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La base des Forces canadiennes Greenwood envisage le déplacement d’un cimetière ancien

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La base des Forces canadiennes Greenwood, en Nouvelle-Écosse, n’exclut pas de déplacer un cimetière ancien pour faire place à un futur hangar d’avions.

À la fin mars, le gouvernement Carney a annoncé un investissement de 648 millions de dollars pour construire deux nouvelles installations de soutien de l’aviation à la 14e Escadre Greenwood.

Des hangars modernes et d’autres infrastructures viendront en appui à la flotte CP-8A Poseidon de l’Aviation royale canadienne et aux aéronefs CQ-9B Guardian, a expliqué le bureau du premier ministre.

Le colonel Luc Vachon, commandant de la 14e Escadre Greenwood, confirme que le cimetière est l’un des espaces envisagés pour faire place à la construction de ces installations sur la base.

Il n’y a aucun plan, actuellement, pour déplacer le cimetière. Nous faisons une étude de faisabilité d’un éventuel déplacement du cimetière, si c’était nécessaire, a-t-il précisé en entrevue.

Un militaire en uniforme, portant un képi bleu et des lunettes, est debout en plein air. On distingue les tombes d'un cimetière, floues à plusieurs mètres derrière lui.

Le colonel Luc Vachon, commandant de la 14e Escadre Greenwood, confirme qu'il y a une étude de faisabilité en cours, mais assure qu'aucune décision n'a été prise.

Photo : CBC / Jeorge Sadi

Le cimetière Union Church est situé entre deux hangars sur la base militaire. On y retrouve environ 400 sépultures, dont quelques-unes de personnes ayant vécu au 18e siècle.

La première défunte à y être inhumée aurait été portée en terre à cet endroit en 1834.

Personne n’y a été enterré depuis 2012.

Une tombe blanche du milieu du 19e siècle, dont certaines inscriptions sont difficiles à lire. Une tombe noire, érigée une centaine d'années plus tard, est derrière.

À l'avant, la tombe de Joseph Spinney, né en 1763 et mort en 1844. À l'arrière, la sépulture d'Alden Morse (1870-1950) et de Minnie Morse (1874-1950).

Photo : CBC / Jeorge Sadi

L’histoire que renferme ce cimetière est simplement phénoménale, déclare Daniel Spinney, dont les ancêtres, il y a sept générations, ont été les premiers inhumés dans ce lieu.

Je détesterais le voir déménager, dit-il.

Un homme à la courte barbe rousse et blanche porte des lunettes et regarde droit vers la caméra d'un air sérieux.

De nombreux ancêtres de Daniel Spinney reposent au cimetière Union Church, certains depuis la première moitié du 19e siècle.

Photo : CBC / Jeorge Sadi

Zeta White, photographe intéressée par le patrimoine local, redoute que la relocalisation du cimetière crée des brèches dans les registres et les archives, ce qui compliquerait la tâche des historiens et des généalogistes.

C’est plus que le terrain. Ce sont les gens, leurs histoires, notre histoire. Les endroits comme celui-ci méritent d’être traités avec soin, plaide-t-elle.

Une femme debout à l'intérieur regarde vers la droite.

Zeta White, photographe, réside dans la vallée d'Annapolis, en Nouvelle-Écosse.

Photo : CBC / Jeorge Sadi

Dans le cadre de l’étude de faisabilité, il est prévu de sonder la communauté, les groupes locaux et les musées pour mieux comprendre la signification historique et culturelle de ce cimetière.

Nous voulons être transparents et respectueux. Nous voulons que les familles et leurs êtres chers fassent partie de la conversation, affirme le colonel Vachon.

Il déclare que les autorités militaires doivent comprendre réellement quels seraient les impacts d’un déménagement du cimetière sur les proches et les descendants des défunts, et en tenir compte entièrement.

Une militaire en uniforme a la main gauche sur la hanche et le bras droit levé avec le pouce en l'air pendant qu'un petit véhicule remorqueur tire un rutilant avion jaune hors du hangar et vers une piste partiellement enneigée.

Un remorqueur amène un CC-295 Kingfisher sur la piste au 413e Escadron de transport et de sauvetage, à Greenwood, en Nouvelle-Écosse, le 21 janvier 2026.

Photo : Radio-Canada / Kheira Morellon

Le commandant indique que la modernisation de la base entraînera sûrement des exigences de sécurité supplémentaires, ce qui pourrait être un obstacle aux personnes qui désirent rendre visite à leurs proches au cimetière.

Déjà, il faut planifier sa visite du lieu, et être escorté par un membre du personnel.

Patty Naugler, native de la région, souligne que la communauté a déjà traversé beaucoup de bouleversements lorsque la base aérienne a été établie pendant la Seconde Guerre mondiale.

Elle pense que ses ancêtres méritent qu’on les laisse tranquilles. À mon avis, c’est tout ce qu’il leur reste, dit-elle.

Le colonel Luc Vachon encourage les membres de la communauté ainsi que les groupes et organismes à communiquer avec le bureau des affaires publiques de la 14e Escadre, pour partager leurs points de vue.

D’après le reportage d’Andie Mollins (CBC)

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