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La carte bancaire arrive derrière, à 88 %. Le billet, présenté comme une vieille chose encombrante appelée à disparaître, reste donc le moyen de paiement bénéficiant de la plus large acceptation. Il progresse même par rapport à 2024, lorsque son taux était tombé à 90 %.
L’étude a été réalisée auprès de 8 205 entreprises dans les 21 pays de la zone euro, entre février et avril 2026. Elle concerne notamment les commerces, les restaurants, les cafés, les hôtels ainsi que les secteurs de la culture et des loisirs.
La BCE admet les qualités que le numérique ne possède pas
Le passage le plus savoureux vient de la BCE elle-même. L’institution reconnaît que les commerçants voient dans les espèces des avantages importants par rapport aux paiements numériques, notamment « la confidentialité et la fiabilité ».
Autrement dit, un billet fonctionne sans batterie, sans connexion, sans téléphone compatible et sans laisser derrière lui l’historique complet de son propriétaire. Une découverte probablement douloureuse pour les promoteurs de la disparition programmée du cash.
Les entreprises citent aussi les préférences des clients, la sécurité et la facilité d’utilisation parmi les principaux critères guidant leur choix. Le liquide n’est donc pas maintenu par nostalgie du porte-monnaie en cuir : il répond encore à des besoins très concrets.
Le paiement mobile grimpe, mais ne remplace pas les espèces
Le paiement mobile avance rapidement. Son taux d’acceptation est passé de 36 % en 2024 à 68 % en 2026. Cette progression ne s’est pourtant pas faite au détriment du cash, qui gagne deux points sur la même période. Les consommateurs adoptent de nouveaux outils sans forcément vouloir abandonner les anciens.
Un quart des entreprises interrogées déclarent néanmoins avoir pris des mesures pour favoriser les paiements numériques. Certaines investissent dans des caisses adaptées au règlement sans espèces ; d’autres réduisent directement le nombre de caisses acceptant le liquide. Par ailleurs, 13 % des entreprises disposent désormais de caisses automatiques.
Voilà comment une « préférence » numérique peut être fabriquée : on réduit les possibilités de payer en espèces, puis on constate que les clients utilisent davantage leur carte ou leur téléphone.
Bruxelles veut la mort du cash, les Européens s’obstinent
Ces chiffres arrivent alors que l’Union européenne poursuit la construction de son euro numérique et resserre progressivement les règles autour de l’argent liquide. À partir de juillet 2027, les paiements en espèces auprès des professionnels seront plafonnés à 10 000 euros dans l’UE, les États restant libres de conserver des limites encore plus sévères.
En France, le plafond de 1 000 euros montre déjà la direction choisie. Le cash reste légal, mais son usage est entouré de barrières toujours plus nombreuses. Bruxelles assure que l’euro numérique ne remplacera pas les billets. En parallèle, elle limite leur utilisation et finance leur concurrent public. Même un prestidigitateur trouverait la ficelle un peu grosse.
Pour l’instant, les faits sont têtus : le cash reste accepté par 92 % des commerces physiques. L’euro numérique peut patienter dans les bureaux de Francfort. Les billets, eux, circulent encore.


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