NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Les avertissements quant au déclin du français au Québec se suivent et se ressemblent, de recul en recul, sans réplique politique suffisante pour inverser la tendance. En promettant un plan des plus « ambitieux », le chef libéral Charles Milliard avait fait monter les enchères. Son approche « positive » plutôt que coercitive relève toutefois d’un idéalisme, comme si la simple bonne volonté d’une nation, si distincte soit-elle, pouvait soudainement lui éviter d’être engloutie, tout comme sa langue française, par un continent anglophone. L’utopie n’est pas une stratégie.
Les constats du commissaire à la langue française, Benoît Dubreuil, sont pourtant limpides. « Depuis près de 50 ans, la Charte de la langue française a entraîné des progrès marquants », a-t-il encore reconnu dans son dernier rapport annuel, au début du mois. « Cependant, elle ne suffira pas, à elle seule, à freiner le recul de l’usage du français », a-t-il prévenu une fois de plus.
Et ce, en dépit de gestes forts (bien qu’imparfaits, par moments) posés par la Coalition avenir Québec (CAQ), dont le gouvernement tarde depuis deux ans, à l’inverse, à mettre en œuvre non moins de la moitié des recommandations du commissaire Dubreuil…
Alors que l’heure est à redoubler d’efforts — pendant que l’Office québécois de la langue française rapporte quant à lui un léger recul persistant de l’usage du français, tant dans l’espace public (78,7 % en 2022, contre 79,1 % 15 ans plus tôt) qu’au travail (79,9 % en 2021, contre 81,8 % en 2001) —, c’est tout le contraire qui fut proposé cette semaine. Et non seulement de la part du Parti libéral du Québec.
Comme si l’histoire n’avait pas démontré, des décennies durant, que même l’imposition d’une politique linguistique contraignante peinait à freiner le déclin du français au Québec. Que dire de ne s’en tenir qu’à des mesures incitatives.
Le PLQ de Charles Milliard propose certes de consacrer 138 millions de dollars à l’offre toujours insuffisante de francisation pour les nouveaux arrivants. Il élèverait en outre la lecture en français au rang de priorité nationale et érigerait sa vitalité en pilier de la pédagogie (en y consacrant 110 millions). La culture et l’éducation façonnent indéniablement l’identité d’une nation, mais l’offre d’un livre jeunesse à chaque élève du Québec, pour meubler son été, paraît bien insuffisante pour répondre à l’appel du commissaire Dubreuil à une « démarche structurée » valorisant la langue française dans ces deux champs.
Exiger, comme le prévoit la loi 96 de la CAQ, que les immigrants ne communiquent qu’en français avec l’État après seulement six mois était irréaliste et excessif. Exempter les entreprises de la « bureaucratie » de l’obligation de justifier l’affichage d’un poste bilingue et plafonner la proportion actuelle d’inscriptions au cégep francophone et anglophone (sans empêcher la hausse en chiffres absolus) ne fera cependant rien pour resserrer la francisation des lieux de travail ni pour « accroître structurellement le poids » des établissements francophones d’études supérieures. Deux autres vœux visiblement pieux du commissaire Dubreuil.
Le PLQ avait certes laissé miroiter le plein « libre choix » d’étudier en anglais après le secondaire. Mais faudrait-il réellement se réjouir de ce qui demeure un recul, du simple fait qu’il soit moins prononcé que ce qui avait été laissé présager ?
Pour un chef qui tarde à se faire connaître et qui manque pour l’instant d’idées pour séduire l’électorat francophone, ce tout premier grand plan Milliard risque peu de faire bouger l’aiguille.
La CAQ de Christine Fréchette n’est toutefois pas en reste, ayant discrètement allégé cette semaine l’obligation pour les universités anglophones de franciser une vaste majorité de leurs étudiants canadiens et internationaux (un objectif abaissé de 80 % de ces cohortes à 60 %). Un recul étonnant, d’autant que le commissaire à la langue française exhortait de surcroît les partis politiques à « augmenter de façon importante l’usage du français parmi les diplômés » des études supérieures.
Les faits sont têtus : les étudiants terminant leur scolarité postsecondaire en français ont trois fois plus de chances de travailler ensuite dans cette langue (88 %) que ceux qui migrent vers un cégep ou une université anglophones (32 %), a relevé une autre étude du commissaire Dubreuil. Les reculs politiques — qu’ils soient systématiques, au PLQ, ou plus inusités, à la CAQ — sont visiblement tout aussi obstinés.
De par leur rôle, les chiens de garde de l’action gouvernementale sont inéluctablement condamnés à se battre à contre-courant et à réitérer sans relâche des recommandations qui seront tour à tour ignorées à répétition. Le commissaire à la langue française ne fait malheureusement pas exception. En constatant que ses voies d’avenir pour la survie du français, tout juste proposées au bénéfice de la prochaine législature, en cette veille de campagne électorale, sont ainsi aussitôt reniées, Benoît Dubreuil doit se sentir singulièrement découragé.


1 week_ago
39



























.jpg)






French (CA)