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La proposition récente du président du MR de rapprocher la Wallonie et Bruxelles au sein d'une sorte de super "fédération francophone" se heurte à des obstacles juridiques, fiscaux et politiques considérables. Mais elle a le mérite de rappeler une évidence : notre architecture institutionnelle est devenue illisible.
Depuis la sixième réforme de l'État, la Belgique a ajouté des couches sans jamais en retirer une seule. Chaque réforme a surtout produit davantage de fragmentation. Une seule politique publique dépend souvent de plusieurs ministres, plusieurs administrations, plusieurs majorités. Le citoyen ne sait plus qui décide. Et, souvent, les responsables politiques non plus…
Le projet de Georges-Louis Bouchez cherche à contourner cette impasse sans rouvrir le chantier explosif d'une réforme de l'État. L'idée d'utiliser un simple accord de coopération entre Bruxelles et la Wallonie est habile. Mais elle ne résout pas plusieurs contradictions majeures. Bruxelles n'est pas une région francophone ; elle est bilingue et ses équilibres institutionnels reposent sur des garanties accordées à la minorité néerlandophone. Une intégration poussée avec la Wallonie serait en outre mal perçue côté flamand. Sans parler des divergences économiques, budgétaires ou fiscales entre les deux Régions. Illusoire, donc.
Faut-il pour autant renoncer à toute ambition ? Non, car la rationalisation institutionnelle ne passe pas nécessairement par une nouvelle réforme de l'État. Il existe des marges d'action dans les outils actuels. L'une d'elles est en train d'évoluer, presque discrètement : le Comité de concertation. Jeté aux oubliettes depuis le début de la législature, le Codeco deviendrait un lieu d'arbitrage entre le fédéral et les entités fédérées, si l'on en croit le projet de réforme portée actuellement par Bart De Wever, évoqué par nos confrères du Soir. Le poids des Régions et des Communautés dans cet organe en serait renforcé, et ce dernier jouerait un rôle accru dans le règlement des conflits d'intérêts. Au-delà des arrière-pensées "transparentes" de la N-VA, l'idée mérite d'être prise au sérieux : mieux vaut une instance où les désaccords se règlent efficacement qu'une multiplication de conflits de compétences.
La vraie simplification ne viendra peut-être pas d'une septième réforme de l'État. Elle viendra le jour où la Belgique appliquera enfin un principe élémentaire de bonne gouvernance : une politique, un responsable. Tant que plusieurs ministres continueront à piloter une même compétence, la lasagne institutionnelle restera aussi épaisse qu'indigeste. Et le contribuable continuera d'en payer le prix.
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