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Pour la bouchère de Trois-Pistoles, Renée Leblanc-Paulin, la vitalité économique régionale passe par la transformation locale des produits et par la valorisation des petites productions de proximité. Son message a été entendu à travers la province, lors de son passage à l’émission Tout le monde en parle, dimanche.
Sa passion pour l’univers de la boucherie, un univers traditionnellement masculin, est transposée dans le documentaire La bouchère de Trois-Pistoles, réalisé par Karine Lamontagne. Pour Renée Leblanc-Paulin, son métier est avant tout une façon d’entrer en relation directe avec le territoire et avec les producteurs qui veulent nourrir leur communauté.

Renée LeBlanc-Paulin sur le plateau de « Tout le monde en parle »
Photo : A. Media / Karine Dufour
Le circuit de proximité a été détruit entre les années 1970 et 2000 et on est là à essayer de se démener pour le reconstruire.
Tout a commencé lorsqu’elle a emménagé avec sa famille à Sainte-Françoise, dans les Basques, à 9 ans. Elle a été initiée dès l’adolescence au débitage par l’entremise de l’élevage de cerfs de son père.
Renée Leblanc-Paulin a acheté la Boucherie Centre-Ville de Trois-Pistoles en 2015 et rapidement, elle a fait le pari d’offrir deux bœufs locaux entiers par semaine à ses clients. Ce qui, en soi, est une petite révolution dans son milieu. Il a toutefois fallu qu’elle débroussaille et trace ce chemin. La bouchère pistoloise rentabilise les carcasses de bœuf en donnant de la valeur à chacune des pièces de viande.
Au Bas-Saint-Laurent, [on a] beaucoup de productions de vaches et de veaux. Les veaux partent pour les parcs d’engraissement aux États-Unis, en Ontario ou dans le sud-ouest de la province. Il y a quelques producteurs qui ont fini par me dire oui pour faire l’engraissement ici au Bas-Saint-Laurent, explique-t-elle, en entrevue à l’émission Info-Réveil, lundi.
Ces producteurs locaux ouverts à changer leurs façons de faire amènent les veaux au stade de bouvillons (jeunes bœufs) avant qu’ils ne soient envoyés à l’abattoir de Luceville, au Bas-Saint-Laurent. La bouchère de Trois-Pistoles souhaite que les consommateurs réfléchissent à leur façon de consommer du bœuf. Elle souligne que 15 % du bœuf qui est consommé dans la province vient du Québec.
On a des rangs, on a une agriculture qui est forte et en ce moment, on ne profite pas de la transformation et on ne met pas en valeur les producteurs qui nous entourent.
Une démarche militante
Par la force des choses, la bouchère de Trois-Pistoles est devenue militante pour l’alimentation régionale. Quand on constate à quel point les circuits courts ont été démolis, quand on vit cette réalité-là d’essayer de mettre de la viande locale dans nos étals et qu’on a de la difficulté à le faire, c’est frustrant. En étant fâché, on n’a pas le choix de se révolter à un certain point et de le nommer, ajoute Renée Leblanc-Paulin.
La réalisatrice du documentaire La bouchère de Trois-Pistoles, Karine Lamontagne, a voulu suivre et démystifier le circuit de la viande de A à Z. Son film vise à répondre à une question simple en apparence : d’où vient ce qu’on mange?

Le documentaire La bouchère de Trois-Pistoles sera diffusé les 16 et 17 mars à Rivière-du-Loup et Rimouski.
Photo : Tapis Rouge Films
Il donne la parole à des femmes engagées, à des producteurs, des éleveurs, des abattoirs locaux et à la cheffe Colombe St-Pierre, en suivant leur parcours qui vise à bâtir un modèle viable, entre l’élevage, l’abattage, la transformation et la distribution de la viande locale.
Je trouve qu’au Québec, quand on mange de la viande, on est déconnectés de l’animal vivant, donc de la mort animale nécessaire pour la consommation de viande. Je trouvais qu’il y avait quelque chose d’hypocrite dans tout ça. C’était important pour moi d’aller à l’abattoir et de trouver la façon de montrer les images de l’intérieur, précise Karine Lamontagne.
Pour la réalisatrice, il s’agissait d’un maillon essentiel de la consommation de viande. J’avais envie de faire un documentaire qui pose la question ''d’où vient la viande qu’on mange? D’où vient ce qu’on met dans notre assiette le soir, qu’on sert à nos enfants?''
Le documentaire La bouchère de Trois-Pistoles sera projeté au cinéma Princesse de Rivière-du-Loup le 16 mars, et à la Coop Paradis de Rimouski le 17 mars. Le film sera ensuite diffusé sur ICI TÉLÉ et sur ICI TOU.TV, le 21 mars prochain à 22 h 30.


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