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Presque 28 ans après avoir fondé la boucherie Côte à côte, Réjean Vigneau et ses associés passent le flambeau. C’est l’ex-maire des Îles-de-la-Madeleine Jonathan Lapierre qui deviendra officiellement propriétaire de cette institution de Cap-aux-Meules le 1er mai.
C’est la fin d’une belle aventure, lance le boucher Réjean Vigneau. Il faut passer à autre chose, l’entreprise va bien, l’équipe est très bonne. On est contents de ça.
Cela faisait quelques années que M. Vigneau souhaitait transférer son entreprise. Après quelques scénarios de vente qui se sont avérés infructueux, il a reçu un appel de Jonathan Lapierre, il y a environ un an. Ce dernier lui a fait part de son intérêt à reprendre l’entreprise.
On [pense] vraiment que c’est une bonne personne pour la pérennité de l’entreprise, explique M. Vigneau. C’est un gars qui a ça à cœur, ça faisait partie de son plan d’affaires.

Réjean Vigneau était propriétaire de la boucherie Côte à côte avec sa conjointe, Réjeanne Bourgeois, et un troisième associé, Nicolas Beaupré. Il tient à remercier tous les clients qui lui ont fait confiance depuis 1998. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose
Jonathan Lapierre, déjà propriétaire de la boulangerie Madelon depuis le 1er avril 2025, explique que c’est sa passion pour l’alimentation qui l’a incité à acquérir une deuxième entreprise de transformation.
La boucherie Côte à côte, c’est un fleuron, c'est dans le paysage madelinot depuis plusieurs années. Pour moi, c’est un privilège que les anciens propriétaires me fassent confiance.
M. Lapierre ajoute du même souffle que cette confiance vient aussi avec la responsabilité de poursuivre le travail et d’assurer la pérennité du commerce. Comme avec le Madelon, il y a une pression qui vient avec ça, dit-il.

Jonathan Lapierre, déjà propriétaire de la boulangerie Madelon, mise sur la synergie entre les deux commerces d'alimentation. (Photo d'archives)
Photo : Tirée de la page Facebook de Boulangerie Madelon
Complémentarité, mais pas de fusion
Le nouveau propriétaire de la boucherie dit vouloir développer une grande complémentarité entre sa boulangerie et sa boucherie, sans toutefois dénaturer les deux entreprises bien établies au centre-ville de Cap-aux-Meules.
L’offre qui est offerte dans les deux commerces est complémentaire, mais elle est propre à l’identité des commerces, affirme Jonathan Lapierre.

Fondée en 1964, la boulangerie Madelon a été rachetée en 2025 par Jonathan Lapierre.
Photo : Tirée de la page Facebook de Boulangerie Madelon
Par exemple, il explique que les deux entreprises qui servent des repas le midi pourront continuer de proposer des menus distincts, mais que la productivité pourra être optimisée dans la préparation des plats.
Il y a des gains à aller chercher, parce qu’on est capables de produire des choses au même endroit, même si on a deux lieux de vente.
M. Lapierre souligne toutefois que l’idée de fusionner les deux entreprises ou de les regrouper sous un même toit ne fait pas partie de sa vision. C’est important d’avoir ces deux services là, dit-il.
Continuité et croissance
Jonathan Lapierre indique qu’il prend les rênes de la boucherie avec un objectif de continuité. Il souhaite d’abord se familiariser avec le fonctionnement du commerce. Je n’arrive pas avec de grands sabots en disant qu’on va tout repartir en neuf, loin de là, lance-t-il. Il y a une recette qui a déjà apporté un succès.
Le nouveau propriétaire veut tout de même miser sur une plus grande force de vente et sa capacité de livraison sept jours sur sept dans les commerces de l’archipel pour espérer la croissance de la boucherie.
Je veux améliorer la présence des produits de la boucherie dans les marchés d’alimentation des Îles, explique-t-il. J’ai la chance d’avoir une équipe de livreurs chez Madelon qui livre aux quatre coins des îles. On pourra partir avec des produits du Madelon et de la boucherie Côte à côte dans le même camion.

Jonathan Lapierre croit qu'une synergie entre la boucherie et la boulangerie est possible pour assurer la croissance des deux commerces.
Photo : Tirée de la page Facebook de Boulangerie Madelon
Jonathan Lapierre indique que la dizaine de personnes qui composent actuellement l'équipe de la boucherie vont demeurer en poste. J’en suis bien heureux. C’est une équipe dévouée et compétente et présente, dit-il. La boucherie est ouverte sept jours sur sept, c’est quand même un défi en ces temps de rareté de la main-d’œuvre.
Malgré l’acquisition d’un deuxième commerce, l'ex-maire Jonathan Lapierre ne ferme pas définitivement la porte à un retour en politique, mais pas à court terme.
J’ai toujours été un passionné de politique et je demeure un passionné de politique, lance l’homme de 46 ans. Je ne ferai pas comme d’autres qui disent qu’ils ne retourneront jamais en politique et qui y retournent finalement. Je ne sais pas ce que la vie me réserve dans 5, 10 ou 15 ans. Même si je vieillis, je suis encore relativement jeune.
Et le loup-marin?
La vente de viande de loup-marin, qui a contribué à la renommée de la boucherie Côte à côte, va se poursuivre, mais de manière différente.
Le boucher Alexis Boudreau, qui a travaillé aux côtés de Réjean Vigneau, a décidé de créer une nouvelle entreprise nommée Origine loup-marin, pour transformer la viande de phoque, de concert avec la boucherie.
La boucherie Côte à côte va donc acheter les produits d'Origine loup-marin et continuera de les mettre en marché.

La boucherie Côte à côte continuera de commercialiser des produits du phoque, mais ceux-ci seront préparés par l'entreprise Origine loup-marin, créée par le boucher Alexis Boudreau. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier
Quant à Réjean Vigneau, il prévoit prêter main-forte à Alexis Boudreau pour continuer à valoriser la viande de phoque.
On va s’amuser dans le dossier de loup-marin, dit-il. Je vais aider Origine loup-marin pour le développement, la chasse au phoque et de continuer d’être un ambassadeur de la chasse au phoque.
M. Vigneau prévoit également profiter de ses temps libres pour jouer au golf et donner suite à des projets mis sur pause depuis 25 ans, tout en restant disponible pour soutenir le nouveau propriétaire de la boucherie, au besoin.
Je ne veux pas faire la belle-mère, dit-il. J’ai dit à Jonathan qu’il pouvait me téléphoner n’importe quand, que je serai toujours là pour aider et le conseiller, mais je ne veux pas m’immiscer dans ses affaires.


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