur le lot, il y a donc des entreprises qui n’ont pas un bon bilan climatique, mais qui entreprennent des démarches pour s’améliorer.

Bertrand Millot explique qu’il y a eu « un changement de philosophie » dans l’approche d’investissement. « Au lieu de se concentrer sur l’impact carbone historique des sociétés en portefeuille et de faire de la comptabilité carbone, on s’attarde maintenant au plan des sociétés pour réduire leur empreinte », souligne M. Millot.

« On ne veut pas seulement décarboner nos portefeuilles. Il faut aussi décarboner la planète », poursuit-il.

Les entreprises ont d’ailleurs tout intérêt à réduire leur empreinte carbone, selon lui. « Au Canada, par exemple, on martèle qu’on doit exporter plus vers Europe pour se défaire de notre dépendance aux États-Unis. Mais l’Europe a des taxes d’ajustement à la frontière sur le carbone », illustre-t-il.

Pour encourager les équipes d’investissement à travailler dans ce sens, La Caisse a d’ailleurs lié la rémunération de ses directeurs aux progrès qu’ils réalisent pour atteindre le plan climatique pour 2030. « C’est un incitatif fort », plaide M. Millot.

Des investissements moins verts que d’autres

Cela dit, certains investissements de La Caisse sont moins verts que d’autres. C’est le cas par exemple des investissements en intelligence artificielle, une technologie extrêmement énergivore.

« On fait attention à l’empreinte des centres de données. Il faut évidemment essayer de ne pas les alimenter au charbon, privilégier le renouvelable », soutient M. Millot.

Le nucléaire est lui aussi controversé. L’été dernier, La Caisse a fait son premier investissement direct dans une centrale nucléaire, en injectant l’équivalent de 3,2 milliards de dollars dans le projet de centrale nucléaire Sizewell C, au Royaume-Uni.

« Le nucléaire a un rôle à jouer », croit M. Millot. Mais les environnementalistes sont divisés sur cette question. Certes, le nucléaire permet de réduire les émissions de carbone, mais il produit des déchets radioactifs qui doivent être gérés sur de nombreuses années.

Aussi, même si La Caisse n’investit plus dans le pétrole, elle continue d’investir dans le gaz naturel, notamment par l’entremise d’Énergir qui distribue ce type d’énergie au Québec.

Il y a quelques semaines, la première ministre Christine Fréchette a montré de l’ouverture à l’exploitation du gaz naturel dans la province. Sur cette question, M. Millot invite à la prudence. « Quand on investit dans le gaz naturel, il y a un grand risque de verrouillage de carbone, c’est-à-dire d’investir dans des actifs qui vont produire beaucoup d’empreintes carbone pendant peut-être 30 à 40 ans. Il faut faire très attention », dit-il.

En janvier, l’organisme Shift a publié un classement des caisses de retraite canadiennes en fonction de leurs politiques climatiques. La Caisse faisait figure de proue, en tête de liste.

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