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La Belgique refuse d'assumer le risque d'être seule éventuellement contrainte, d'ici dix à quinze ans, de restituer à la Russie les fonds gelés. Cela concerne environ 210 milliards d'euros d'actifs souverains russes, dont une part importante est gelée dans l'UE sur des comptes détenus auprès du dépositaire belge Euroclear.
Publié le 19/08/2026 14:48
Temps de lecture : 2min
Le Palais royal de Belgique, à Bruxelles, le 23 juin 2026. (ERIC LALMAND / BELGA / AFP)
La Belgique se dit ouverte à l'utilisation des avoirs russes gelés au profit de l'Ukraine, mais insiste pour que les risques juridiques, financiers et systémiques soient partagés entre les pays européens. C'est ce qu'a déclaré Maxime Prévot, vice-Premier ministre belge et ministre des Affaires étrangères, lors d'une visite à Kiev, selon un correspondant du média public ukrainien Suspilne.
Selon lui, la Belgique ne peut pas, à elle seule, assumer le risque d'être éventuellement contrainte, d'ici dix à quinze ans, de restituer à la Russie les fonds gelés. Cela concerne environ 210 milliards d'euros d'actifs souverains russes, dont une part importante est gelée dans l'UE sur des comptes détenus auprès du dépositaire belge Euroclear.
Fin 2025, la Belgique s'est opposée au transfert direct de ces fonds vers l'Ukraine. Maxime Prévot a expliqué que le pays s'attendait à ce que d'autres Etats européens fassent preuve de solidarité en partageant les risques potentiels, mais qu'aucun mécanisme de ce type n'avait été mis en place.
"D'un point de vue proportionnel, c'est inacceptable pour notre budget. Mais cette solidarité ne s'est jamais concrétisée. C'est sans doute parce que de nombreuses autres capitales sont elles aussi conscientes des risques et n'étaient pas disposées à les partager", a déclaré le vice-Premier ministre belge.
Le ministre a souligné que la position de Bruxelles ne devait pas être interprétée comme une réticence à aider l'Ukraine. Selon lui, les experts ont identifié des risques juridiques, fiscaux et potentiellement systémiques pour les marchés financiers européens, dont il faut tenir compte avant de prendre une décision.
Les pays de l'UE n'étant pas parvenus à s'entendre sur le transfert à l'Ukraine des avoirs russes gelés, les dirigeants de l'UE ont approuvé, le 19 décembre 2025, une aide de 90 milliards d'euros en faveur de l'Ukraine pour les années 2026-2027. Ce prêt est garanti par la réserve budgétaire de l'UE, et non par les avoirs russes. Maxime Prévot a par ailleurs déclaré que la Belgique n'avait aucune objection de principe à ce que les avoirs gelés de la Russie soient utilisés à l'avenir au profit de l'Ukraine.
"Les risques que nous avions identifiés à l'époque n'ont pas disparu comme par miracle. Mais nous n'avons aucune objection de fond à ce que cet argent soit utilisé au profit de l'Ukraine", a souligné Maxime Prévot. Il a également indiqué que cette question pourrait redevenir d'actualité au vu des besoins de l'Ukraine après 2027, si la guerre devait se prolonger.
Le Premier ministre belge, Bart De Wever, a lui aussi déclaré que l'utilisation de ces avoirs comportait des risques juridiques, financiers et économiques. Selon lui, Bruxelles n'a aucune objection à ce que les fonds russes soient finalement affectés à la reconstruction de l'Ukraine, mais a jugé risqué de les utiliser pendant la guerre sans garanties communes.
Les Etats membres de l'UE n'étant pas parvenus à s'entendre sur un prêt destiné au versement de réparations et financé par des avoirs russes, les dirigeants de l'UE ont décidé, le 19 décembre 2025, d'accorder à l'Ukraine 90 milliards d'euros pour les années 2026-2027. Ce prêt était garanti par la réserve budgétaire de l'UE, et non par des avoirs russes gelés.
Un article écrit par Karina Levytska (Suspilne), initialement publié le mardi 18 août 2026 à 16h50. Traduit et édité pour franceinfo par Alice Kouri.
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